Militaria n°485 (Histoire & Collections, 2026)

Ce n°485 du magazine Militaria couvre plus d’un siècle d’histoire militaire. De l’étude des mouchoirs des poilus de la Première Guerre mondiale à l’évolution de l’équipement individuel du soldat français en Afghanistan, en passant par les SAS français dans les Ardennes, les Australiens en Birmanie ou encore une unité américaine chargée de produire du faux trafic radio pour tromper les Allemands, il propose un ensemble original d’articles centrés sur les objets, les tenues et les unités engagées.

Sommaire de Militaria n°485

  • Le magazine
  • Le front des enchères et des bourses
  • Gérard CURE, Le mouchoir du Poilu
  • Jean-Loup GASSEND, Deux casques du terrain trouvés en Tunisie
  • Bruno CONTAMINE, Les forces françaises en Afghanistan, 2011-2014 (1re partie)
  • Eric DAGNICOURT, L’officier de gendarmerie en 1914, l’habillement
  • Neo035, Oberfeldwebel de la Feldgendarmerie, Pologne 1939
  • Christophe ROUTIER, Un paquetage suisse
  • Jean-Philippe MORANGE, Les ceinturons souvenirs alliés, 1914-1919
  • Jean-Patrick ANDRE, SS-Uscha, SS-Panzer-Artillerie-Regiment 9
  • Didier PHILIPPI, Les ordres coloniaux, 1896-1963
  • Vincent TESSIER, Patrick VOIRIN & Philippe CHARBONNIER, Vouziers 1944, l’album de Colette Ledoux offert par ses parrains américains
  • Robert LE CHANTOUX, Les insignes des Bush Hats britanniques

Fiche d’identité

  • Éditeur : Histoire & Collections
  • Rédacteur en chef : Philippe CHARBONNIER
  • Langue : Français
  • Nombre de pages : 82
  • Année de parution : 2026

Présentation et recension

Un sommaire de Militaria comprend toujours un nombre important d’articles et de rubriques récurrentes couvrant plus d’un siècle d’histoire militaire. Le n°485 ne fait pas exception avec son lot d’équipements, d’armes individuelles, d’uniformes, de décorations et de documents.

Trois grandes périodes se détachent néanmoins nettement :

  • la Première Guerre mondiale
  • la Seconde Guerre mondiale
  • le XXIᵉ siècle

Dans cette recension, l’accent est volontairement mis sur quelques contributions particulièrement significatives au regard du projet éditorial de 3945km.com, notamment celles qui éclairent l’évolution des tenues et des équipements à l’épreuve du combat, ou qui illustrent la richesse de la culture matérielle du soldat.

Hommage à Jean-Pierre VERNEY

Le numéro s’ouvre sur une triste nouvelle : la disparition de Jean-Pierre VERNEY, grand collectionneur et « figure majeure de l’histoire militaire de notre pays ».

Auteur ou contributeur de plusieurs ouvrages consacrés à la Première Guerre mondiale, il laisse surtout derrière lui l’œuvre d’une vie : la constitution d’un vaste ensemble muséal dédié au conflit de 1914/1918, qui aboutit à l’ouverture du musée de la Grande Guerre à Meaux en 2011.

Si les années 1990 et 2000 voient disparaître progressivement les derniers vétérans, les années 2010 et 2020 portent à leur tour le deuil de nombreux collectionneurs et auteurs qui ont consacré des décennies à faire progresser la connaissance des conflits mondiaux et leur historiographie.

Les hommages publiés dans des titres comme GBM, 39/45 Magazine ou Militaria permettent souvent de découvrir, parfois tardivement, des personnalités que les passionnés ne connaissent qu’à travers leurs écrits. Il est toujours regrettable d’attendre leur disparition pour mesurer pleinement leur apport.

Les mouchoirs de la Première Guerre, un support pratique pour communiquer !

Particulièrement original, l’un des articles consacrés à la Première Guerre mondiale se penche sur les mouchoirs en tissu des poilus. À l’heure où le papier jetable a remplacé cette pièce d’étoffe autrefois omniprésente, le sujet peut sembler anecdotique, voire baroque.

Il révèle pourtant un intérêt inattendu.

