Sturmgeschütz-Abteilungen / Panzer-Divisionen : concurrence ou complémentarité ? (Batailles & Blindés n°65, Editions Caraktère, février/mars 2015)

revue_bataillesetblindes_065

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les armées du III. Reich révolutionnent incontestablement l’utilisation de l’arme blindée. Tout d’abord en repensant le concept d’emploi des chars et leur interaction avec les autres armes, notamment l’aviation, puis en développant la notion de char de bataille (« Main Battle Tank ») qui préfigure les futures générations de tanks. Présents en petit nombre lors des opérations de mai et juin 1940, le canon d’assaut (« Sturmgeschütz ») voit son emploi de plus en plus élargi au point de devenir une partie intégrante des Panzer-Divisionen à la fin du conflit. De concurrent, le Sturmgeschütz s’est hissé au rang de meilleur allié du Panzer.

En fait, les deux engins sont complémentaires et en fonction de la situation et des terrains, l’un ou l’autre est plus approprié. En milieu urbain ou des compartiments de combat très cloisonnés comme le bocage normand ou les routes étroites et enlacées des Ardennes enneigées, le Sturmgeschütz est plus à son aise. Dans les grandes plaines, les steppes ou le désert, le Panzer est davantage dans son élément surtout s’il possède une excellent puissance de feu et une allonge de tir avantageuse, qui plus est servie par une optique dernier cri.

Le débat n’est pas d’opposer l’un à l’autre mais de comprendre que la victoire, ou a contrario la défaite, dépend certes de la qualité intrinsèque des engins employés, mais surtout de l’environnement dans lequel ils évoluent. L’économie de moyens n’est pas seulement de libérer un maximum de forces au « Schwerpunkt », mais aussi de dégager les « bonnes » forces.

En poussant le raisonnement un peu plus loin, la Wehrmacht aurait été mieux inspirée de déployer davantage d’unités de Sturmgeschütz en Normandie en 1944 pour libérer ses précieuses Panzer-Divisionen à l’Est ou les garder en réserve pour les utiliser dans de meilleures conditions géographiques.

L’article paru dans le magazine Batailles & Blindés n°65 (février/mars 2015) des Editions Caraktère invite le lecteur à mieux connaître ces blindés qui semblent être en apparence des Panzer atrophiés mais dont les Allemands eux-mêmes n’ont pas su tirer pleinement les avantages d’une telle idée, pourtant géniale, et d’un concept d’emploi transformé par les combats, les impératifs économiques et industriels qui en firent un Panzer comme un autre et non plus une seule arme de soutien de l’infanterie…


www.3945km.comDes origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

 

 

Publicités

Trucks & Tanks Magazine n°44 (Editions Caraktère, juillet / août 2014)

revue_tnt_044**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Malgré un sommaire faisant la part belle à l’un des best-sellers des publications dédiées à la Seconde Guerre mondiale (les chars lourds du III. Reich), ce numéro de Trucks & Tanks Magazine des Editions Caraktère poursuit une mue progressive en proposant des sujets de plus en plus contemporains ou postérieurs à 1945.

C’est ainsi que le comparatif qui oppose deux blindés adverses met aux prises cette fois-ci deux chars de la guerre Iran-Irak des années 80, un article présente deux chars aéroportés soviétiques, un autre relate l’histoire des SEAL américains et que le futur est déjà là avec les projets de robots blindés américains.

La Seconde Guerre mondiale est cependant toujours bien présente, et le camp « germanique » aussi. Le gros dossier présente tous les projets de chars lourds de la Panzerwaffe avec une très intéressante frise chronologique des projets et des chars fabriqués en série année par année.

Forcée de procéder à des expédients pour compenser ses carences de matériels, la Wehrmacht est passée maître dans la réutilisation du matériel pris à l’ennemi. Si l’usage des matériels capturés à l’Ouest en 1940 et en URSS est assez connu, les Allemands ont aussi su retourner contre les précédents propriétaires des engins d’origine anglaise ou américaine.

Face à la domination aérienne alliée, les troupes allemandes mettent également en œuvre tout un arsenal de défense antiaérienne. Une étude particulièrement précise présente les SdKfz 7/1 et 7/2 sur lesquels sont montés des canons de Flak.

Particulièrement original, un article présente le projet d’un petit char lourd de reconnaissance allemand sur châssis inspiré du T-34 et affichant des lignes similaires au PzKpfw V Panther.

