Publicités

Archive

Posts Tagged ‘Lorraine 1944’

Death Ride of the Panzers (Skyhorse Publishing, 2018)

26 février 2019 Laisser un commentaire

Dennis OLIVIER, connu notamment par la très intéressante série Tank Craft chez Pen & Sword, monographies consacrées aux chars et blindés de la Seconde Guerre mondiale, réalise ici un très bon et bel ouvrage sur la situation de l’arme blindée allemande sur le Front de l’Ouest dans les derniers mois du conflit en Europe en 1944 et 1945.

Le cadre de l’étude débute à l’issue de l’opération Cobra qui permet aux Américains de percer le front allemand en Normandie et l’échec de la contre-offensive germanique sur Mortain, éphémère tentative de rétablir la situation avec une offensive blindée de grand style. A cette occasion, l’auteur rappelle les principaux principes d’organisation des unités blindées allemandes de l’époque (régiments blindés des Panzer-Divisionen et bataillons autonomes de chars lourds) . La carte du positionnement des grandes unités allemandes au Nord-Ouest de la France à la veille du Débarquement n’est pas particulièrement originale, mais elle est très bien faite. Idem pour les organigrammes théoriques avec les silhouettes d’engins. Lire la suite…

Publicités

Ligne de Front n°78 (Caraktère, 2019)

15 février 2019 Laisser un commentaire

En plus de la grande qualité du sommaire de ce numéro de Ligne de Front, les premières pages d’actualités et de recensions méritent aussi une attention particulière. Deux musées de blindés retiennent l’attention : Saumur bien entendu (avec un descriptif de quelques lignes de chacune des salles) mais aussi l’inattendu de Padikovo en Russie avec une histoire étonnante d’un T-34/85 vétéran de la prise de Belgrade en 1945, transformé en monument et qui reprend du service en Yougoslavie en 1991 avant de trouver une place dans ce musée. Les quatre pages de recensions révèlent plusieurs pépites dont certaines sont aussi analysés sur ce site (Tous les Renault militaires, les camions, Tous les Laffly militaires, Les 2e et 3e Divisions Légères Mécaniques tome 2).

Les deux premiers articles révèlent un aspect peu connu de la France sous l’Occupation avec une Gestapo « française » et la Brigade Nord-Africaine engagée contre la Résistance au premier semestre 1944. Effroi, cruauté, crapules… Un cocktail explosif dont l’examen a le mérite de soulever légèrement un voile sur cet période française toujours aussi peu étudiée et par conséquent peu connue – fort heureusement, l’armée française et les combats de mai/juin 1940 font l’objet depuis le début des années 2000 d’un effort éditorial conséquent ! Lire la suite…

39/45 Magazine n°4 (Heimdal, 1984)

11 novembre 2018 1 commentaire

Clôturant la première année d’existence de 39/45 Magazine et surtout des célébrations du quarantième anniversaire du Débarquement allié du 6 juin 1944, ce numéro fait la transition entre les derniers combats en Normandie et l’échec allié à terminer la guerre avant Noël 1944.

En effet, il comprend un article très court sur la contre-offensive allemande sur Mortain afin de tenter de couper le couloir américain d’Avranches (opération Lüttich) créé à l’issue de l’opération Cobra puis un plus long sur l’échec allié à réussir à fermer à temps la poche de Falaise / Trun / Chambois, laissant ainsi filer des unités qui seront de nouveau en ligne pour s’opposer à l’opération Market-Garden puis lors de la contre-attaque des Ardennes (cf. 39/45 Magazine n°5). Lire la suite…

Patton, la chevauchée héroïque (Tallandier, 2016)

5 août 2018 2 commentaires

En complément de plusieurs ouvrages consacrés à l’armée allemande (Afrikakorps, l’armée de Rommel, Invasion ! Le Débarquement vécu par les Allemands, L’armée d’Hitler), ou au Débarquement (Les divisions du Débarquement, Les opérations aéroportées du Débarquement), sans compter un nombre conséquent d’articles parus notamment dans le magazine 2e Guerre Mondiale, Benoît RONDEAU s’attaque avec brio aussi aux généraux emblématiques de la Seconde Guerre mondiale.

