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Normandie 1944

La bataille de Normandie est affrontement qui opposent les Alliés occidentaux menés principalement par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne aux Allemands durant l’été 1944. Au-dessus et autour du champs de bataille, la dimension aérienne et maritime est omniprésente.

Dès 1943, les Alliés occidentaux reprennent pied sur le continent européen en Italie, mais ce n’est alors considéré que comme un théâtre d’opération secondaire. Ils préparent en effet l’opération Overlord qui doit permettre de traverser la Manche directement à partir de la Grande-Bretagne pour aller ensuite jusqu’en Allemagne afin d’obtenir la capitulation sans condition du III. Reich. Après des mois de préparation, ils débarquent en Baie de Seine le 6 juin 1944 (Jour-J) sur cinq plages désignées (d’Est en Ouest) Sword Beach, Juno Beach, Gold Beach, Omaha Beach et Utah Beach. La zone d’assaut est couverte à l’Est de l’Orne par une opération aéroportée britannique et dans le Cotentin par une opération aéroportée américaine. A l’ouest d’Omaha Beach, les Américains prennent également d’assaut la Pointe du Hoc. L’Atlantikwall (Mur de l’Atlantique) n’a pas tenu et a été rapidement percé.

Les Allemands craignent que ce Débarquement ne soit qu’une opération de diversion pour masquer l’assaut véritable qu’ils attendent sur le Pas-de-Calais, trompés notamment par les opérations de déception alliée (opération Fortitude). Si des renforts sont immédiatement envoyés, plusieurs unités restent en réserve et il faut attendre plusieurs semaines pour qu’elles soient enfin acheminées vers le front normand.

Même si la progression peut parfois paraître laborieuse, les Allemands ne sont jamais en capacité de repousser les Alliés à la mer. La situation en URSS où les Soviétiques lancent l’opération Bagration ne permet pas de basculer des troupes d’un front à l’autre.

Les Alliés ne se retrouvent pas non plus coincé dans la tête de pont comme de fut le cas à Anzio. La situation se débloque avec le succès de l’opération Cobra qui permet de percer les lignes allemandes et aux unités américaines de se répandre en Bretagne et plus globalement jusqu’à la Loire puis la Seine. L’échec de l’opération Lüttich, la contre-attaque allemande sur Mortain afin de couper le goulot par lequel s’écoulent les forces américaines signifie que la bataille de Normandie ne peut plus être perdue d’autant que le débarquement en Provence rend désormais la présence allemande sur le territoire français impossible, même si quelques poches subsistent afin de priver les Alliés de l’utilisation d’un certain nombre de ports. Le succès total est raté de peu car une partie importante des forces allemandes réussit à s’échapper de la poche de Falaise / Trun / Chambois et à passer la Seine pour se replier vers les frontières du Reich. La bataille de Normandie a un goût d’inachevé car ces unités permettent ensuite aux Allemands de contre-carrer l’opération Market-Garden et l’avance américaine en Lorraine quelques semaines plus tard. Le III. Reich ne peut être définitivement défait avant la fin 1944 comme espéré un temps, ce qui aura pour conséquence plusieurs centaines de milliers victimes supplémentaires de la cruauté nazie [cf. Historical Perspectives of the Operational Art (Center of Military History, United States Army, 2005), p. 393] et la main-mise totale de l’URSS sur l’Europe de l’Est.

La libération du Havre marque l’ultime combat de la bataille de Normandie.

Les opérations militaires en Normandie se scindent en plusieurs phases :

1/ Le Débarquement proprement dit (6 juin 1944)

2/ La consolidation de la tête de pont qui s’achève avec la prise de Carentan et l’échec de toutes les contre-offensives allemandes pour reprendre le terrain perdu dans la semaine qui suit le Débarquement

3/ La prise de Cherbourg et la guerre d’usure

4/ L’opération Cobra et l’effondrement de l’ensemble du front allemand

5/ La retraite qui combinée avec les erreurs alliées permet aux Allemands d’éviter un anéantissement total

Chronologie détaillée :

6 juin 1944 : Débarquement en Normandie, si les Alliés ont pris pied sur l’ensemble des zones d’assaut, les Britanniques échouent à prendre Caen. Les Allemands contre-attaquent la tête de pont aéroportée britannique et essayent d’atteindre la côte avec la 21. Panzer-Division, mais sans réel succès. La 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend et la 130. Panzer-Lehr-Division sont envoyées en renfort, mais le trajet s’effectue sous la menace continue de l’aviation alliée.