Si les motifs classiques à carreaux ou à liteaux restent assez austères, sauf pour les passionnés de marquages réglementaires, certains mouchoirs servent de support à des communications patriotiques ou commémoratives. On observe une large diversité de fabrications individuelles, y compris chez les prisonniers, mais aussi des productions plus officielles et diffusées en série.

L’article rappelle également qu’avant 1907, ces pièces d’étoffe indispensables à l’hygiène du soldat servent de support à des consignes d’instruction.

L’objet utilitaire devient ainsi un support de communication !

Album de GI

Alors que les photographies issues de vétérans allemands sont abondamment diffusées et publiées dans la presse spécialisée, les clichés provenant de militaires alliés demeurent plus rares. Cela ne signifie pas qu’ils n’existent pas.

L’album offert à une jeune fille de Vouziers par des hommes du 3103rd Signal Service Battalion en constitue un exemple. Cette unité a pour mission de produire du faux trafic radio afin de tromper l’ennemi au profit du 12th Army Group.

Les photographies présentent essentiellement des portraits et quelques vues plus larges. Au-delà de leur intérêt documentaire, elles offrent une portée sociologique : elles illustrent les relations qui se nouent entre militaires et civils, ici dans les circonstances particulières de la Libération.

L’album est une archive intime, complémentaire des sources opérationnelles classiques.

Les tenues à l’épreuve de la guerre

L’article qui fait la couverture du numéro constitue le pivot du n°485. Il porte sur l’évolution des tenues françaises en Afghanistan de 2001 à 2014, dans le prolongement des attentats du 11 septembre aux États-Unis.

Cette première partie couvre la période allant jusqu’à 2007, tout en mentionnant les combats d’Uzbin en 2008. Les pièces présentées incluent notamment des insignes portés par les unités engagées durant ces années.

En introduction, l’article rappelle les différents dispositifs français engagés. Les premières unités arrivent avec des tenues proches de celles portées lors des opérations de maintien de la paix en ex-Yougoslavie. Les conditions d’engagement, radicalement différentes, imposent rapidement des adaptations. Des achats sur étagère sont réalisés en urgence. L’expérience afghane contribue par ailleurs à accélérer le programme FELIN (Fantassin à équipements et liaisons intégrées).

L’analyse met en lumière un phénomène constant de l’histoire militaire : si les conflits transforment parfois profondément les armements et les matériels lourds, ils entrainent également des évolutions rapides des tenues et de l’équipement individuel dès lors que les conditions d’engagement diffèrent de ce qui était initialement prévu.

Ce mécanisme se retrouve durant les conflits du XXᵉ siècle, on pense par exemple aux pantalons rouges du début de la Première Guerre mondiale, se vérifie encore aujourd’hui dans les conflits contemporains, notamment en Ukraine.

La tenue et l’équipement du combattant se transforment en un excellent observatoire indirect de l’adaptation en guerre.


Conclusion

Outre cette sélection de trois articles, le numéro recèle de nombreux sujets originaux qui s’éloignent des seules opérations militaires pour explorer le quotidien des soldats.

Deux pages sont consacrées au paquetage suisse de 1942 à travers l’acquisition d’un havresac encore rempli d’objets et de documents divers. Ces pièces portent en elles-mêmes une part d’histoire et, au même titre que les archives ou les photographies, permettent d’en remonter le fil.

De multiples détails émergent en complément au fil des pages :

  • Un blouson parachutiste de la France Libre avec sa banane « bataillon de choc »
  • Le récit d’un aviateur français abattu au-dessus de Dunkerque avec son Potez 631 de l’AC2 par un aviateur anglais du No 248 RAF Squadron l’ayant confondu avec un Messerschmitt Bf 110
  • Une reconstitution de l’opération Franklin quand des SAS français patrouillent dans le secteur de Saint-Hubert en arrière des lignes allemandes durant la bataille des Ardennes durant l’hiver 1944/1945
  • La tradition de se constituer des ceinturons bardés d’objets souvenirs durant la Première Guerre mondiale, notamment chez les Britanniques et les Américains
  • Des reconstitutions d’uniformes d’un Feldgendarme en Pologne en septembre 1939 et celle d’un artilleur de la 9. SS-Panzer-Division Hohenstaufen lors de son arrivée en Normandie
  • L’évocation des Australiens en Birmanie à travers leurs chapeaux de brousse

Un numéro riche, comme toujours, et une façon originale d’aborder l’histoire de plus d’un siècle de guerre.



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