Utah Beach, mardi 6 juin 1944 (OREP, 2019)

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Présentation

Longtemps, le débarquement américain d’Utah Beach souffre de la comparaison avec les sacrifices consentis sur Omaha Beach et le rôle de la tête de pont aéroportée conquise par les 82nd US Airborne Division et 101st US Airborne Division. Bref, un assaut apparemment indolore et sans trop risque…

Christophe PRIME relative ici cette vision trop simpliste.

Non seulement, le dispositif allemand ne fait que de ses renforcer dans les semaines qui précèdent le Débarquement, mais le niveau des pertes, toutes unités confondues devient assez vite comparable à celui d’Omaha Beach. Si sur cette dernière, ce sont celles qui produisent l’assaut sur les plages qui souffrent le plus, le sacrifice sur Utah Beach repose davantage sur les parachutistes américains dont l’action demeure indissociable de la plage.

Les difficultés rencontrées pour la conquête de Carentan, pour sécuriser le Merderet et franchir la Douve, sans parler des combats pour Montebourg que seule la coupure du Cotentin permettra de passer en direction de Cherbourg montrent à quel point le pari de l’extension des plages de débarquement est justifié mais aussi risqué.

Utah Beach aurait pu ne pas exister. La bataille du Cotentin pourrait être même un sérieux accroc au succès du Débarquement comme l’est la non prise de Caen à l’opposé de la tête de pont alliée. En effet, les plans alliés initiaux ne prévoient pas cette extension (voir La bataille de Caen chez le même éditeur). En outre, la défense se renforce considérablement avec des unités allemandes qui arrivent dans les semaines précédentes. Cette tendance est bien loin d’être un hasard et surtout d’être achevée, en témoigne l’exercice auquel sont invités les principaux responsables opérationnels germaniques du secteur le 6 juin 1944 et l’arrivée attendue de la 2. Fallschirmjäger-Division.

Christophe PRIME livre ici une bonne et belle synthèse de l’assaut américain à la base du Cotentin, prélude à la première grande victoire alliée en Normandie (la prise de Cherbourg) une fois assurée la tête de pont. Ouvrage de vulgarisation ne signifie pas travail au rabais, et les « anciens » auront plaisir à lire et à regarder ces cent trente pages largement et richement illustrées où photos d’archives côtoient reproductions couleurs d’objets de collection. Bien entendu, pas de révélation sensationnelle, mais une synthèse complète (c’est déjà beaucoup) du sujet qui permet de mesurer l’effort américain mais aussi les pertes globales consenties pour s’assurer d’un balcon sur Cherbourg : le sacrifice des parachutistes américains est indissociable de l’assaut de la plage. Tout comme le sont les efforts pour défendre puis élargir la tête de pont.

Avec raison aussi, l’auteur souligne l’apport logistique d’Utah Beach tout au long de la bataille de Normandie (avec une explication courte mais limpide du Gooseberry G1)… mais aussi la gêne occasionnée pendant plusieurs jours par les Allemands, soit par leurs batteries (voir par exemple Une garnison en Normandie chez OREP), soit par les mines, soit par l’aviation. Non, rien n’est simple pour les Alliés et les Allemands ne font rien pour leur faciliter la tâche malgré leurs faiblesses intrinsèques et l’hostilité de plus en plus marquée de certains de leurs chefs contre Adolf HITLER.

Vraiment, c’est un livre grand public qui ne satisfait pas de la simplicité et de platitudes tout en restant très accessible.

Thèmes abordés

Sommaire détaillé

  • Introduction
  • Nom de code « Utah »
  • La nuit des paras
  • L’assaut amphibie
  • La tête de pont d’Utah après le 6 juin
  • Bibliographie
  • Remerciements

Caractéristiques

  • ISBN : 9782815104623
  • Nombre de pages : 128
  • Langue : Français
  • Couverture : souple
  • Dimensions : 20 x 26,5 cm
  • Prix conseillé France à la date de parution : 20 € TTC