7 juin 1944 : Près de Caen, la 3rd Canadian Infantry Division s’empare de Rots. Au centre, la 50th (Northumbrian) Infantry Division s’empare de Bayeux.

8 juin 1944 : Les Britanniques repoussent la contre-attaque de la 346. Infanterie-Division sur Amfreville. La 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend dont les éléments arrivent progressivement sur le front reprend Rots à la 3rd Canadian Infantry Division. La tête de pont britannique est reliée à la tête de pont américaine d’Omaha Beach grâce à la prise de Port-en-Bessin par le No. 47 (Royal Marine) Commando.

9 juin 1944 : Au Sud de Bayeux, la 50th (Northumbrian) Infantry-Division prend la côte 103 sur les hauteurs de Tilly-sur-Seulles tandis que la contre-attaque de la 130. Panzer-Lehr-Division sur Ellon est stoppée par les Britanniques appuyés par les canons de la flotte alliée et soutenus par l’aviation ainsi que par la menace que fait poser l’attaque de la 8th Armoured Brigade vers Saint-Pierre.

10 juin 1944 : Au centre, les Britanniques lancent l’opération Perch pour percer autour de Tilly-sur-Seulles. Les forces américaines venant d’Utah Beach et d’Omaha Beach font leur jonction près des Brévands entre la 101st US Airborne Division et la 29th US Infantry Division. Les Alliés bombardent le quartier-général de la Panzergruppe West à La Caine tuant et blessant de nombreux officiers qui préparaient une contre-attaque majeure pour repousser les Alliés à la mer.

11 juin 1944 : Près de Caen, le No. 46 (Royal Marine) Commando se dirige sur Rots et affronte violemment la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend. Au centre, l’opération Perch butte sur les défenses allemandes établies par la 130. Panzer-Lehr-Division à Tilly-sur-Seulles. La 7th Armoured Division est incapable de s’en emparer par un assaut frontal. En Galicie, après son action victorieuse à Tarnopol, le II. SS-Panzer-Korps reçoit l’ordre d’être transféré en Normandie avec la 9. SS-Panzer-Division Hohenstaufen et la 10. SS-Panzer-Division Frundsberg.

12 juin 1944 : Winston CHURCHILL visite la tête de pont. Charles DE GAULLE défile à Bayeux et y installe la capitale administrative de la France libérée. A l’Ouest de Caen, les hommes de la 3rd Canadian Infantry Division renforcent le No. 46 (Royal Marine) Commando et reprennent Rots au petit matin après de violents combats avec la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend. Autour de Tilly-sur-Seulles, la 50th (Northumbrian) Infantry Division relève la 7th Armoured Division qui s’apprête à contourner Tilly-sur-Seulles par l’Ouest pour envelopper la 130. Panzer-Lehr-Division. Les Américains s’emparent de Carentan évacué dans la nuit par les parachutistes allemands du Fallschirmjäger-Regiment 6 avant que n’arrive le renfort de la 17. SS-Panzergrenadier-Division Götz von Berlichingen. Un peu plus au sud, des parachutistes américains et des civils français sont massacrés à Graignes. Dans le Cotentin, la batterie de Saint-Marcouf tombe finalement dans les mains de la 9th US Infantry Division. Dans la nuit, la 90th US Infantry Division parvient à entrer dans Pont-l’Abbé, mais ses pertes et la difficulté de sa progression coûtent son poste à son commandant Jay Ward Mc KELVIE.

