GBM

Revue de référence consacrée à l’armée française de 1914 à 1940, GBM (Guerre, Blindés & Matériels) s’impose comme un laboratoire documentaire unique. Sous l’impulsion de François VAUVILLIER, le magazine abandonne toute approche généraliste pour construire, numéro après numéro, un corpus méthodique sur les unités, les matériels et les doctrines françaises. Plus qu’une revue spécialisée, GBM constitue progressivement une véritable encyclopédie imprimée de l’armée française à l’âge industriel.

Présentation

Contexte de création

Lorsque les Histoire & Collections reprennent Histoire de Guerre, le marché des magazines consacrés à la Seconde Guerre mondiale apparaît saturé. Des titres comme 39/45 Magazine, Ligne de Front, 2e Guerre Mondiale, Batailles ou Batailles & Blindés se disputent un lectorat exigeant dans un contexte économique tendu pour la presse spécialisée.

Sous l’impulsion de François VAUVILLIER, le choix stratégique de rompre avec l’alternance classique des sujets allemands et alliés et recentrer entièrement la revue sur l’armée française s’impose. L’auteur de L’Automobile sous l’uniforme mûrit depuis plusieurs années un concept qu’il désigne avec humour comme un « Gamelin Magazine ».

À partir du n°74 (nouvelle formule), la revue abandonne toute approche généraliste. Elle se consacre exclusivement à l’armée française entre 1914 et 1940 et adopte progressivement le nom de GBM (Guerre, Blindés & Matériels).

Le n°94 formalise explicitement l’ambition : proposer « une documentation historico-technique sans faille sur l’armée française de 1914 à 1940 ».

La numérotation d’origine est conservée. La continuité formelle demeure, mais la rupture éditoriale est profonde. Ce repositionnement se révèle néanmoins décisif. GBM trouve un lectorat en quête de documentation spécialisée, d’illustrations inédites et d’analyses techniques précises.

Positionnement éditorial

Un parti pris historiographique assumé

Sept raisons structurent ce repositionnement (présentation dans le n°74) :

  • Proposer une alternative aux magazines alternant systématiquement sujets allemands et alliés occidentaux
  • Établir une continuité technique de 1914 à 1940, liée au développement du moteur et de la motorisation militaire
  • S’appuyer sur une équipe spécialisée et sur des travaux déjà engagés, avec le soutien d’un groupe éditorial structuré
  • Mettre en lumière un matériel extraordinairement varié mais largement méconnu
  • Souligner la réalité de la mobilisation industrielle française, souvent sous-estimée
  • Analyser la situation stratégique d’une puissance directement menacée et dépourvue de profondeur territoriale
  • Réhabiliter la mémoire des combattants de 1940, longtemps malmenée par certaines lectures historiographiques

GBM ne se contente pas de reproduire du contenu : il engage un véritable travail de rééquilibrage historique pour sortir la campagne de 1940 de ses interprétations simplificatrices.

Des choix structurants

GBM adopte un agencement de ses articles particulièrement soigné et pensé pour le confort de ses lecteurs, mais également pour ceux qui souhaitent trier, classer, préserver cette documentation particulièrement précieuse.

Un travail rigoureux qui permet de mettre en valeur une iconographie très originale, voire inédite.

Ainsi, les articles débutent systématiquement sur une page de droite, permettant aux lecteurs qui le souhaitent de les archiver par thème. Ils se terminent sur une page de gauche afin de préserver la cohérence matérielle.

L’agencement devient régulier :

  1. Un article sur la période 1871/1914
  2. Un article consacré à la Première Guerre mondiale
  3. Un ou deux dossiers sur doctrines, matériels ou unités de l’entre-deux-guerres 1919/1939, voire du début de la Seconde Guerre mondiale
  4. En conclusion, un article signé Stéphane BONNAUD consacré à l’historique détaillé d’un Bataillon de Chars de Combat (BCC) engagé en 1939/1940

Cette systématisation transforme la revue en outil de référence pour l’étude de l’arme blindée française et des forces terrestres motorisées. Mais également sa limite, puisque les autres composantes de l’armée française demeurent absentes.

GBM dans le catalogue Histoire & Collections

La transformation d’Histoire de Guerre en GBM redynamise l’ensemble des publications de l’éditeur consacrées à l’armée française.

Dans le sillage de la revue apparaissent des séries d’albums reliés et des voumes brochés.

La revue agit comme un véritable laboratoire éditorial. Elle alimente directement des publications plus ambitieuses tout en conservant son rythme périodique.

Dans l’écosystème français, GBM n’entre pas en concurrence frontale avec les titres généralistes. Il occupe un créneau scientifique spécialisé, centré sur la documentation et la continuité technique.


Conclusion

GBM ne se contente pas de publier des articles spécialisés : il construit dans la durée un outil documentaire structuré.

Son apport majeur réside dans :

  • La reconstitution systématique des unités blindées françaises de 1940
  • La mise en perspective technique de la période 1914/1940, mais également 1871/1914, donnant à l’ensemble une véritable continuité dans l’étude des forces terrestres françaises à l’heure de l’apparition du moteur
  • La réhabilitation documentaire d’un pan longtemps mal compris, parfois caricaturé, de l’histoire militaire française

La revue agit comme un pont entre archives, recherche spécialisée et diffusion auprès d’un public exigeant.

Plus qu’un magazine, GBM s’impose donc comme une base documentaire vivante, dont chaque numéro vient compléter un ensemble cohérent construit sur désormais plus de deux décennies.


Actualités de GBM

  • GBM n°155 (Histoire & Collections, 2026)

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    Entre compléments érudits à des dossiers antérieurs, hommages appuyés à des figures majeures de l’historiographie militaire, entretiens stimulants et études de fond consacrées aux unités, matériels et doctrines de l’armée française, GBM poursuit patiemment son travail ! Un numéro toujours aussi dense, fidèle à l’esprit de rigueur et de transmission qui fait l’ADN de GBM…