GBM n°155 (Histoire & Collections, 2026)

Entre compléments érudits à des dossiers antérieurs, hommages appuyés à des figures majeures de l’historiographie militaire, entretiens stimulants et études de fond consacrées aux unités, matériels et doctrines de l’armée française, GBM poursuit patiemment son travail ! Un numéro toujours aussi dense, fidèle à l’esprit de rigueur et de transmission qui fait l’ADN de GBM…

Sommaire de GBM n°155

  • Le manifeste français
  • Mathieu COMAS & Pascal DANJOU, Les tourelles de défense des colonnes ont bien été mises en service (2 pages)
  • Christian BRENAUT, Retour sur les TM et leurs insignes (3 pages)
  • Christophe AKNOUCHE, Les Ardennes, un même théâtre pour trois campagnes (1 page)
  • François VAUVILLIER, Adieu aux armes, Paul Gaujac (0,5 pages)
  • Pages choisies au fil des éditeurs (0,5 page)
  • Jean-Claude LATOUR, 1891-1914, voitures observatoires et échelles d’artillerie de campagne et de siège et place (4 pages)
  • Guy FRANCOIS, De la défense des côtes à l’action lointaine sur le front, le canon de 100 TR Modèle 1897, de la Marine à la guerre (10 pages)
  • François VAUVILLIER, Les B1 en service à Verdun (1ère partie), les débuts (8 pages)
  • François VAUVILLIER, Delahaye des années 1920 à 1940, tous les véhicules militaires (7 pages)
  • Sébastien PIFFETEAU, Les escadrons AMR du 1er Dragons Portés (2e partie), les combats du Nord, dernier baroud des AMR 35 (12 pages)
  • Stéphane BONNAUD, Le 21e BCC (1ère partie), les 1ère et 2ᵉ compagnies au combat (23 pages)

Fiche technique

  • Éditeur : Histoire & Collections
  • Rédacteur en chef : François VAUVILLIER
  • Langue : Français
  • Nombre de pages : 82
  • Année de parution : 2026

Présentation et recension

Un manifeste français toujours aussi riche !

Comme de coutume, les premières pages de GBM donnent la parole aux lecteurs, prolongent certains échanges avec la rédaction et proposent un tour d’horizon de l’actualité des reconstitutions. Ce numéro ne déroge pas à la règle, tout en apportant deux compléments particulièrement bienvenus à des dossiers antérieurs.

Le premier est signé Mathieu COMAS. En écho au numéro précédent, il propose — en s’appuyant sur un travail conduit avec Pascal DANJOU, aujourd’hui disparu — une étude approfondie consacrée aux tourelles françaises de défense antiaérienne. Ces dispositifs, permettant d’installer une ou deux mitrailleuses sur une plateforme circulaire offrant un champ de tir à 360°, illustrent les efforts d’adaptation de l’armée française. La 345ᵉ CACC perçoit ainsi quatre exemplaires de ces tourelles, dont l’usage et les caractéristiques sont précisément détaillés.

Le second complément prolonge la remarquable étude consacrée aux sections de Transport de Matériel et à leurs insignes durant la Première Guerre mondiale. Fondé sur une exploration minutieuse de journaux d’époque, il met en lumière plusieurs emblèmes jusqu’alors peu ou mal connus, confirmant une nouvelle fois la richesse iconographique et documentaire de ce champ de recherche.

Hommage à Paul GAUJAC

Fidèle à sa tradition, GBM rend hommage à une grande figure récemment disparue de l’historiographie militaire française : Paul GAUJAC. Officier de carrière, engagé en Algérie, il achève son parcours à la tête du Service historique de l’Armée de Terre. Historien prolifique, il laisse notamment une monumentale Histoire de l’Armée de la Victoire. Celle-ci retrace en quatre volumes les combats des forces françaises aux côtés des Alliés, de l’Italie au Danube, en passant par la Provence, l’Alsace et jusqu’à l’Elbe.

Les Ardennes, par trois fois maudites

À l’occasion de la parution de son ouvrage consacré aux trois batailles des Ardennes (1870, 1914 et 1940), Christophe AKNOUCHE, contributeur régulier de GBM et déjà auteur d’une biographie de Maurice GAMELIN, répond aux questions de la rédaction. L’entretien, dense et stimulant, donne immédiatement envie de se plonger dans ce travail de synthèse, qui éclaire la récurrence tragique de ce théâtre d’opérations dans l’histoire militaire française.

La motorisation des armées

La période 1871-1940 constitue un observatoire privilégié pour comprendre les enjeux liés à la motorisation progressive des armées, dans le sillage du développement de l’automobile. La mobilité demeure, de tout temps, un facteur déterminant de supériorité militaire. Dans ce contexte, la poursuite de la vaste étude de Jean-Claude LATOUR sur les voitures hippomobiles s’avère particulièrement éclairante. Loin de simples assemblages rudimentaires, ces matériels — souvent très spécialisés — traduisent la recherche constante de solutions adaptées aux besoins opérationnels et aux contraintes des systèmes militaires.

Cette tension entre spécialisation des matériels et impératifs de rationalisation industrielle se retrouve naturellement avec l’essor de la motorisation. À ce titre, François VAUVILLIER lève le voile sur son futur ouvrage, Tous les véhicules militaires français des années vingt à 1940. Le projet fait écho à son titre de référence, Tous les blindés de l’armée française, des origines à 1940. Les pages consacrées aux véhicules Delahaye, présentées ici en avant-première, reprennent une mise en page familière aux lecteurs de la revue et des ouvrages de la Collection Vauvillier.

Unités, matériels et opérations

Près de la moitié du numéro se concentre sur l’armée française de 1940 et, plus particulièrement, sur ses unités blindées. Le dossier s’ouvre sur les débuts des chars B1 à Verdun, au sein du 511ᵉ Régiment de Chars de Combat, qui perçoit ses premiers engins dès 1936.

Sébastien PIFFETEAU, auteur du très remarqué Le 1ᵉʳ Régiment de Dragons Portés, 1929-1940, des seigneurs pour une guerre, poursuit son étude consacrée à l’engagement de cette unité en Belgique et dans le nord de la France. Il couvre ici la période du 20 au 29 mai 1940, lorsque la 2ᵉ Division Légère Mécanique (DLM) affronte les forces allemandes progressant vers La Bassée, avant le repli sur Furnes. Le 1ᵉʳ Régiment de Dragons Portés reçoit alors l’ordre de détruire son matériel avant d’embarquer pour l’Angleterre depuis Dunkerque.

Enfin, Stéphane BONNAUD entame l’historique du 21ᵉ Bataillon de Chars de Combat (BCC), équipé de chars Renault R35. Fidèle à la ligne éditoriale de GBM, le texte se distingue par sa précision et s’accompagne d’une iconographie abondante et souvent inédite — photographies et profils couleurs — permettant une identification détaillée, engin par engin.


Conclusion

Avec ce n°155, GBM confirme une nouvelle fois son statut de revue de référence pour l’histoire de l’armée française. Rigueur documentaire, diversité des thématiques, continuité des grandes enquêtes et ouverture à des travaux inédits composent un ensemble particulièrement solide, qui ravira aussi bien le lecteur fidèle que l’historien exigeant.

D’un point de vue éditorial, GBM se veut également un exemple par la façon de suivre ses sujets et de valoriser les échanges avec la galaxie de passionnés qui apportent ainsi d’utiles contributions.



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