13 juin 1944 : Dans la tête de pont sur l’Orne, Bréville d’où s’élançaient les contre-attaques allemandes, tombe aux mains des Britanniques permettant ainsi stabiliser pendant un mois le flanc Est du dispositif allié. Fritz WITT, commandant la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend est tué à son poste de commandement par un bombardement allié à Venoix. Entre Norrey-en-Bessin et Tilly-sur-Seulles, Cristot tombe dans les mains de la 49th (West Riding) Infantry Division. Alors qu’elle progresse rapidement et commence à contourner la 130. Panzer-Lehr-Division qui tient fermement Tilly-sur-Seulles et ses environs, la 7th Armoured Division est brutalement stoppée par la schwere SS-Panzer-Abteilung 101 à Villers-Bocage. Alors que ses équipages font une halte en plein territoire ennemi sans prendre de mesure de précaution particulière, l’as allemand des blindés Michael WITTMANN entame une charge particulièrement osée qui anéantit toute une colonne britannique. Les Britanniques sont contraints de se replier sur Livry, huit kilomètres en arrière. Les Allemands ne réussissent cependant pas à reprendre Livry et Tracy-Bocage. La 1st US Infantry Division s’empare de Caumont l’Eventé. L’arrivée de la 2. Panzer-Division et de la 3. Fallschirmjäger-Division permet aux Allemands de colmater la brèche qui s’était créée au Sud de Bayeux et en arrière du secteur d’Omaha Beach. L’accès de Saint-Lô est verrouillé et toute tentative de contournement de Caen par l’Ouest est impossible. La 17. SS-Panzergrenadier-Division Götz von Berlichingen tente de reprendre Carentan mais est stoppée par la 101st US Airborne Division qui bénéficie également du soutien des chars de la 2nd US Armored Division qui vient de débarquer sur Omaha Beach.

14 juin 1944 : Dans la zone de Tilly-sur-Seulles s’empare de Lingèvres et repousse une contre-attaque de la 130. Panzer-Lehr-Division durant laquelle un Sherman Firefly met hors de combat cinq Panzer V Panther. Dans le Cotentin, les Allemands ne parviennent pas à mettre en oeuvre la contre-attaque prévue pour récupérer le terrain perdu la veille sur la côte.

16 juin 1944 : La 50th (Northumbrian) Infantry Division pousse en direction de Hottot à partir de Lingèvres et finit par atteindre le bourg sans pouvoir s’en emparer définitivement, mais elle entre enfin dans Tilly-sur-Seulles. Dans le Cotentin, la 82nd US Airborne Division s’empare de Saint-Sauveur-le-Vicomte au centre de la presqu’île.

17 juin 1944 : Les Britanniques nettoient Tilly-sur-Seulles. Dans le Cotentin, les Américains progressent vers la côte Ouest. Heinz HELLMICH qui commande la 243. Infanterie-Division est tué. Conférence à Margival entre Adolf HITLER, Alfred JODL, Gerd von RUNDSTEDT et Erwin ROMMEL.

18 juin 1944 : Les Britanniques s’emparent de Tilly-sur-Seulles. Les Américains coupent la presqu’île du Cotentin en deux en s’emparant de Barneville. La 77. Infanterie-Division qui arrive en renfort en provenance de la Bretagne est coupée en deux et son chef, Rudolf STEGMANN est tué.

19 juin 1944 : Début de la grande tempête sur la Manche qui dure jusqu’au 22 juin. Dans le Cotentin, les unités allemandes isolées dans la presqu’île depuis la chute de Barneville débutent leur repli sur la forteresse de Cherbourg.

20 juin 1944 : En progressant vers Cherbourg, la 4th US Infantry Division entre dans Valognes totalement dévastée et libre d’Allemands qui ont décroché. La 9th US Infantry Division isole Cherbourg de la Hague.

21 juin 1944 : Devant Cherbourg assiégé, James Lawton COLLINS, commandant le VII US Corps lance à un ultimatum à Karl-Wilhelm von SCHLIEBEN, commandant la 709. Infanterie-Division et promu responsable de la forteresse de Cherbourg, afin que ses troupes et lui se rendent le lendemain matin.

22 juin 1944 : A Cherbourg, les Allemands ne répondent pas à l’ultimatum américain. L’attaque de la ceinture extérieure de la ville commence. Fin de la tempête sur la Manche.

25 juin 1944 : Dans le secteur de Tilly-sur-Seulles, les Britanniques déclenchent l’opération Martlet en préambule de l’opération Epsom, Rauray et Hottot demeurent dans les mains allemandes, seul le village de Fontenay-le-Pesnel est pris. A Cherbourg, la flotte alliée vient bombarder les batteries allemandes qui protègent le port. l’USS Texas et l’USS O’Brian sont touchés. Le Fort du Roule est pris par les Américains.

