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Posts Tagged ‘Ardennes 1944/1945’

39/45 Magazine hors-série Historica n°93 (Heimdal, 2018)

La bataille des Ardennes, comme nombre de batailles de la Seconde Guerre mondiale, est bien connue, mais à travers quelques clichés : l’échec de la percée de la Kampfgruppe Peiper, les opérations commandos dirigées par Otto SKORZENY, la résistance américaine autour de Saint-Vith, le siège de Bastogne, la contre-attaque de la 3rd US Army de George PATTON. C’est finalement bien peu tellement la contre-attaque des Allemands et la résistance alliée recèle d’aspects méconnus et pourtant majeurs… Sans compter la seconde partie de la bataille quand les Alliées reconquièrent le terrain perdu qui est à peu près jamais traitée dans la littérature.

Philippe GUILLEMOT, déjà auteur d’une très intéressante étude sur cette bataille (cf. tome 1 et tome 2),  propose dans le cadre de ce numéro de 39/45 Magazine hors-série Historica un passionnant aperçu des combats aériens au-dessus du théâtre des opérations. Si le mauvais temps cloue au sol les avions des deux camps le 16 décembre, certains jours suivants sont cependant de très belles journées d’hiver. La Luftwaffe, au même titre que les troupes terrestres, s’est saignée pour cet ultime sursaut. Elle sera d’ailleurs bien imprudente dans ses préparatifs en négligeant la consigne de ne pas utiliser les messages codés par Enigma qui sont captés et déchiffrés par les Alliés. Ces derniers sont cependant bien trop confiants et n’arrivent pas à interpréter correctement les signes avant-coureurs de l’offensive Herbstnebel. Lire la suite…

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Batailles & Blindés n°86 (Caraktère, 2018)

7 août 2018 1 commentaire

Les livres et articles sur les as allemands de la Seconde Guerre mondiale sont innombrables : à croire que leurs adversaires, pourtant au final vainqueurs, n’en avaient pas ou si peu… L’article de Vincent BERNARD lève une part du mystère. Tout d’abord, il pose clairement pourquoi la notion d’as, surtout est très liée aux Allemands : valorisation du guerrier (pour ne pas dire du surhomme), primauté de l’exploit individuel sur la réussite collective plus anonyme, présence plus longue sur le front, supériorité technique sur des périodes longues de la guerre. Ensuite, il nous brosse une galerie de portraits où se croisent Américains, Britanniques, Canadiens, Polonais et Soviétiques. Le Français Pierre BILLOTTE y figure aussi grâce à ses exploits à Stonne et au Mont-Dieu en mai 1940. Chacun est présenté par une courte notice agrémentée d’au moins une photo et d’un profil couleurs. Certes, l’équilibre est encore loin d’être rétabli avec leurs ennemis germaniques, mais ces quelques pages sont passionnantes même si elles ne rassasient pas la curiosité qu’elles font en même temps naître.

Quatorze pages pour dix as alliés à comparer aux dix-sept pages consacrées à Johannes BÖLTER, elles-mêmes issues de Batailles & Blindés hors-série n°37. Ça gâche un peu le plaisir… La promotion commerciale n’aurait-elle pas pu occuper moins de place ? Lire la suite…

Patton, la chevauchée héroïque (Tallandier, 2016)

En complément de plusieurs ouvrages consacrés à l’armée allemande (Afrikakorps, l’armée de Rommel, Invasion ! Le Débarquement vécu par les Allemands, L’armée d’Hitler), ou au Débarquement (Les divisions du Débarquement, Les opérations aéroportées du Débarquement), sans compter un nombre conséquent d’articles parus notamment dans le magazine 2e Guerre Mondiale, Benoît RONDEAU s’attaque avec brio aussi aux généraux emblématiques de la Seconde Guerre mondiale.

En témoigne ce Patton, avant de revenir à Rommel.

