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Normandie 1944

TactiqueLa bataille de Normandie est affrontement qui opposent les Alliés occidentaux menés principalement par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne aux Allemands durant l’été 1944. Au-dessus et autour du champs de bataille, la dimension aérienne et maritime est omniprésente.

Contexte :

Après avoir pris pied sur le continent européen en Italie en 1943, les Alliés débarquent en Baie de Seine le 6 juin 1944 (Jour-J) dans le cadre de l’opération Neptune sur cinq plages désignées (d’Est en Ouest) : Sword Beach, Juno Beach, Gold Beach, Omaha Beach et Utah Beach. La zone d’assaut est couverte à l’Est de l’Orne par une opération aéroportée britannique et dans le Cotentin par une opération aéroportée américaine. A l’ouest d’Omaha Beach, les Américains prennent également d’assaut la Pointe du Hoc. L’Atlantikwall (Mur de l’Atlantique) n’a pas tenu et a été rapidement percé.

Les Allemands craignent que ce Débarquement ne soit qu’une opération de diversion pour masquer l’assaut véritable qu’ils attendent sur le Pas-de-Calais, trompés notamment par les opérations de déception alliée (opération Fortitude). Si des renforts sont immédiatement envoyés, plusieurs unités restent en réserve et il faut attendre plusieurs semaines pour qu’elles soient enfin acheminées vers le front normand.

Unités engagées :

Allemagne :

Belgique :

Canada :

Danemark :

Etats-Unis :

Grande-Bretagne :

Hollande :

Pologne :

Chronologie :

6 juin 1944 : Débarquement en Normandie, si les Alliés ont pris pied sur l’ensemble des zones d’assaut, les Britanniques échouent à prendre Caen.

7 juin 1944 : Près de Caen, la 3rd Canadian Infantry Division s’empare de Rots. Au centre, la 50th (Northumbrian) Infantry Division s’empare de Bayeux.

8 juin 1944 : Les Britanniques repoussent la contre-attaque de la 346. Infanterie-Division sur Amfreville. La 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend qui arrive sur le front reprend Rots à la 3rd Canadian Infantry Division. La tête de pont britannique est reliée à la tête de pont américaine d’Omaha Beach grâce à la prise de Port-en-Bessin par le No. 47 (Royal Marine) Commando.

9 juin 1944 : Au Sud de Bayeux, la 50th (Northumbrian) Infantry-Division prend la côte 103 sur les hauteurs de Tilly-sur-Seulles tandis que la contre-attaque de la 130. Panzer-Lehr-Division sur Ellon est stoppée par les Britanniques appuyés par les canons de la flotte alliée et soutenus par l’aviation.

10 juin 1944 : Au centre, les Britanniques lancent l’opération Perch pour percer autour de Tilly-sur-Seulles. Les forces américaines venant d’Utah Beach et d’Omaha Beach font leur jonction.

11 juin 1944 : Près de Caen, le No. 46 (Royal Marine) Commando se dirige sur Rots et affronte violemment la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend. Au centre, l’opération Perch butte sur les défenses allemandes établies par la 130. Panzer-Lehr-Division à Tilly-sur-Seulles. La 7th Armoured Division est incapable de s’en emparer par un assaut frontal. En Galicie, après son action victorieuse à Tarnopol, le II. SS-Panzer-Korps reçoit l’ordre d’être transféré en Normandie avec la 9. SS-Panzer-Division Hohenstaufen et la 10. SS-Panzer-Division Frundsberg.

12 juin 1944 : Winston CHURCHILL visite la tête de pont. Charles DE GAULLE défile à Bayeux et y installe la capitale administrative de la France libérée. A l’Ouest de Caen, les hommes de la 3rd Canadian Infantry Division renforcent le No. 46 (Royal Marine) Commando et reprennent Rots au petit matin après de violents combats avec la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend. Autour de Tilly-sur-Seulles, la 50th (Northumbrian) Infantry Division relève la 7th Armoured Division qui s’apprête à contourner Tilly-sur-Seulles par l’Ouest pour envelopper la 130. Panzer-Lehr-Division. Les Américains s’emparent de Carentan évacué dans la nuit par les parachutistes allemands. Dans le Cotentin, la batterie de Saint-Marcouf tombe finalement dans les mains de la 9th US Infantry Division.