26 juin 1944 : L’opération Epsom, première tentative britannique majeure pour contourner la défense allemande devant Caen, est déclenchée avec en tête la 15th (Scottish) Infantry Division : Cheux et Saint-Manvieu sont pris. A Cherbourg, Karl-Wilhelm von SCHLIEBEN se rend à son PC.

27 juin 1944 : Dans le cadre de l’opération Epsom, un pont intact est pris sur l’Odon à Tourmeauville par la 15th (Scottish) Infantry Division qui réalise ainsi une belle percée. Celui-ci est immédiatement emprunter par la 11th Armoured Division qui atteint la côte 112 forçant les Allemands à engager le II. SS-Panzer-Korps pour les arrêter et à abandonner leur projet de contre-attaque massive et coordonnée pour repousser les Alliés sur la côte puis à la mer. Baron-sur-Odon est pris par les Britanniques. Menacé par la réaction allemande, Cheux reste aux mains des Britanniques et plus particulièrement de la 43rd (Wessex) Infantry Division qui s’y est installée. A Cherbourg, les derniers points de résistance allemands tombent aux mains des Américains et la ville est définitivement libérée marquant ainsi le premier succès majeur américain en Normandie.

28 juin 1944 : Dans le Cotentin, totalement isolé, le fort Osteck se rend aux Américains.

29 juin 1944 : A la pointe de la Hague dans le Cotentin, les Américains restent bloqués face aux défenseurs allemands malgré un important soutien aérien.

30 juin 1944 : Sur l’Odon, les concentrations de troupes allemandes sont durement prises à partie par l’artillerie alliée qui est renforcée par l’appui naval. Ainsi le HMS Rodney tire sur l’état-major du I. SS-Panzer-Korps à Feuguerolles qui ne peut plus temporairement coordonner ses unités. Dans le même temps, Villers-Bocage est écrasé par les bombardiers britanniques afin de couper l’artère principale de ravitaillement du II. SS-Panzer-Korps. Les derniers défenseurs allemands dans le Cotentin finissent pas lâcher prise dans la pointe de La Hague. Le point d’appui allemand Westeck tombe, Beaumont-Hague et Jobourg sont libérés.

1er juillet 1944 : A Baron-sur-Odon, la 10. SS-Panzer-Divsion Frundsberg réussit à reprendre Baron mais en est délogée immédiatement. Fin des derniers combats à la Pointe de la Hague.

3 juillet 1944 : A la base de la presqu’île du Cotentin, les Américains lancent leur offensive sur La Haye-du-Puits en plein bocage normand avec le VIII US Corps.

4 juillet 1944 : Opération Windsor, les Canadiens s’emparent du village de Carpiquet et des abords de son aérodrome encore aux mains de la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend. Au Sud de Carentan, le VII US Corps commence son offensive sur Périers face à la 17. SS-Panzer-Grenadier-Division Götz von Berlichingen et aux restes du Fallschirmjäger-Regiment 6. La 83rd US Infantry Division subit de lourdes pertes et progresse à peine.

5 juillet 1944 : La 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler échoue à reprendre Carpiquet.

6 juillet 1944 : La 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler est encore tenue en échec devant Carpiquet qui ne sera pas repris.

7 juillet 1944 : A Caen, en prévision de l’opération Charnwood, la ville et ses environs sont très violemment bombardés.

8 juillet 1944 : Début de l’opération Charnwood pour libérer Caen. Le bombardement de la veille au soir n’a pas les effets escomptés et les défenses allemandes sont encore vigoureuses. La 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend tient une bonne partie de la journée les hameaux de Galmanche et de Bijude. La 3rd Canadian Infantry Division s’empare de Buron, Gruchy et d’Authie. L’abbaye d’Ardenne est conquise, provoquant le repli de la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend derrière l’Orne laissant les quartiers Nord de Caen sans défense. Dans le cadre de la poussée américaine sur Saint-Lô, la 30th US Infantry-Division établit une tête de pont par-delà la Vire à Saint-Jean-de-Daye. La 79th US Infantry Division parvient à nettoyer La Haye-du-Puits.

