Les bataillons de chars de combat (BCC) constituent l’ossature de l’arme blindée française au début de la Seconde Guerre mondiale. Héritiers directs des formations de chars de la Première Guerre mondiale et issus, à la mobilisation, des régiments de chars de combat (RCC), ils sont initialement conçus pour l’appui direct de l’infanterie et subordonnés aux armées. Certains d’entre eux rejoignent les divisions cuirassées (DCR) lors de leur création en 1940, tandis que d’autres demeurent employés de manière autonome.
Cette page propose une entrée structurée sur les bataillons de chars de combat, leur organisation, leurs missions et leur engagement. Elle renvoie vers un index des unités concernées, conçu avant tout comme un outil d’accès à l’historiographie disponible sur 3945km.com.
Comprendre le rôle des BCC en 1939/1940
À la veille du conflit, l’armée française dispose d’un nombre important de bataillons de chars de combat, dotés de matériels modernes et souvent bien protégés. Contrairement aux divisions mécanisées de cavalerie ou aux divisions cuirassées en cours de constitution, les BCC qui demeurent autonomes ne sont pas conçus comme des unités de manœuvre à l’échelle opérative.
Ils sont principalement destinés à :
- Appuyer l’infanterie lors de la rupture ou de la contre-attaque locale
- Renforcer un secteur défensif menacé
- Accompagner la progression des divisions d’infanterie dans des combats méthodiques
Cette conception entraîne une dispersion fréquente des BCC, rattachés temporairement aux armées, corps d’armée ou divisions. Ce principe diffère sensiblement de celui retenu par l’armée allemande au début du conflit, qui concentre l’essentiel de ses moyens blindés au sein de divisions blindées dédiées.
Le choix français n’est cependant pas totalement incohérent. Les Allemands éprouvent toutefois rapidement le besoin de renforcer l’appui de leurs divisions d’infanterie. Cela conduit, à partir de 1940, à la mise sur pied de canons d’assaut, complétés par la suite par des unités spécialisées de chasseurs de chars et de bataillons de chars lourds. Les Américains retiennent également une organisation mixte, combinant divisions blindées destinées à la manœuvre et bataillons de chars ou de chasseurs de chars affectés à l’appui direct de l’infanterie.
Engagements en 1939/1940
Mobilisation
À la mobilisation, les Régiments de Chars de Combat (RCC) se transforment en Groupes de Bataillons Chars (GBC) eux-mêmes divisés en Bataillons de Chars de Combat (BCC).
Ainsi, vingt-deux Bataillons de Chars de Combat voient le jour à partir des Régiments de Chars de Combat (RCC). S’ajoutent seize nouveaux bataillons levés à partir des centres mobilisateurs.
Drôle de guerre
Au cours de la Drôle de guerre, onze nouveaux bataillons voient le jour. Mais dans le même temps, douze Bataillons de Chars de Combat (BCC) servent à constituer les trois premières Divisions Cuirassées (DCR).
Campagne de France (mai et juin 1940)
Entre mai et juin 1940, les bataillons de chars de combat sont engagés sur l’ensemble du front, de la Belgique à la Somme, de l’Aisne aux combats de retraite de juin. Ils participent à de nombreuses contre-attaques locales, parfois avec un succès tactique réel, sans réellement produire d’effet opératif ou stratégique durable sur le déroulement de la campagne.
Les Allemands enclenchent l’opération Fall Gelb le 10 mai 1940 en attaquant les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. À ce moment, les Bataillons de Chars de Combat (BCC) se répartissent ainsi (hors Divisions Cuirassées) :
- Groupe d’Armées 1 (qui effectue la manœuvre Dyle-Breda et couvre les frontières du Nord à partir de Verdun jusqu’à la Manche) : douze bataillons (3, 4, 6, 7, 9, 13, 22, 32, 33, 35, 38 et 39) auxquels s’ajoutent les quatre de la 1ère Division Cuirassée (DCR)
- Groupe d’Armée 2 (qui protège les frontières de Lorraine et de la Basse Alsace) : dix-sept bataillons (1, 2, 5, 10, 11, 12, 19, 20, 21, 23, 24, 29, 30, 31 ,34, 43 et 51)
- Groupe d’Armée 3 : (qui protège la Haute Alsace et la frontière avec la Suisse) : quatre bataillons (16, 17, 18 et 36)
- Armée des Alpes (qui protège la frontière avec l’Italie de la Suisse à la Méditerranée) : un bataillon (BC des Troupes coloniales)
- générale : les quatre bataillons des 2ème Division Cuirassée (DCR) et 3ème Division Cuirassée (DCR)
- En cours de formation ou de transformation : quatre Bataillons de Chars de Combat (44, 46, 47 et 68)
L’évolution rapide de la situation entraine la mise sur pied en urgence de la 4e Division Cuirassée (DCR) qui absorbe six bataillons : trois qui achèvent leur formation (44, 46 et 47) et trois en provenance du Groupe d’Armées 2 (2, 19 et 24). Dans le même temps, la mise sur pied de trois nouveaux bataillons est lancée.
Neuf Bataillons de Chars de Combat (BCC) disparaissent dans les combats de mai 1940 en plus des quatre de la 1re Division Cuirassée (DCR), soit la totalité de ceux engagés avec les 1re, 7e et 9e Armées.
L’engagement des BCC tout au long de la campagne met en évidence :
- La qualité de nombreux matériels français face à leurs équivalents allemands,
- Le courage et la compétence des équipages, malgré des conditions d’engagement souvent défavorables,
- Les difficultés de coordination interarmes, de commandement et logistiques,
- L’impact des choix doctrinaux et organisationnels hérités de l’entre-deux-guerres, notamment dans les moyens de soutien,
- Un décalage récurrent dans le tempo décisionnel et l’engagement des forces face à un adversaire plus flexible dans sa conduite des opérations.
Accès à l’index des bataillons de chars de combat
Les liens ci-dessous permettent d’accéder à l’ensemble de l’historiographie référencée sur 3945km.com concernant les bataillons de chars de combat.
Dans un premier temps, l’objectif n’est pas de proposer une présentation exhaustive de chaque BCC, informations déjà largement disponibles par ailleurs, mais de centraliser et de structurer l’accès aux travaux historiques, ouvrages et publications traitant de ces unités. Les références bibliographiques issues de l’ancien site seront progressivement réintégrées afin d’enrichir cet index.