13 juin 1944 : Dans la tête de pont sur l’Orne, Bréville d’où s’élançaient les contre-attaques allemandes, tombe aux mains des Britanniques permettant ainsi stabiliser pendant un mois le flanc Est du dispositif allié. Fritz WITT, commandant la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend est tué à son poste de commandement par un bombardement allié à Venoix. Entre Norrey-en-Bessin et Tilly-sur-Seulles, Cristot tombe dans les mains de la 49th (West Riding) Infantry Division. Alors qu’elle progresse rapidement et commence à contourner la 130. Panzer-Lehr-Division qui tient fermement Tilly-sur-Seulles et ses environs, la 7th Armoured Division est brutalement stoppée par la schwere SS-Panzer-Abteilung 101 à Villers-Bocage. Alors que ses équipages font une halte en plein territoire ennemi sans prendre de mesure de précaution particulière, l’as allemand des blindés Michael WITTMANN entame une charge particulièrement osée qui anéantit toute une colonne britannique. Les Britanniques sont contraints de se replier sur Livry, huit kilomètres en arrière. Les Allemands ne réussissent pas à reprendre Livry et Tracy-Bocage. L’arrivée de la 2. Panzer-Division leur permet de colmater la brèche qui s’était créée au Sud de Bayeux et en arrière du secteur d’Omaha Beach et de stabiliser ainsi le front afin de verrouiller l’accès de Saint-Lô et de bloquer tout contournement de Caen par l’Ouest.

14 juin 1944 : Dans la zone de Tilly-sur-Seulles s’empare de Lingèvres et repousse une contre-attaque de la 130. Panzer-Lehr-Division durant laquelle un Sherman Firefly met hors de combat cinq Panzer V Panther. Dans le Cotentin, les Allemands ne parviennent pas à mettre en oeuvre la contre-attaque prévue pour récupérer le terrain perdu la veille sur la côte.

16 juin 1944 : La 50th (Northumbrian) Infantry Division pousse en direction de Hottot à partir de Lingèvres et finit par atteindre le bourg sans pouvoir s’en emparer définitivement, mais elle entre enfin dans Tilly-sur-Seulles.

17 juin 1944 : Les Britanniques nettoient Tilly-sur-Seulles.

18 juin 1944 : Les Britanniques s’emparent de Tilly-sur-Seulles. Les Américains coupent la presqu’île du Cotentin en deux en s’emparant de Barneville. La 77. Infanterie-Division qui arrive en renfort en provenance de la Bretagne est coupée en deux et son chef, Rudolf STEGMANN est tué lors d’une attaque aérienne.

19 juin 1944 : Début de la grande tempête sur la Manche qui dure jusqu’au 22 juin. Dans le Cotentin, les unités allemandes isolées dans la presqu’île depuis la chute de Barneville débutent leur repli sur la forteresse de Cherbourg.

21 juin 1944 : Devant Cherbourg assiégé, James Lawton COLLINS, commandant le VII US Corps lance à un ultimatum à Karl-Wilhelm von SCHLIEBEN, commandant la 709. Infanterie-Division et promu responsable de la forteresse de Cherbourg, afin que ses troupes et lui se rendent le lendemain matin.

22 juin 1944 : A Cherbourg, les Allemands ne répondent pas à l’ultimatum américain. L’attaque de la ceinture extérieure de la ville commence.

25 juin 1944 : Dans le secteur de Tilly-sur-Seulles, les Britanniques déclenchent l’opération Martlet en préambule de l’opération Epsom, Rauray et Hottot demeurent dans les mains allemandes, seul le village de Fontenay-le-Pesnel est pris. A Cherbourg, la flotte alliée vient bombarder les batteries allemandes qui protègent le port. l’USS Texas et l’USS O’Brian sont touchés.

26 juin 1944 : L’opération Epsom, première tentative britannique majeure pour contourner la défense allemande devant Caen, est déclenchée avec en tête la 15th (Scottish) Infantry Division : Cheux et Saint-Manvieu sont pris. A Cherbourg, Karl-Wilhelm von SCHLIEBEN se rend à son PC.