9 juillet 1944 : La rive Nord de Caen est libérée dans le cadre de l’opération Charnwood mais la rive Sud est encore aux mains des Allemands. Dans le secteur de Saint-Lô, la 3rd US Armored Division travers dans la confusion les lignes de la 30th US Infantry Division et se trouve confrontée à la contre-attaque de la 2. SS-Panzer-Division Das Reich sur le Dézert. Les Allemands sont stoppés notamment par l’artillerie. BOHN, commandant le CCB de la 3rd US Armored Division est immédiatement relevé de son commandement. La 83rd US Infantry Division s’empare de Sainteny.

10 juillet 1944 : Les Britanniques lancent l’opération Jupiter pour emporter la Côte 112. Ils sont bloqués devant Maltot avec de lourdes pertes qui doit être de nouveau abandonnée le lendemain devant les contre-attaques allemande.

11 juillet 1944 : Echec de la contre-attaque de la 130. Panzer-Lehr-Division sur le Désert qui cherche à repousser les Américains qui progressent lentement mais surement vers Saint-Lô à travers le bocage normand.

14 juillet 1944 : Bernard MONTGOMERY se rend à Bréville avec Richard GALE de la 6th Aiborne Division pour observer le terrain sur lequel se déroulera quatre jours plus tard l’opération Goodwood à partir de la tête de pont aéroportée britannique. Poursuivant haie après haie son avance en direction de Saint-Lô, la 30th US Infantry Division s’empare de Pont-Hébert.

15 juillet 1944 : Sur l’Odon, la 15th (Scottish) Infantry Division s’empare de nuit de d’Esquay et de Bougy dans le cadre des opérations préliminaires à l’opération Goodwood. Opération Greenline dans la secteur de la Côte 112. Dans le secteur de Saint-Lô, la 35th US Infantry Division s’empare de la côte 122 tandis que la 29th US Infantry Division place un bataillon à La Madeleine, mais celui-ci se retrouve encerclé par les Allemands.

16 juillet 1944 : Dans le secteur de l’Odon, la 53rd (Welsh) Infantry Division échoue à prendre à Evrecy dans un assaut nocturne. Face à Saint-Lô, la 29th US Infantry Division est dans l’incapacité de rompre l’encerclement de son bataillon encerclé à La Madeleine.

17 juillet 1944 : Erwin ROMMEL est grièvement blessé par un chasseur-bombardier qui attaque sa voiture près de Livarot. Sur l’Odon, la 53rd (Welsh) Infantry Division reste bloquée devant Evrecy. A Saint-Lô, la 35th US Infantry Division poursuit sa progression à l’Ouest de la ville et s’empare de Rampan et de Saint-Georges-de-Montcoq. Le front allemand commence à s’effondrer faute de renforts pour combler les pertes.

18 juillet 1944 : Pour déborder Caen par l’Est et fixer le maximum de forces allemandes dans le secteur alors que les Américains préparent l’opération Cobra qui doit briser le front germanique après la prise de Saint-Lô, Bernard MONTGOMERY lance l’opération Goodwood après un bombardement aérien massif sur Colombelles et Mondeville provoquant de lourdes pertes chez la 16. Luftwaffen-Feld-Division et la schwere Panzer-Abteilung 503. Les Britanniques peinent à s’emparer de Cagny défendue par une batterie du III. Falk-Korps. Ils sont arrêtés devant Bourguébus et Frénouville. Si les pertes humaines sont très largement à l’avantage des Alliés, les Allemands ont réussi à bloquer les chars britanniques le premier jour de l’offensive mais au prix de très lourdes pertes. Les Canadiens lancent également l’opération Atlantic et établissent une nouvelle tête de pont sur l’Orne mais au sud de Caen cette fois-ci obligeant les Allemands à se retirer enfin la ville. Colombelles tombe. Les Américains de la 29th US Infantry Division entrent enfin dans Saint-Lô totalement dévastée.

19 juillet 1944 : A l’Est de Caen, les Britanniques relancent l’opération Goodwood en milieu d’après-midi. Hubert-Folie est capturé en fin de journée.

20 juillet 1944 : Tentative ratée d’un attentat contre Adolf HITLER. Les conséquences de la répression qui s’abat sur tous ceux qui ont participé ou côtoyé les conspirateurs seront terribles et plusieurs commandants allemands en Normandie en feront les frais ultérieurement. A l’Est de Caen, les Britanniques s’emparent de Bourguébus, mais l’opération Goodwood ne va pas plus loin. C’est un échec qui ne permet pas aux Britanniques déboucher vers Falaise mais qui consomme un peu plus la masse de manœuvre blindée allemande et la fixe loin de la prochaine offensive américaine. Bernard MONTGOMERY est cependant sur la sellette.