L’auteur puise dans les écrits de l’intéressé et de ses contemporains pour alimenter sur une base chronologique la trame de son livre. Son recul et surtout sa connaissance de certains théâtres d’opérations (Afrique du Nord, Normandie) lui permettent d’offrir un texte équilibré qui tient compte aussi de la perception de l’adversaire. Loin des récits politiquement corrects qui tendent à orienter les lecteurs avec des yeux contemporains, Benoît RONDEAU se garde de porter un jugement sur les opinions de George PATTON, bien qu’elles soient particulièrement bien tranchées et parfois sulfureuses. Elles font néanmoins partie intégrante du personnage dont il faut aussi savoir différencier les provocations des intimes convictions. Les actes traduisent plus le sentiment profond que les paroles qui relèvent parfois du théâtre. L’exemple de PATTON est à cet égard criant.

Car le sujet de cette biographie est à l’évidence un personnage. Bien plus complexe que ses propos crus peuvent laisser transparaître. Seule certitude, son ego est gigantesque. Contrairement à certains de ses contemporains et aux « grandes » individualités (réelles ou supposées) qui font partie intégrante de l’Humanité et de tout groupe humain (hier, aujourd’hui et demain), il ne s’en cache pas et l’assume pleinement. Lire la suite…

Batailles & Blindés n°85 (Caraktère, 2018)

Passées les pages d’actualités, et revenant utilement à la Guerre civile espagnole, ce numéro de Batailles & Blindés des Editions Caraktère débute heureusement sur la bataille de Guadalajara en mars 1937 qui voit s’affronter corps expéditionnaire italiens et Brigades internationales. Au-delà des résultats strictement militaires, ce conflit est un véritable terrain d’entraînement à balles réelles pour les futurs belligérants européens du conflit qui s’annonce.

Autre article sortant un peu des sentiers battus et rebattus, celui sur la guerre entre le Pérou et l’Equateur en juillet 1941 met en oeuvre des matériels d’origine tchécoslovaque. Quelle similitude d’ailleurs entre le cliché qui illustre la première page de l’article et d’autres pris en URSS au même moment lors de l’opération Barbarossa sur lesquels des soldats abordent une localité en suivant des chars issus des chaînes de production de Skoda… Lire la suite…

39/45 Magazine n°348 (Heimdal, 2018)

Numéro d’hiver oblige, cet opus de 39/45 Magazine des Editions Heimdal propose un article fouillé sur les combats de Stavelot lors de la contre-offensive des Ardennes de décembre 1944 rédigé par l’un des meilleurs experts du sujet, Hugues WENKIN, qui complète parfaitement son ouvrage Stavelot, La Gleize, le destin des Tiger de Peiper paru aux Editions Caraktère en 2015. Cet épisode est particulièrement représentatif des errements allemands et de la ténacité américaine. Si en mai 1940, tout souriait aux forces armées du III. Reich qui se trouvaient dans une situation idéale de préparation [cf. 1940, la Wehrmacht de Fall Gelb (Economica, 2018)] face à des adversaires en retard d’une guerre, ce n’est plus du tout le cas en cette fin d’année 1944. Les velléités offensives sont handicapée par du matériel non adapté, un ravitaillement insuffisant, des troupes fatiguées ou manquant d’entraînement, une chaîne de commandement  complètement sclérosée de haut en bas de la hiérarchie militaire. En face, l’armée américaine sait faire preuve de souplesse, d’initiative et de réactivité (qualités qui font défaut aux armées alliées en 1940, notamment françaises). Dès qu’il s’élance, le Kampfgruppe Peiper qui doit percer et ouvrir la voie jusqu’à la Meuse connaît des difficultés dans sa progression. L’énergie de sa pointe s’émousse trop vite du fait des embouteillages, de la confusion et des blocages rencontrés. Des erreurs tactiques sont faites. Les erreurs de jugement sont nombreuses. Elles provoquent des pertes inutiles et surtout gâchent les opportunités laissées par l’ennemi. A la lecture de l’article, le lecteur comprend que le contre-offensive des Ardennes est vouée à l’échec dès le premier jour… Lire la suite…

Ligne de Front n°72 (Caraktère, 2018)

Les Editions Caraktère propose ici un numéro de Ligne de Front particulièrement bien ficelé qui recèle une mine d’articles sur des sujets très peu étudiés voire inédits. De quoi largement pardonner un sommaire à nouveau exclusivement dédié à la Seconde Guerre mondiale… Mais très loin d’être germano-centré !