27 juin 1944 : Dans le cadre de l’opération Epsom, un pont intact est pris sur l’Odon à Tourmeauville par la 15th (Scottish) Infantry Division qui réalise ainsi une belle percée. Celui-ci est immédiatement emprunter par la 11th Armoured Division aui atteint la côte 112 forçant les Allemands à engager le II. SS-Panzer-Korps pour les arrêter et à abandonner leur projet de contre-attaque massive et coordonnée pour repousser les Alliés sur la côte puis à la mer. Baron-sur-Odon est pris par les Britanniques. Menacé par la réaction allemande, Cheux reste aux mains des Britanniques et plus particulièrement de la 43rd (Wessex) Infantry Division qui s’y est installée. A Cherbourg, les derniers points de résistance allemands tombent aux mains des Américains et la ville est définitivement libérée marquant ainsi le premier succès majeur américain en Normandie.

28 juin 1944 : Dans le Cotentin, totalement isolé, le fort Osteck se rend aux Américains.

29 juin 1944 : A la pointe de la Hague dans le Cotentin, les Américains restent bloqués face aux défenseurs allemands malgré un important soutien aérien.

30 juin 1944 : Sur l’Odon, les concentrations de troupes allemandes sont durement prises à partie par l’artillerie alliée qui est renforcée par l’appui naval. Ainsi le HMS Rodney tire sur l’état-major du I. SS-Panzer-Korps à Feuguerolles qui ne peut plus temporairement coordonner ses unités. Dans le même temps, Villers-Bocage est écrasé par les bombardiers britanniques afin de couper l’artère principale de ravitaillement du II. SS-Panzer-Korps. Les derniers défenseurs allemands dans le Cotentin finissent pas lâcher prise dans la pointe de La Hague. Le point d’appui allemand Westeck tombe, Beaumont-Hague et Jobourg sont libérés.

1er juillet 1944 : A Baron-sur-Odon, la 10. SS-Panzer-Divsion Frundsberg réussit à reprendre Baron mais en est délogée immédiatement. Fin des derniers combats à la Pointe de la Hague.

3 juillet 1944 : A la base de la presqu’île du Cotentin, les Américains lancent leur offensive sur La Haye-du-Puits en plein bocage normand avec le VIII US Corps.

4 juillet 1944 : Opération Windsor, les Canadiens s’emparent du village de Carpiquet et des abords de son aérodrome encore aux mains de la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend. Au Sud de Carentan, le VII US Corps commence son offensive sur Périers face à la 17. SS-Panzer-Grenadier-Division Götz von Berlichingen et aux restes du Fallschirm-Jäger-Regiment 6.

5 juillet 1944 : La 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler échoue à reprendre Carpiquet.

6 juillet 1944 : La 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler est encore tenue en échec devant Carpiquet qui ne sera pas repris.

7 juillet 1944 : A Caen, en prévision de l’opération Charnwood, la ville et ses environs sont très violemment bombardés.

8 juillet 1944 : Début de l’opération Charnwood pour libérer Caen. Le bombardement de la veille au soir n’a pas les effets escomptés et les défenses allemandes sont encore vigoureuses. La 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend tient une bonne partie de la journée les hameaux de Galmanche et de Bijude. La 3rd Canadian Infantry Division s’empare de Buron, Gruchy et d’Authie. L’abbaye d’Ardenne est conquise, provoquant le repli de la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend derrière l’Orne laissant les quartiers Nord de Caen sans défense. Dans le cadre de la poussée américaine sur Saint-Lô, la 30th US Infantry-Division établit une tête de pont par-delà la Vire à Saint-Jean-de-Daye. La 79th US Infantry Division parvient à nettoyer La-Haye-du-Puits.

9 juillet 1944 : La rive Nord de Caen dans le cadre de l’opération Charnwood mais la rive Sud est encore aux mains des Allemands. Dans le secteur de Saint-Lô, la 3rd US Armored Division travers dans la confusion les lignes de la 30th US Infantry Division et se trouve confrontée à la contre-attaque de la 2. SS-Panzer-Division Das Reich sur le Dézert. Les Allemands sont stoppés notamment par l’artillerie. BOHN, commandant le CCB de la 3rd US Armored Division est immédiatement relevé de son commandement. La 83rd US Infantry Division s’empare de Sainteny.