23 juillet 1944 : La 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler ne parvient pas à reprendre Hubert-Folie. Profitant de la diversion occasionnée par l’opération Goodwood, la 43rd (Wessex) Infantry Division s’empare de Maltot aux dépends de la 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler. Cependant, la 53rd (Welsh) Infantry Division perd le carrefour du Bon Repos mais lance un raid sur Esquay-Notre-Dame qui provoque des pertes à la 276. Infanterie-Division.

24 juillet 1944 : En fin de journée, début de l’opération canadienne Spring à partir de la tête de pont conquise lors de l’opération Atlantic. Verrières est investi dans la nuit.

25 juillet 1944 : Au Sud de Caen, à Verrières, les combats opposent violemment les Canadiens de la 2nd Canadian Infantry Division à la 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler. L’opération Spring est un échec la journée étant la plus meurtrière de la campagne pour les Canadiens. Après un faux départ la veille, les Américains déclenchent l’opération Cobra précédée d’un bombardement aérien massif qui pulvérise la 130. Panzer-Lehr-Division.

26 juillet 1944 : Laminé et faute de réserves, le front allemand s’effondre face aux Américains.

27 juillet 1944 : La 2nd US Armored Division s’empare de Pont-Brocard. Lessay et Périers tombent enfin aux mains des Américains, les Allemands se sont repliés devant le danger représenté par la percé de l’opération Cobra.

28 juillet 1944 : Les Américains s’emparent de Coutances et de Saint-Denis-le-Gast créant une poche allemande autour de Roncey.

29 juillet 1944 : Plusieurs unités allemandes sont prises au piège dans la poche de Roncey par les Américains qui achèvent ainsi d’anéantir toute résistance face à eux dans leur progression vers le Sud pour pouvoir exploiter pleinement le succès de l’opération Cobra.

30 juillet 1944 : Les Britanniques déclenchent l’opération Bluecoat au centre du front allemand qui est repoussé au niveau de Vire. Violents combats dans le Bois du Homme avec la 21. Panzer-Division appuyée par les Panzer VI Ausf. B Königstiger de la schwere Panzer-Abteilung 503. Les Américains prennent Avranches que la 77. Infanterie-Division retirée du front quelques jours plus tôt pour être reconstituée près de Saint-Malo ne peut reprendre après être arrivée trop tard pour la défendre.

31 juillet 1944 : Les Canadiens sont incapables de prendre Tilly-la-Bataille. Au-delà de Caen, les Allemands verrouillent encore soigneusement le front. Dans le cadre de l’opération Bluecoat, la 11th Armoured Division s’empare de Saint-Martin-des-Besaces. Les Américains s’emparent d’un pont intact à Pontaubault. La route de la Bretagne est donc ouverte et les Alliés peuvent enfin déboucher de la Normandie même si les combats qui s’y déroulent encore ne sont pas terminés. La 77. Infanterie-Division tente de contre-attaquer sur Avranches, mais sans succès. Granville est libérée par le CCR de la 6th US Armored Division Super Sixth avec une équipe de 30 Assault Unit Commando britannique chargée d’inspecter immédiatement les installations portuaires [cf. Alain CHAZETTE, Fabien REBERAC, Alain DESTOUCHES, Jacques TOMINE & Bernard PAICH, Granville – Occupation, Libération, le raid (Histoire & Fortifications, 2015), p. 41].

2 août 1944 : Adolf HITLER ordonne le transfert de plusieurs unités blindées allemandes vers l’Ouest en prévision d’une contre-attaque sur Avranches affaiblissant ainsi les lignes de défense face aux Canadiens et Britanniques.

4 août 1944 : La 53rd Infantry Division s’empare définitivement de la Côte 112 et de ses accès abandonnés par les allemands.

7 août 1944 : Les Canadiens et Britanniques lancent l’opération Totalize au Sud de Caen pour s’emparer de Falaise. Les Allemands lancent l’opération Lüttich pour reprendre Avranches à partir de Mortain et sont immédiatement stoppés par les Américains. En Bretagne, les Américains atteignent Brest.