En témoigne ce Patton, avant de revenir à Rommel.

L’auteur puise dans les écrits de l’intéressé et de ses contemporains pour alimenter sur une base chronologique la trame de son livre. Son recul et surtout sa connaissance de certains théâtres d’opérations (Afrique du Nord, Normandie) lui permettent d’offrir un texte équilibré qui tient compte aussi de la perception de l’adversaire. Loin des récits politiquement corrects qui tendent à orienter les lecteurs avec des yeux contemporains, Benoît RONDEAU se garde de porter un jugement sur les opinions de George PATTON, bien qu’elles soient particulièrement bien tranchées et parfois sulfureuses. Elles font néanmoins partie intégrante du personnage dont il faut aussi savoir différencier les provocations des intimes convictions. Les actes traduisent plus le sentiment profond que les paroles qui relèvent parfois du théâtre. L’exemple de PATTON est à cet égard criant.

Car le sujet de cette biographie est à l’évidence un personnage. Bien plus complexe que ses propos crus peuvent laisser transparaître. Seule certitude, son ego est gigantesque. Contrairement à certains de ses contemporains et aux « grandes » individualités (réelles ou supposées) qui font partie intégrante de l’Humanité et de tout groupe humain (hier, aujourd’hui et demain), il ne s’en cache pas et l’assume pleinement. Lire la suite…

Ligne de Front n°72 (Caraktère, 2018)

Les Editions Caraktère propose ici un numéro de Ligne de Front particulièrement bien ficelé qui recèle une mine d’articles sur des sujets très peu étudiés voire inédits. De quoi largement pardonner un sommaire à nouveau exclusivement dédié à la Seconde Guerre mondiale… Mais très loin d’être germano-centré !

L’étude sur le Frontovik, le soldat soviétique, judicieusement sous-titré cet inconnu, permet de découvrir l’étonnante modernité de l’Armée Rouge : gilets de protection, sniping lourd, appareils individuels de vision infrarouge, fusils d’assaut. De quoi remettre en cause la vision de rusticité qui l’entoure encore aujourd’hui. Et comme le souligne l’éditorial, l’Armée Rouge était en avance sur son adversaire germanique dans le domaine du combat d’infanterie.

L’armée américaine est également bien présente dans les pages de ce numéro au travers de l’historique de la 3rd US Army de George PATTON et des parachutistes de l’US Marine Corps. La chevauchée de PATTON à travers la France à l’été 1944 et les combats en Lorraine à l’automne sont loin d’être parfaits. La réactivité et la flexibilité de la 3rd US Army en décembre 1944 face à la contre-offensive allemande des Ardennes permettent de doucher définitivement les espoirs allemands de renverser la situation militaire à l’Ouest et surtout de repousser les unités de la 7. Armee et de la 5. Panzer-Armee sur leurs lignes de départ. Les pertes américaines sont néanmoins conséquentes. Décembre 1944 et janvier 1945  sont les mois les plus coûteux en hommes et en matériels pour la 3rd US Army. Lire la suite…

Panzergrenadier versus US Armored Infantryman (Osprey, 2017)

2 février 2017 1 commentaire

osprey-2017-zaloga-steven-panzergrenadier-vs-us-armored-infantrymanLa série « Combat » chez Osprey étudie des affrontements de deux belligérants qui ont opposé des troupes similaires. Le 22ème volume analyse ainsi l’opposition de l’infanterie mécanisée allemande et américaine dans la dernière année de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Dans ses propos introductifs, le livre revient sur l’évolution du concept dans l’arme blindée allemande avec l’intégration de plus en plus poussée de l’infanterie avec les blindés dans des groupes de combat mixtes. C’est ainsi que les unités qui accompagnent les blindées voient leur appellation évoluer au cours du conflit pour passer de « Schützen » à « Infanterie » et enfin à Panzergrenadier. Cependant, le degré de mécanisation réelle restera très limité compte tenu de l’incapacité de l’industrie allemande à produire le nombre suffisant de transports de troupes motorisés. Lire la suite…

Automne 1944, échec allié ou redressement allemand ? (Batailles & Blindés hors-série n°25, Batailles n°66)

18 octobre 2014 1 commentaire

revue_bataillesetblindes_hs_025 revue_batailles_066

La bataille de Normandie débouche en août 1944 sur une claire victoire alliée. Le front allemand est percé et la Wehrmacht condamnée à abandonner les conquêtes du printemps 1940. Alors que les Allemands sont dans l’impossibilité d’offrir une résistance organisée et d’être en capacité de reprendre l’initiative, le mois de septembre voit tous les espoirs alliés de terminer la guerre avant Noël s’envoler.