10 juillet 1944 : Les Britanniques lancent l’opération Jupiter pour emporter la Côte 112. Ils sont bloqués devant Maltot avec de lourdes pertes qui doit être de nouveau abandonnée le lendemain devant les contre-attaques allemande.

11 juillet 1944 : Echec de la contre-attaque de la 130. Panzer-Lehr-Division sur le Dézert qui cherche à repousser les Américains qui progressent lentement mais surement vers Saint-Lô à travers le bocage normand.

14 juillet 1944 : Bernard MONTGOMERY se rend à Bréville avec Richard GALE pour observer le terrain sur lequel se déroulera quatre jours plus tard l’opératin Goodwood. Poursuivant haie après haie son avance en direction de Saint-Lô, la 30th US Infantry Division s’empare de Pont-Hébert.

15 juillet 1944 : Sur l’Odon, la 15th (Scottish) Infantry Division s’empare de nuit de d’Esquay et de Bougy dans le cadre des opérations préliminaires à Goodwood. Dans le secteur de Saint-Lô, la 35th US Infantry Division s’empare de la côte 122 tandis que la 29th US Infantry Division place un bataillon à La Madeleine, mais celui-ci se retrouve encerclé par les Allemands.

16 juillet 1944 : Dans le secteur de l’Odon, la 53rd (Welsh) Infantry Division échoue à prendre à Evrecy dans un assaut nocturne. Face à Saint-Lô, la 29th US Infantry Division est dans l’incapacité de rompre l’encerclement de son bataillon encerclé à La Madeleine.

17 juillet 1944 : Erwin ROMMEL est grièvement blessé par un chasseur-bombardier qui attaque sa voiture près de Livarot. Sur l’Odon, la 53rd (Welsh) Infantry Division reste bloquée devant Evrecy. A Saint-Lô, la 35th US Infantry Division poursuit sa progression à l’Ouest de la ville et s’empare de Rampan et de Saint-Georges-de-Montcoq. Le front allemand commence à s’effondrer faute de renforts pour combler les pertes.

18 juillet 1944 : Pour déborder Caen par l’Est et fixer le maximum de forces allemandes dans le secteur alors que les Américains préparent l’opération Cobra qui doit briser le front germanique après la prise de Saint-Lô,  Bernard MONTGOMERY lance l’opération Goodwood après un bombardement aérien massif sur Colombelles et Mondeville provoquant de lourdes pertes chez la 16. Luftwaffen-Feld-Division et la schwere Panzer-Abteilung 503. Les Britanniques peinent à s’emparer de Cagny défendue par une batterie du III. Falk-Korps. Ils sont arrêtés devant Bourguébus et Frénouville. Si les pertes humaines sont très largement à l’avantage des Alliés, les Allemands ont réussi à bloquer les chars britanniques le premier jour de l’offensive mais au prix de très lourdes pertes. Les Canadiens lancent également l’opération Atlantic et établissent une nouvelle tête de pont sur l’Orne mais au sud de Caen cette fois-ci obligeant les Allemands à se retirer enfin la ville. Colombelles tombe. Les Américains de la 29th US Infantry Division entrent dans Saint-Lô totalement dévastée.

19 juillet 1944 : A l’Est de Caen, les Britanniques relancent l’opération Goodwood en milieu d’après-midi. Hubert-Folie est capturé en fin de journée.

20 juillet 1944 : Tentative ratée d’un attentat contre Adolf HITLER. Les conséquences de la répression qui s’abat sur tous ceux qui ont participé ou côtoyé les conspirateurs seront terribles et plusieurs commandants allemands en Normandie en feront les frais ultérieurement. A l’Est de Caen, les Britanniques s’emparent de Bourguébus, mais l’opération Goodwood n’ira pas plus loin. C’est un échec qui ne permet aux Britanniques déboucher vers Falaise mais qui consomme un peu plus la masse de manœuvre blindée allemande et la fixe loin de la prochaine offensive américaine. Bernard MONTGOMERY est cependant sur la sellette.

23 juillet 1944 : La 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler ne parvient pas à reprendre Hubert-Folie. Profitant de la diversion occasionnée par l’opération Goodwood, la 43rd (Wessex) Infantry Division s’empare de Maltot aux dépends de la 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler. Cependant, la 53rd (Welsh) Infantry Division perd le carrefour du Bon Repos mais lance un raid sur Esquay-Notre-Dame qui provoque des pertes à la 276. Infanterie-Division.