8 août 1944 : Les Américains parviennent au Mans qui a été le quartier-général de la 7. Armee.

10 août 1944 : Faute de résultat et devant le risque d’encerclement qui se dessine, les Allemands abandonnent définitivement l’opération Lüttich.

12 août 1944 : Libération d’Alençon par la 2ème Division Blindée.

13 août 1944 : La 2ème Division Blindée française entre temporairement dans Argentan mais la progression est stoppée afin de respecter la ligne de démarcation définie entre Américains et Britanniques.

14 août 1944 : Déclenchement de l’opération Tractable qui permet aux Canadiens de progresser vers Falaise dans la foulée de l’opération Totalize.

15 août 1944 : Libération de Saint-Malo.

16 août 1944 : Les Américains progressent vers Dreux, Chartres et Orléans, les Allemands se préparent à se replier pour éviter de se faire totalement encercler. Bernard MONTGOMERY autorise les Américains qui patientent face à Argentan à reprendre leur progression vers le Nord à la rencontre des pointes britanniques et canadiennes.

17 août 1944 : Sur la côte et le long de la Dives, déclenchement de l’opération Paddle en direction de la Seine. Falaise est investie et est totalement nettoyée des derniers défenseurs allemands le lendemain, un espace de 25 kilomètres est encore ouvert entre les Canadiens et les pointes américaines devant Argentan tenue par la 116. Panzer-Division.

18 août 1944 : Trun est pris par les Canadiens.

19 août 1944 : La 6th Airborne Division s’empare de Putot-en-Auge. La 1st Polish Armoured Division et la 90th US Infantry Division font leur jonction à Chambois.

20 août 1944 : Les Allemands parviennent à percer la poche de Falaise/Trun/Chambois grâce à une attaque du II. SS-Panzer-Korps de l’extérieur et de l’intérieur par les unités encerclées. Les Polonais de la 1st Polish Armoured Division mènent d’intenses combats et résistent à la pression allemande sur le Mont-Ormel. Symbole de la défaite allemande en Normandie, l’état-major du LXXXIV. Armee-Korps dont les unités affrontent les Alliés depuis le 6 juin 1944 se rend aux Polonais.

21 août 1944 : La 4th Canadian Armoured Division rejoint les Polonais de la 1st Polish Armoured Division sur le Mont-Ormel les sauvant des derniers assauts de la 2. SS-Panzer-Division. La poche de Falaise/Trun/Chambois est donc définitivement close par les Alliés. Mais près de cent mille soldats allemands et plusieurs états-majors ont réussi à s’échapper.

22 août 1944 : Pont-l’Évêque est libéré par la 6th Airborne Division. Les Américains atteignent Melun sur la Seine mais ne parviennent pas à s’emparer du pont intact avant que les Allemands ne réussissent à le faire sauter.

23 août 1944 : La 7th Armoured Division s’empare de Lisieux.

24 août 1944 : Les Américains finissent par franchir la Seine et établir une tête de pont entre Melun et Fontainebleau.

25 août 1944 : Les Américains sont à Troyes, la 2ème Division Blindée française et la 4th US Infantry Division libèrent Paris.

27 août 1944 : La 6th Airborne Division en ligne depuis le 6 juin reçoit l’ordre de quitter le champ de bataille pour être reconstituée en Grande-Bretagne.

29 août 1944 : les dernières unités allemandes du front de Normandie franchissent la Seine pour se replier vers les frontières du III. Reich.

30 août 1944 : Les Canadiens pénètrent dans Rouen.

10 septembre 1944 : Déclenchement de l’opération Astonia visant la libération du Havre.

12 septembre 1944 : Le Havre est libérée mais totalement ravagée.

19 septembre 1944 : Capitulation des derniers défenseurs allemands à Brest.

