39/45 Magazine hors-série Historica n°109 (Heimdal, 2026)

Frédéric DEPRUN quitte son terrain de prédilection, la Normandie, pour s’aventurer aux confins de l’Europe, là où elle rejoint l’Asie. Il suit cette fois l’itinéraire de la 16. Infanterie-Division (mot.) lors de l’opération Fall Blau, un parcours qui symbolise toute la démesure de la seconde offensive d’été allemande en URSS. Celle-ci se solde par un échec dans le Caucase, l’anéantissement de la 6. Armee dans la poche de Stalingrad et la déroute d’une grande partie des forces roumaines, italiennes et hongroises engagées sur le Don.

Le sujet n’est pourtant pas totalement inconnu de Frédéric DEPRUN, qui a déjà abondamment écrit sur la 116. Panzer-Division, héritière de cette division motorisée. Fidèle à sa méthode, il propose une étude fondée sur les archives allemandes et les témoignages de vétérans, notamment recueillis par l’intermédiaire des associations d’anciens combattants.

Ce numéro représente la première moitié d’une étude destinée à être publiée en format livre. Il couvre la période jusqu’au 17 septembre 1942.

Sommaire de 39/45 Magazine hors-série Historica n°109

  • Aux portes de l’Asie
  • La 16. Infanterie-Division (mot.) de la Westphalie aux confins d’Astrakhan
  • Ruée blindée vers le sud, de Voronej au Manytch, 7-31 juillet 1942
  • Poursuite dans le Caucase, Armavir et Maïkop, 6-24 août 1942
  • Sur la route d’Astrakhan, la steppe kalmouke, 25 août-17 septembre 1942

Fiche technique

  • Éditeur : Heimdal
  • Rédacteur en chef : Georges BERNAGE
  • Langue : Français
  • Nombre de pages : 128
  • Année de parution : 2026

Présentation et recension

16. Infanterie-Division (mot.) et 116. Panzer-Division, les piliers de l’univers de Frédéric DEPRUN

En 2011, Frédéric DEPRUN publie chez Ysec son premier ouvrage. Il le consacre aux équipages de char de la 116. Panzer-Division en Normandie. Déjà, apparaissent ses caractéristiques, dont le large recours aux témoignages de vétérans et une iconographie soignée où des montages de photos contemporaines et d’archives ainsi que des cartes montées sur des photos d’archives sont largement présents. Le niveau de description se veut également très fortement tactique.

Depuis, il s’impose comme l’un des piliers de Normandie 1944 Magazine, où son dossier représente la pièce maîtresse de chaque numéro. C’est d’ailleurs dans cette revue qu’il a l’occasion de croiser de nouveau la 116. Panzer-Division et son lignage, symbolisé par le lévrier (Windhund) qui lui sert d’emblème. L’animal lui-même rappelle les campagnes de la division dans la steppe kalmouke, où un lévrier recueilli par des soldats allemands devient ainsi la mascotte de l’unité.

Dès les premières pages, les lecteurs découvrent ce qui fait l’une des particularités de Frédéric DEPRUN, à savoir le recours extensif aux historiques allemands des grandes unités souvent reconstitués par les amicales d’anciens après le conflit.

La steppe kalmouke

Lors de l’offensive en direction du Caucase et de Stalingrad, l’engagement de la 16. Infanterie-Division (mot.) symbolise ce qui va faire perdre les Allemands entre les mouvements croisés, les changements d’orientation avec des centaines de kilomètres parcourus et une poussée à deux têtes qui écartèle l’effort entre Stalingrad et le Caucase. Entre les deux directions se forme un espace de plus en plus large aux confins de l’Europe et de l’Asie à l’embouchure de la Volga. C’est une division déjà bien usée qui reçoit l’ordre de s’emparer d’Astrakhan et de couvrir la steppe kalmouke entre d’un côté la 1. Panzer-Armee qui bute sur le Caucase et les 6. Armee et 4. Panzer-Armee qui s’enkystent à Stalingrad.

Cette page marque l’une des images les plus romanesques de l’offensive allemande dans laquelle font irruption des chameaux, donnant quelque peu corps à cette chimère de tenaille qui permettrait d’isoler tout le Proche-Orient en donnant la main à l’Afrika-Korps d’Erwin ROMMEL.

Paul CARELL ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisqu’il y consacre un chapitre dans son historique des combats germano-soviétiques avec un récit haut en couleurs et particulièrement relevé qui, comme souvent, est ensuite repris par nombre d’articles et d’ouvrages.

Un récit fouillé et richement illustré

Établi sur les archives et surtout sur les récits des vétérans transcrits dans le journal de liaison des anciens après-guerre, ce numéro produit un texte qui déroule au jour le jour l’avance de la division. Les premiers combats de Fall Blau se cristallisent tout d’abord à Voronej, où l’on retrouve la 24. Panzer-Division, la 16. Infanterie-Division (mot.) ainsi que la 3. Infanterie-Division (mot.). Ces trois unités bifurquent ensuite plein sud. Deux d’entre elles finissent dans la poche de Stalingrad, seule la 16. Infanterie-Division (mot.) en réchappe puisqu’elle rejoint la 1. Panzer-Armee et fonce avec elle vers le Caucase.

Le numéro s’achève le 17 septembre 1942 quand les patrouilles de la division atteignent, totalement exsangues, les approches d’Astrakhan.

Comme de coutume, l’iconographie est fouillée. Les cartes habituelles de l’auteur établies sur des photographies de l’IGN dans les années immédiatement après-guerre sont remplacées par des reproductions de cartes allemandes d’époque.

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Conclusion

Les amateurs de Frédéric DEPRUN ne seront pas déçus. Ils retrouveront les caractéristiques de ses précédentes publications, avec une reconstitution minutieuse des opérations, de nombreux témoignages et une iconographie soignée. Cette première partie illustre aussi la démesure de l’offensive allemande de l’été 1942.

Le point de vue demeure cependant très largement allemand, malgré la présence de quelques cartes d’origine soviétique. Pour mieux comprendre les opérations du côté de l’Armée rouge, il faut donc se tourner vers d’autres travaux, notamment ceux de David GLANTZ et Jonathan HOUSE. Les deux premiers volumes de leur trilogie consacrée à Stalingrad, To the Gates of Stalingrad et Armageddon in Stalingrad, permettent de replacer ces événements dans le cadre plus vaste des affrontements sur le Don et la Volga.

Les lecteurs intéressés par les opérations dans le Caucase pourront également consulter l’ouvrage de Boris LAURENT, Les opérations germano-soviétiques dans le Caucase (1942-1943), publié chez Economica en 2014.

La seconde partie suivra le repli de la division durant l’hiver 1942-1943. Après l’encerclement de Stalingrad par l’opération Uranus, puis l’effondrement du dispositif de l’Axe sur le Don, les forces allemandes doivent abandonner la steppe kalmouke et le Caucase.



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