24 juillet 1944 : En fin de journée, début de l’opération canadienne Spring à partir de la tête de pont conquise lors de l’opération Atlantic. Verrières est investi dans la nuit.

25 juillet 1944 : Au Sud de Caen, à Verrières, les combats opposent violemment les Canadiens de la 2nd Canadian Infantry Division à la 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler. l’opération Spring est un échec la journée étant la plus meurtrière de la campagne pour les Canadiens. Après un faux départ la veille, les Américains déclenchent l’opération Cobra précédée d’un bombardement aérien massif qui pulvérise la 130. Panzer-Lehr-Division.

26 juillet 1944 : Laminé et faute de réserves, le front allemand s’effondre face aux Américains.

28 juillet 1944 : Les Américains s’emparent de Coutances.

29 juillet 1944 : Plusieurs unités allemandes sont prises au piège dans la poche de Roncey par les Américains qui achèvent ainsi d’anéantir toute résistance face à eux dans leur progression vers le Sud.

30 juillet 1944 : Les Américains prennent Avranches que la 77. Infanterie-Division retirée du front quelques jours plus tôt pour être reconstituée près de Saint-Malo ne peut reprendre après être arrivée trop tard pour la défendre, les Britanniques déclenchent l’opération Bluecoat au centre du front allemand qui est repoussé au niveau de Vire.

31 juillet 1944 : Les Canadiens sont incapables de prendre Tilly-la-Bataille. Au-delà de Caen, les Allemands verrouillent encore soigneusement le front. Les Américains s’emparent d’un pont intact à Pontaubault. La route de la Bretagne est donc ouverte et les Alliés peuvent enfin déboucher de la Normandie même si les combats qui s’y déroulent encore ne sont pas terminés. La 77. Infanterie-Division tente de contre-attaquer sur Avranches, mais sans succès. Granville est libérée par le CCR de la 6th US Armored Division Super Sixth avec une équipe de 30 Assault Unit Commando britannique chargée d’inspecter immédiatement les installations portuaires [cf. Alain CHAZETTE, Fabien REBERAC, Alain DESTOUCHES, Jacques TOMINE & Bernard PAICH, Granville – Occupation, Libération, le raid (Histoire & Fortifications, 2015), p. 41].

2 août 1944 : Adolf HITLER ordonne le transfert de plusieurs unités blindées allemandes vers l’Ouest en prévision d’une contre-attaque sur Avranches affaiblissant ainsi les lignes de défense face aux Canadiens et Britanniques.

4 août 1944 : Les Britanniques s’emparent définitivement de la Côte 112 et de ses accès.

7 août 1944 : Les Allemands lancent l’opération Lüttich pour reprendre Avranches à partir de Mortain et sont immédiatement stoppés par les Américains, les Canadiens et Britanniques lancent l’opération Totalize au Sud de Caen pour s’emparer de Falaise, les Américains atteignent Brest.

13 août 1944 : La 2ème Division Blindée française entre dans Argentan mais la progression est stoppée afin de respecter la ligne de démarcation définie entre Américains et Britanniques.

14 août 1944 : Déclenchement de l’opération Tractable qui permet aux Canadiens de progresser vers Falaise dans la foulée de l’opération Totalize.

15 août 1944 : Libération de Saint-Malo.

16 août 1944 : Les Américains progressent vers Dreux, les Allemands se préparent à se replier pour éviter de se faire totalement encercler.

17 août 1944 : Falaise est investie et est totalement nettoyée des derniers défenseurs allemands le lendemain, un espace de 25 kilomètres est encore ouvert entre les Canadiens et les pointes américaines qui patientent dans la région d’Argentan.

18 août 1944 : Trun est pris par les Canadiens.

19 août 1944 : La 6th Airborne Division s’empare de Putot-en-Auge.

21 août 1944 : La poche de Falaise/Trun/Chambois est définitivement close par les Alliés mais plusieurs milliers de soldats allemands et plusieurs états-majors ont réussi à s’échapper.

22 août 1944 : Pont-l’Évêque est libéré par la 6th Airborne Division.