Sur le front Ouest, le second semestre 1944 se déroule en quatre étapes :

  • La victoire alliée en Normandie
  • L’enlisement allié
  • La consolidation des positions des deux camps
  • La contre-offensive allemande dans les Ardennes et en Alsace

La question est donc ouverte : s’agit-il d’un échec allié ou d’un spectaculaire redressement allemand ?

Deux numéros viennent alimenter la réflexion. Le numéro 66 du magazine Batailles se penche plutôt sur la réaction allemande et la capacité du III. Reich à rétablir une situation qui pouvait paraître désespérée. De son côté hors-série numéro 25 de la revue Batailles & Blindés analyse la succession des erreurs que commettent les Alliés.

La poche de Falaise marque d’un côté la fin de la bataille de Normandie pour les Allemands mais aussi le début des décisions erronées alliées. Même en laissant un matériel important et plusieurs milliers de prisonniers, les Allemands préservent l’essentiel. Le franchissement de la Seine et le repli du Sud de la France sont deux succès défensifs à mettre au crédit allemand. La problématique est la même : comment sauver ce qui peut l’être et ramener le maximum de troupes sur les frontières du Reich à défaut d’être capable de mettre en place des lignes de défense intermédiaires.

L’exploitation du succès normand est clairement un échec allié. Si les moyens militaires sont là, la logistique n’est pas suffisante, même si elle est colossale, pour alimenter correctement tous les axes de progression : Bretagne, Nord, Ouest… Des choix sont à faire, et seuls des compromis verront le jour pour des questions essentiellement politiques et relationnelles au sein des Alliés. Les Américains sont stoppés en Lorraine et les Alliés tenus en échec en Hollande.

En fait, c’est l’addition de petits événements qui s’accumulent et qui conduisent à l’impossibilité alliée de terminer la guerre avant Noël :

  • L’impossibilité alliée de boucler hermétiquement la poche de Falaise
  • Le succès des replis allemands par la Seine et du Sud de la France
  • Le blocage des principaux ports français avec l’établissement de forteresses qui détournent des unités alliées et empêchent la multiplication des points de ravitaillement sur les côtes
  • L’incapacité alliée à encercler la 15. Armee et à s’emparer de l’embouchure de l’Escaut pour se servir d’Anvers dont les installations portuaires sont pourtant capturées intactes
  • L’inadéquation des plans opérationnels américains en Lorraine
  • L’opération aéroportée « Market-Garden » mal conçue, sur un terrain inapproprié
  • Le maintien de la cohérence tactique des unités allemandes rodée par des années de guerre et de situations acrobatiques, sans oublier une discipline de fer et une éducation idéologique relayées par une propagande omniprésente

Comme le souligne John MOSIER dans son livre Le mythe du Blitzkrieg, les Alliés répètent les mêmes erreurs que les Allemands en Hollande en 1940 ou pendant la Première Guerre mondiale face à des unités relativement faibles mais bien installées dans des fortifications rustiques comme à Metz.

En fait, l’analyse comparée des erreurs alliées et des mesures de redressement allemand démontre que comme souvent, celui qui gagne au final est celui qui fait le moins d’erreurs. Cela dit, le déséquilibre stratégique et des forces est tel, qu’une défaite alliée et une victoire du III. Reich étaient impossibles sauf à imaginer une succession de décisions désastreuses d’un côté et un sans-faute de l’autre. Les conséquences de l’automne 1944 ne se ressentent pas immédiatement mais sur le seconde moitié du XXème siècle avec l’abandon de toute l’Europe de l’Est au profit de l’URSS… Et la Guerre froide qui en résulte.

=> Acheter des numéros de Batailles

=> Acheter des numéros de Batailles & Blindés

=> Acheter « Le mythe du Blitzkrieg » (John MOSIER)


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !