Un premier numéro pour Division Zeitung sur un sujet particulièrement original. Pourtant, qui n’a pas en tête la représentation d’un Feldgendarm avec sa plaque suspendue autour du cou par une chaine ?
Au-delà de la tenue, une organisation et des missions bien plus larges que la simple circulation routière à découvrir…
Sommaire de Division Zeitung hors-série n°1
- Un peu d’histoire
- La tenue
- Chaîne de commandement et composition des unités
- Hiwi et Hiwa
- Missions générales
- Création des Feldjägerkommando
- Les Feldgendarmen sur le terrain
- Les Feldgendarmen les plus décorés
Fiche technique
- Éditeur : Division Zeitung
- Rédacteur en chef : Didier LAUGIER
- Langue : Français
- Nombre de pages : 48 (numérique uniquement)
- Année de parution : 2026
Présentation et recension
En ouvrant ce premier numéro hors-série que propose Division Zeitung, les passionnés francophones ne peuvent que réaliser la chance qu’ils ont d’avoir dans leur main une petite cinquantaine de pages aussi pointues pour la très modique somme de 6 € ! Le tout rédigé par un auteur sérieux et reconnu, Didier LAUGIER, qui s’appuie sur un véritable corpus de sources et est très loin d’un conglomérat d’informations plus ou moins fiables glanées sur internet avec ou sans aide de l’intelligence artificielle.
La Feldgendarmerie, une branche absente de l’historiographie de la Wehrmacht
Division Zeitung se penche ici sur la Feldgendarmerie, la police militaire allemande, durant la Seconde Guerre mondiale. Un sujet très peu traité dans l’historiographie francophone malgré son omniprésence dans les opérations allemandes de la Seconde Guerre mondiale et dans l’imaginaire collectif pour son hausse-col bien connu (qu’on se souvienne de la Grande vadrouille). Pourtant, son organisation, ses missions et ses actions demeurent particulièrement dans l’ombre. Comme le rappelle l’auteur dès son introduction, la police militaire joue pourtant un rôle indispensable dans le maintien de la cohésion des unités et des colonnes, que ce soit à l’offensive ou quand la retraite a sonné !
Fidèle à la démarche qui caractérise déjà Division Zeitung, Didier LAUGIER s’appuie évidemment sur les archives brutes, mettant en lumière rapports, documents administratifs et exemples plutôt que de proposer une simple synthèse bibliographique. Sur les traces de la Feldgendarmerie, les lecteurs parcourent ainsi l’ensemble du continent européen, de la pointe du Finistère à la Volga avec également une petite incursion dans le désert nord-africain.
Une plongée dans les archives brutes
Le numéro ne fournit pas un index exhaustif sous forme de notices encyclopédiques de toutes les unités de Felgendarmerie à l’image des deux volumes que Didier LAUGIER a consacrés à la Sturmartillerie. Il offre au contraire un numéro homogène, presque monobloc qui se lit du début à la fin. Chaque page donne l’occasion de faire une découverte ou de se demander comment poursuivre l’exploration d’un sujet connexe. Parce qu’il y en a de nombreux !
Un sujet aux multiples ramifications
En effet, on parle des auxiliaires soviétiques, des missions de sécurité ainsi que des inévitables crimes de guerre commis lors des opérations de police menées contre les « bandes armées » qui résistent à l’occupation allemande et les populations qui les soutiennent ou y sont associées. À ce titre, la directive d’Adolf HITLER du 16 décembre 1942 citée à la fin du numéro est particulièrement explicite. Si l’on imagine bien les droits que s’octroient les Allemands sur les biens et les personnes dans les territoires occupés, on découvre également qu’ils sont loin d’être irréprochables sur leur propre sol avec leurs compatriotes, notamment dans les derniers mois du conflit.
D’un point de vue organisationnel, les Feldgendarmen relèvent de grandes unités combattantes, de structures territoriales, d’organismes de sécurité ou encore d’autorités chargées de l’occupation, ce qui explique la difficulté à saisir leur organisation d’ensemble. Évidemment, comme toutes les autres armes et branches de la Wehrmacht, la Feldgendarmerie souffre d’un manque d’effectif chronique tout au long du conflit et son organisation réelle est loin d’être conforme aux tables d’allocation théoriques.
De façon intéressante, certains rapports d’archives cités évoquent des incompréhensions lancinantes entre les troupes combattantes et la police militaire qui oscille entre ses missions de police et celles au profit des opérations militaires (assurer la circulation par exemple) qui nécessitent des aspirations et des profils pour le moins différents.
Conclusion
Le début d’un immense chantier historiographique ?
Une fois la lecture achevée, on peut vite ressentir une certaine frustration car le numéro est déjà fini ! Le potentiel d’exploration est colossal puisque la Feldgendarmerie se retrouve au croisement de beaucoup de sujets : mouvements et logistique des unités de combat, gestion des prisonniers de guerre, missions de police au sein des forces armées, surveillance et gestion des territoires occupés, répression et lutte antipartisans ou contre les bandes armées organisées.
La galaxie des unités de police allemandes sous le Troisième Reich est pourtant plutôt impressionnante et la Feldgendarmerie n’en est qu’un exemple.
Les ouvrages d’Alain CHAZETTE chez Histoire & Fortifications donnent déjà un aperçu de la matière historiographique à explorer plus particulièrement en France. L’occupation en URSS, les zones de combat, notamment dans les Balkans, et la gestion de l’arrière des lignes de front sur l’ensemble du continent européen et nord-africain représentent un sujet d’étude assez vertigineux et finalement assez peu exploré dans l’historiographie francophone.
On peut également compléter la lecture de ce numéro par l’excellent ouvrage d’Antonio MUNOZ, The German Secret Field Police in Greece paru en 2018.
Bien plus qu’un simple hors-série
Un véritable sujet sans fin qui permet de mettre le projecteur sur des secteurs absents dans l’historiographie et qui peuvent dévoiler une iconographie particulièrement originale. Espérons que ce numéro rencontre son public et fasse naître des vocations autour de ces sujets !
De fait, ce hors-série confirme la capacité de Division Zeitung à investir des sujets particulièrement pointus qui sortent assurément de l’ordinaire, même pour les lecteurs les plus avertis. Seuls un format numérique qui évite une mise de fond pour l’éditer et un auteur qui est plus passionné bénévole qu’un chercheur ou un auteur rémunéré à la pige permettent de diffuser un tel sujet.




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