22 août 1944 : libération de Pont-l’Evêque, les Américains atteignent Melun sur la Seine mais ne parviennent pas à s’emparer du pont intact avant que les Allemands ne réussissent à le faire sauter.

24 août 1944 : Les Américains finissent par franchir la Seine et établir une tête de pont entre Melun et Fontainebleau.

25 août 1944 : Les Américains sont à Troyes, la 2ème Division Blindée française et la 4th US Infantry Division libèrent Paris.

27 août 1944 : La 6th Airborne Division en ligne depuis le 6 juin reçoit l’ordre de quitter le champ de bataille pour être reconstituée en Grande-Bretagne.

29 août 1944 : les dernières unités allemandes du front de Normandie franchissent la Seine pour se replier vers les frontières du III. Reich.

30 août 1944 : Les Canadiens pénètrent dans Rouen.

10 septembre 1944 : Déclenchement de l’opération Astonia visant la libération du Havre.

12 septembre 1944 : Le Havre est libérée mais totalement ravagée.

19 septembre 1944 : Capitulation des derniers défenseurs allemands à Brest.

Dénouement, répercussions et conséquences :

La tête de pont n’est jamais réellement menacée par les Allemands qui dès le premier jour ne font que subir et sont incapables de mettre en oeuvre une contre-attaque pour reprendre l’initiative et tenter de rejeter les Alliés à la mer.

La bataille de Normandie est une longue suite de combats et d’opérations de juin à septembre 1944. Après plusieurs tentatives infructueuses, les Alliés percent finalement la ligne de défense allemande fin juillet sur le front américain avec l’opération Cobra et atteignent Avranches. Cela leur permet de se répandre en Bretagne et de foncer vers la Loire. La contre-offensive allemande de Mortain est un échec. Dès lors, se dessine un vaste encerclement des unités allemandes dans la poche de Falaise/Trun/Chambois mais les Alliés laissent filer plusieurs milliers de soldats allemands qui abandonnent cependant une bonne partie de leur matériel lourd.

La bataille de Normandie s’achève avec la libération du Havre qui comme de nombreuses agglomérations normandes est détruite. Comme de nombreux Normands, de nombreux habitants payent de leur vie leur libération.

Complétée par le Débarquement en Provence, l’issue de la bataille de Normandie permet de libérer la quasi totalité de la France (les Allemands se maintiennent dans quelques poches sur les côtes ainsi que dans l’Est) et de la Belgique.

Cependant, la victoire alliée a un sentiment d’inachevé car elle ne permet pas la destruction totale de l’armée allemande qui conserve encore des ressources importantes. Le III. Reich ne peut être définitivement défait avant la fin 1944 comme espéré un temps, ce qui aura pour conséquence plusieurs centaines de milliers victimes supplémentaires de la cruauté nazie [cf. Historical Perspectives of the Operational Art (Center of Military History, United States Army, 2005), p. 393] et la main-mise totale de l’URSS sur l’Europe de l’Est.

Jeux d’Histoire :

  

Bibliographie :

  • Jean-Pierre BENAMOU, Normandie 1944, guide du champ de bataille, 7 juin au 22 août 1944 (Heimdal, 1982)
  • Georges BERNAGE, Jean-Pierre BENAMOU, Bernard CROCHET, François de LANNOY, Laurent MARI & Ronald McNAIR, Overlord, Jour-J en Normandie (Heimdal, 1193)
  • Georges BERNAGE, Laurent MARI, Jean-Pierre BENAMOU & Ronald McNAIR, Bataille de Normandie, 11 juin – 29 août 1944 (Heimdal, 1993)
  • Claude QUETEL, Dictionnaire du Débarquement et de la bataille de Normandie (Ouest-France, 2011)
  • Laurent TIRONE, Panzer en Normandie, des fauves en cage, in Ligne de Front n°71 (Caraktère, 2018)
  • Russel F. WEIGLEY, Normandy to Falaise, A Critique of Allied Operational Planning in 1944, in Historical Perspectives of the Operational Art (Center of Military History, United States Army, 2005)

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Les visuels présentés appartiennent à leurs éditeurs respectifs. Le logo type de schéma tactique est utilisé dans les premiers numéros de 39/45 Magazine pour codifier les articles relatifs à des batailles.


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