L’étude sur le Frontovik, le soldat soviétique, judicieusement sous-titré cet inconnu, permet de découvrir l’étonnante modernité de l’Armée Rouge : gilets de protection, sniping lourd, appareils individuels de vision infrarouge, fusils d’assaut. De quoi remettre en cause la vision de rusticité qui l’entoure encore aujourd’hui. Et comme le souligne l’éditorial, l’Armée Rouge était en avance sur son adversaire germanique dans le domaine du combat d’infanterie.

L’armée américaine est également bien présente dans les pages de ce numéro au travers de l’historique de la 3rd US Army de George PATTON et des parachutistes de l’US Marine Corps. La chevauchée de PATTON à travers la France à l’été 1944 et les combats en Lorraine à l’automne sont loin d’être parfaits. La réactivité et la flexibilité de la 3rd US Army en décembre 1944 face à la contre-offensive allemande des Ardennes permettent de doucher définitivement les espoirs allemands de renverser la situation militaire à l’Ouest et surtout de repousser les unités de la 7. Armee et de la 5. Panzer-Armee sur leurs lignes de départ. Les pertes américaines sont néanmoins conséquentes. Décembre 1944 et janvier 1945  sont les mois les plus coûteux en hommes et en matériels pour la 3rd US Army. Lire la suite…

39/45 Magazine n°347 (Heimdal, 2018)

Les amateurs de la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement du conflit en Europe avec en son centre l’Allemagne, seront particulièrement comblés par ce numéro de 39/45 Magazine proposé par les Editions Heimdal qui n’oublie pas non plus le Pacifique et les Harley-Davidson des soldats américains. Bref, un sommaire riche et un contenu de grande qualité…

Il est coutume de considérer que les Alliés ont été totalement pris par surprise par l’offensive allemande dans les Ardennes le 16 décembre 1944 et que leurs services de renseignements avaient failli dans leur mission. Pourtant, grâce aux interceptions réalisées par ULTRA, ils sont capables de lire à livre ouvert dans les communications des forces armées du III. Reich. A croire que le secret aurait été particulièrement bien tenu et que les Allemands n’auraient aucunement transmis d’ordres ou de consignes via leur système de transmission codé ENIGMA que les Alliés décryptent. Or, il n’en est rien, comme le prouve l’excellent article de Hugues WENKIN concernant l’échec du renseignement allié qui rétablit quelques vérités. Tout d’abord, si les Allemands ont tout particulièrement soigné le secret de leurs préparatifs, ils ont bien utilisé leurs habituels systèmes de transmissions. Mais des raisons techniques expliquent que tous les messages n’ont pas été captés. La somme des interceptions est également telle qu’il est difficile de trier entre l’important et le bruit de fond – un problème qui existe toujours dans le domaine des interceptions électroniques qui font l’objet de tris automatiques avant d’être examinés par des cerveaux humains. Ensuite, les interprétations des élément captés sont défaillantes. Par ailleurs, toutes les sources habituelles de renseignement sont aveugles, même les plus rudimentaires (interrogatoires des prisonniers, reconnaissances aériennes). En cette fin d’année 1944, l’échec allié de voir clair dans le jeu adverse et l’exploit allemand de reconstituer une force de manœuvre en toute confidentialité sont les deux faces d’un même acte qui se conclura par un réveil douloureux au petit matin du 16 décembre. Lire la suite…