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Ligne de Front n°52 (Caraktère, 2014)

21 octobre 2014 1 commentaire

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Il est parfois bon de rappeler que le résultat d’une guerre n’est pas que la conséquence d’une seule stratégie militaire et politique ou d’une succession d’engagements. La mobilisation du potentiel économique (et plus particulièrement industriel) et humain sont deux conditions essentielles notamment dans l’optique de conflits longs et totaux comme l’ont été les deux guerres mondiales. Ce numéro en donne deux exemples. Le premier concerne la mobilisation de l’industrie d’armement du III. Reich. Tout le monde ou presque connaît la progression spectaculaire des chiffres de production dans la deuxième partie du conflit. Pourtant, l’une des causes évidentes de la défaite allemande réside dans son impréparation économique, des choix matériels et industriels hasardeux. La technologie sans la production n’est rien. Et paradoxalement, la Wehrmacht a connu ses plus grands succès militaires quand son industrie était balbutiante. Les excellentes synthèses chiffrées données dans l’article sont évidentes : le Reich atteint son plein potentiel industriel en 1943 et 1944 quand la guerre est déjà perdue. Il manque malheureusement une facette à ces chiffres : celles des pertes. Car si l’industrie participe à l’expansion du potentiel militaire jusqu’en 1941, elle ne réussit pas à combler les pertes qui s’accumulent dès 1942 et qui cumulées à la multiplication des théâtres d’opérations conduisent à une défaite inéluctable malgré quelques coups défensifs et un mordant jusqu’au bout.

Le second exemple concerne la mobilisation humaine française au cours de la Première Guerre mondiale. Les chiffres donnent la mesure de l’effort accompli et du sacrifice consenti. Ils expliquent aussi en partie le poids qu’aura à supporter le pays pour s’occuper des blessés et le contrecoup moral qui touchera ensuite la France pour des années, voire plus…

Pour commémorer les 70 ans de l’opération « Market-Garden » ce numéro propose une vision allemande de la bataille d’Arnhem. C’est l’occasion de comprendre pourquoi il est fondamental pour les Allemands de reprendre le contrôle du pont d’Arnhem afin de convoyer renforts et ravitaillement vers Nimègue.

Deux études étudient plus spécifiquement deux batailles dont l’une a eu lieu et l’autre n’aura jamais lieu. La première décrit les affrontements autour de Gomel que la Panzergruppe Guderian, devant la résistance acharnée de l’Armée Rouge à Smolensk et à  Yelnia, glisse vers le Sud et rend possible le futur encerclement gigantesque autour de Kiev. Malgré une nouvelle victoire, les germes de la défaite allemande à l’Est apparaissent… La seconde compare les plans d’invasion américains et de défense nippons du Japon. Le largage des bombes atomiques précipitera de toute façon la fin de conflit et résumera l’invasion du Japon à un cas d’école dont les hypothèses de pertes des deux côtés ne pourront heureusement jamais être vérifiées…

Côté systèmes d’armes, ce numéro passe en revue les « Nebelwerfer » allemands avec un très bel organigramme théorique dessiné véhicule par véhicule.


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

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Ligne de Front n°48 (Editions Caraktère, mars / avril 2014)

2 mars 2014 1 commentaire

revue_ldf_048**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Comme le souligne l’éditorial, certains diront « encore ! » en voyant l’épais dossier consacré à la Wehrmacht en 1945. C’est vrai que les Editions Caraktère ont par le passé publié plusieurs études sur les forces du III. Reich à la fin de la guerre et d’ailleurs toujours de très bonne façon. On peut seulement regretter que de telles études ne soient pas aussi réalisées sur d’autres belligérants de la Seconde Guerre mondiale ou d’autres conflits du XXème siècle (pourquoi pas un dossier sur l’armée américaine au Vietnam, l’Armée Rouge en Afghanistan, l’armée française en Indochine ou en Algérie ?).

Ce dossier analyse l’état de la Wehrmacht en huit points. Les deux premiers concernent le dilemme stratégique avec la question de savoir comment résister à l’Ouest et l’Est alors que les frontières du Reich sont désormais en ligne de mire des Alliés. Le troisième point revient sur le haut commandement. Mais sur les deux pages qui sont consacrées sur ce sujet où il y aurait tant à écrire et sur les conséquences opérationnelles d’une structure de commandement ineptes,  il n’y a qu’une colonne de texte d’une trentaine de lignes, autant dire rien du tout… Les autres points s’attardent plus sur l’état des forces armées, la mutation des unités d’infanterie et blindée, l’apparition d’une nébuleuse d’unités disparates, comment alimenter et former le réservoir d’hommes et de matériels avec des ressources tant humaines qu’industrielles laminées par des années de guerre et la puissance des forces alliées.

Le sujet est malheureusement trop vaste pour être correctement traité. L’exercice de synthèse était louable, mais le résultat un peu décevant…

Finalement, le salut vient du très bon article de Michel GOYA sur les Chindits et leurs opérations menées dans la profondeur de la jungle birmane qui inspireront notamment les Français quelques années plus tard lors des combats en Indochine.

Egalement intéressant, ce numéro présente la bataille de Suomussalmi lors de la Guerre d’Hiver de 1939 / 1940 entre l’URSS et la Finlande, ou comment David contraint Goliath à lâcher prise…

Les dernières pages du numéro ont un ton résolument contemporain avec l’interview d’un vétéran des commandos marine, « Marius », dont la revue publie quelques bonnes feuille de son autobiographie.

=> Sommaire détaillé

=> Ligne de Front n°48, Editions Caraktère, mars / avril 2014, 6,90 € (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

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