Avec La course à la Meuse – Bataille des Ardennes – Bastogne (2), Hugues WENKIN prolonge son analyse de l’offensive allemande de décembre 1944. Après les combats sur l’Our abordés dans le premier volume, l’auteur se concentre sur l’avance de la 5. Panzer-Armee du 18 au 24 décembre 1944, en particulier sur les actions de la 2. Panzer-Division et de la 130. Panzer-Lehr-Division jusqu’aux abords de Dinant. L’ouvrage revisite une séquence souvent résumée à Bastogne et invite à reconsidérer le déroulement réel de cette course vers la Meuse.
Sommaire de
- Introduction
- La course pour Bastogne s’accélère
- Le réveil des aigles hurlants
- La liquidation du bouchon de Longvilly
- Coup d’arrêt à Neffe
- Affrontement sanglant à noville
- Le Team O’Hara chassé de Wardin
- La perte de Noville
- Réorganisations dans les deux camps
- Les deux Panzer-Division contournent Bastogne
- La fin du fer de lance de von Manteuffel
- L’importance du facteur décisionnel
- Bibliographie et sources
Fiche technique
- Éditeur : Weyrich
- Auteur : Hugues WENKIN
- Langue : Français
- Nombre de pages : 216
- Année de parution : 2021
Présentation et recension
De l’Our à la Meuse : le deuxième temps de l’offensive de la 5. Panzer-Armee
Après avoir décrit les combats des deux premiers jours sur l’Our, l’auteur suit l’axe d’effort principal de la 5. Panzer-Armee. La 2. Panzer-Division et la 130. Panzer-Lehr-Division, une fois les premières lignes américaines entamées, cherchent à exploiter vers l’ouest.
Le lecteur voit certaines certitudes mises à l’épreuve, surtout s’il ne connaît que la version américaine la plus diffusée. Bastogne apparaît ici comme jouant un rôle indirect dans l’arrêt de l’offensive, tandis que la contribution britannique est réévaluée.
Bastogne : un objectif tactique sans finalité stratégique
Après avoir péniblement percé les lignes de la 28th US Infantry Division, soutenue par des éléments disparates de la 9th US Armored Division, les divisions blindées allemandes peuvent enfin progresser vers l’ouest.
Bastogne n’est cependant qu’un point de passage. L’objectif opérationnel véritable demeure la Meuse, première étape vers une manœuvre plus ambitieuse visant Anvers et l’encerclement du 21st Army Group privé de son port principal.
Les quarante-huit heures perdues face aux lignes américaines sur l’Our pèsent lourd. Elles permettent aux premiers renforts alliés d’arriver devant la 5. Panzer-Armee.
Combats de rencontre et occasions manquées
La 10th US Armored Division joue un rôle décisif en envoyant ses premiers éléments vers Bastogne. Les teams O’Hara, Cherry et Desorby se déploient en éventail et livrent de véritables combats de rencontre dans un brouillard à la fois météorologique et opérationnel.
Fritz BAYERLEIN, à la tête de la 130. Panzer-Lehr-Division, apparaît particulièrement peu inspiré. Il ne suit pas toujours les directives supérieures, se désoriente et perd la vision d’ensemble. Le commandement en avant comporte ses limites.
L’ouvrage met en lumière des localités souvent secondaires dans l’historiographie mais déterminantes dans les faits : Noville, Neffe, Mageret, Longvilly, Bizory, Wardin. Ces points d’appui retardent encore la progression allemande. La 101st US Airborne Division peut ainsi arriver et s’installer, parfois dans des conditions difficiles. Les Allemands laissent passer l’occasion.
Bastogne après la course
Les combats emblématiques des parachutistes américains à Bastogne appartiennent en réalité à une phase ultérieure, lorsque l’avance vers la Meuse est déjà compromise.
Les engagements les plus durs surviennent paradoxalement après la jonction opérée par la 4th US Armored Division et lorsque les forces allemandes, privées de perspective stratégique, se rabattent sur Bastogne. Ce volet devait être traité dans un tome 3 qui ne verra malheureusement pas le jour en raison du divorce de l’éditeur et de l’auteur qui stoppe net leur collaboration.
L’enlisement progressif de la 5. Panzer-Armee
La seconde partie du livre analyse le blocage progressif de l’avance allemande.
Les Alliés tiennent solidement les bases du saillant :
- Au nord sur les Hautes Fagnes
- Au sud dans le secteur d’Echternach
Au centre, la progression allemande est freinée en continu : Our, Saint-Vith, Trois-Ponts, Bastogne.
Les pointes blindées les plus dangereuses sont stoppées successivement :
- Stoumont / La Gleize pour la Kampfgruppe Peiper
- Hotton pour la 116. Panzer-Division
- Celles / Foy-Notre-Dame pour la 2. Panzer-Division
De son côté, la 130. Panzer-Lehr-Division s’épuise progressivement, étirée sur une profondeur excessive, faute d’avoir pris Bastogne à temps.
Le rôle du XXX Corps britannique
L’ouvrage met également en lumière l’action du XXX Corps britannique.
Derrière l’arc défensif formé entre Bastogne et Trois-Ponts — 101st US Airborne Division, éléments de la 28th US Infantry Division et de la 9th US Armored Division, 84th US Infantry Division, 2nd et 3rd US Armored Divisions, 82nd US Airborne Division — Bernard MONTGOMERY prend des dispositions pour prévenir toute percée.
Directement menacé, son groupe d’armées se trouve au centre de l’enjeu. À ce stade de la bataille, il apparaît comme l’un des bénéficiaires directs de l’échec allemand.
Forme et sources
Sur la forme, l’ouvrage s’inscrit dans les standards du label 1944 chez Weyrich et du Mook éponyme : illustration abondante, mise en page claire, lecture fluide.
Sur le fond, l’auteur s’appuie largement sur les After Action Reports américains ainsi que sur des interviews de responsables américains et allemands réalisées peu après les faits par les services historiques de l’US Army. Ce recours aux sources primaires structure l’analyse et soutient la démonstration.








Conclusion
En suivant la progression de la 5. Panzer-Armee jusqu’aux abords de la Meuse, Hugues WENKIN replace Bastogne dans une séquence plus large et rééquilibre les interprétations traditionnelles.
L’ouvrage montre que l’échec allemand tient autant aux retards initiaux, aux résistances locales et aux choix de commandement qu’à l’image symbolique de la ville assiégée.
Ce deuxième volume éclaire ainsi le moment précis où la course à la Meuse bascule et où l’offensive allemande, déjà bien mal embarquée mais toujours menaçante, commence irréversiblement à s’embourber.





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