Jeux d’Histoire :

  

Bibliographie :

Jean-Pierre BENAMOU, Normandie 1944, guide du champ de bataille, 7 juin au 22 août 1944 (Heimdal, 1982)

Georges BERNAGE, Jean-Pierre BENAMOU, Bernard CROCHET, François de LANNOY, Laurent MARI & Ronald McNAIR, Overlord, Jour-J en Normandie (Heimdal, 1193)

Georges BERNAGE, Laurent MARI, Jean-Pierre BENAMOU & Ronald McNAIR, Bataille de Normandie, 11 juin – 29 août 1944 (Heimdal, 1993)

Yves BUFFETAUT, Chars et matériel de la bataille de Normandie, in Batailles hors-série n°7 (Ysec, 2019) : numéro de plus de quatre-vingt pages présentant cent soixante-huit profils couleurs d’avions de transport, planeurs, voitures, camions et chars employés par les différents belligérants au cours du Débarquement et de la bataille de Normandie – Photos, profils couleurs.

Ludovic FORTIN, Les chars britanniques en Normandie (Histoire & Collections, 2005) : livre de près de cent quatre-vingt pages sur les chars [Cromwell, Centaur, Challenger, Sherman – y compris ses versions Firefly, Duplex Drive et CRAB), Churchill (y compris ses versions AVRE et Crocodile), Stuart, Wolverine, Achilles, Priest et Sexton] et unités blindées britanniques (7th Armoured Division, 11th Armoured Division, 79th Armoured Division, Guards Armoured Division, 4th Armoured Brigade, 6th Guards Armoured Brigade, 8th Armoured Brigade, 27th Armoured Brigade, 31st Armoured Brigade, 33rd Armoured Brigade et 34th Armoured Brigade) en Normandie avec de nombreuses indications sur les marquages, les combats et la vie quotidienne des équipages – Photos, profils couleurs, reproductions couleurs d’objets d’époque, cartes.

Yannis KADARI & Hugues WENKIN, La cacophonie des généraux, entre surdité et compétition, in Batailles & Blindés hors-série n°25 (Caraktère, 2014) : article de douze pages sur les plans initiaux et réalisés de l’opération Overlord en Normandie avec la controverse qui se cristallise autour principalement de Dwight EISENHOWER, Bernard MONTGOMERY et Omar BRADLEY dans laquelle intervient également Winston CHURCHILL sur les options pour vaincre le III. Reich à l’Ouest– Photos, cartes.

Yannis KADARI & Hugues WENKIN, Falaise, premiers faux pas ! Entre tergiversations et incohérences, in Batailles & Blindés hors-série n°25 (Caraktère, 2014) : article de dix-huit pages sur la victoire incomplète alliée en Normandie en raison de l’échec à fermer hermétiquement la Poche de Falaise/Trun/Chambois liée à la mésentente entre Omar BRADLEY et Bernard MONTGOMERY, à l’opération Totalize qui ne débouche pas comme prévu, la résistance allemande à Argentan, au choix de pousser les pointes américaines sur la Seine et Mantes-Gassicourt plutôt que de les rabattre en direction des Britanniques et des Canadiens – Photos, cartes, profils couleurs.

Nicolas PONTIC, De l’organisation des unités blindées US, la Normandie, aboutissement d’un long processus, in 2e Guerre Mondiale n°84 (Mars & Clio, 2019) : article de huit pages sur les divisions blindées américaines en Normandie qui décrit l’évolution de l’organisation depuis leur création – Photos.

Claude QUETEL, Dictionnaire du Débarquement et de la bataille de Normandie (Ouest-France, 2011)

Laurent TIRONE, Panzer en Normandie, des fauves en cage, in Ligne de Front n°71 (Caraktère, 2018)

Russel F. WEIGLEY, Normandy to Falaise, A Critique of Allied Operational Planning in 1944, in Historical Perspectives of the Operational Art (Center of Military History, United States Army, 2005)

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Couverture_Livre_OuestFrance_QUETEL_Claude_Dictionnaire_Debarquement livre_tallandier_rondeau_benoit_invasion Heimdal 2011 BERNAGE Georges Normandie Album memorial Heimdal 2004 BERNAGE Georges First US Army Heimdal 1994 BERNAGE Georges CADEL Georges La guerre des GI Cobra bataille des Haies    

A paraître ! 39/45 Magazine Hors Série Normandie 1944, les prochaines parutions

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Les visuels présentés appartiennent à leurs éditeurs respectifs. Le logo type de schéma tactique est utilisé dans les premiers numéros de 39/45 Magazine pour codifier les articles relatifs à des batailles.


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

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