Ce numéro de TnT ne sacrifie pas à la mode du 70ème anniversaire du Débarquement en Normandie, mais présente cependant la ligne des LVT (Landing Vehicles Tracked) américains utilisés lors des opérations de débarquement dans le Pacifique.

En conclusion, il s’agit d’un numéro équilibré entre thèmes classiques et originaux. La mise en page et l’iconographie est toujours de très bonne qualité.

=> Sommaire détaillé


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

2e Guerre Mondiale n°54 (Mars & Clio Editions, juin / juillet 2014)

revue_2gm_054**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Avec ce numéro, 2e Guerre Mondiale ouvre une nouvelle page de sa vie éditoriale puisque l’édition de la revue est reprise par Nicolas PONTIC son rédacteur en chef suite aux difficultés économique des Editions Astrolabe. Pour l’occasion, une nouvelle maison d’éditions a été mise sur pied : Mars & Clio Editions Il n’y a pas encore de changement dans le format et le contenu. Le lecteur non averti ne se rendra pas compte de ce changement avec ce numéro. En tout cas, bon courage à l’équipe et surtout tous nos vœux de succès éditorial et économique malgré une offre pléthorique de titres où le meilleur côtoie le pire, un noyau de lecteurs en baisse (espérons que les commémorations du 70ème anniversaire du Débarquement en Normandie apporteront de nouveaux passionnés) et des budgets loisirs / culture directement impactés par la lancinante morosité économique et le matraquage fiscal.

La plus grande partie du numéro est consacrée à une analyse de la situation stratégique du III. Reich de 1939 et 1945 et comment son outil militaire se transforme.

Ce qui marque le plus, c’est que la dimension mondiale n’est véritablement valable que pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Pour les autres belligérants (Italie, Japon, URSS), la guerre est essentiellement « régionale » au sens anglo-saxon du terme. Le champ de bataille du III. Reich c’est l’Europe (ou l’Asie et la Pacifique pour le pays du Soleil Levant) malgré quelques escapades en Afrique du Nord et sur les océans.

Le morceau de trop va être l’URSS envahie en juin 1941. L’échec de l’opération Barbarossa aux portes de Leningrad, Moscou et Rostov-sur-le-Don signe la fin de l’espoir d’une guerre relativement courte et victorieuse. Stalingrad annonce la défaite et modifie radicalement la situation stratégique. Le Reich ne combat plus pour vaincre mais pour ne pas perdre.

L’implication des Etats-Unis rend possible le retour de la Grande-Bretagne sur le continent européens. La défaite de l’Axe en Afrique du Nord et les débarquements en Sicile et en Italie ne sont rendus possible que grâce au support de l’Amérique.

A partir du Débarquement en Normandie et suite aux défaites majeures sur le Front de l’Est à l’été 1944, le III. Reich n’a plus d’espoir de résister et d’accrocher un match nul. La défaite devient inéluctable et les derniers sursauts de résistance, aussi étonnants qu’imprévus, ne sont que des illusions. De toute façon, la course à l’atome remportée par les Etats-Unis aurait signé le glas du Reich qui n’a pas compris le changement des équilibres stratégiques et militaires qu’entrainait l’arme atomique.

L’intérêt de ce dossier stratégique est de mettre en parallèle des perspectives pas uniquement germano-centrées et de proposer de nombreux tableaux comparatifs (effectifs mobilisés, divisions disponibles, production, etc.).

Particulièrement original, l’article sur les combats aériens au-dessus du Kouban au cours du premier semestre 1943 nous fait découvrir une facette assez peu connu du front germano-soviétique et permet d’analyser également la métamorphose des forces aériennes de l’URSS qui ont parcouru bien du chemin depuis leur quasi-disparition des cieux en juin 1941.

L’anniversaire du Débarquement en Normandie est l’occasion d’une étude assez succincte sur les chars américains dans les premières vagues d’assaut. Le contraste est saisissant entre la facilité d’Utah Beach et le naufrage à Omaha Beach.

Enfin, la dernière étude se penche sur la libération de la Corse en 1943, épisode assez peu connu mais dans lequel s’esquissent les enjeux franco-français de l’été 1944 entre résistants, armée française libre, gaullistes et velléités américaines de s’immiscer dans la politique nationale…

=> Sommaire détaillé


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

Batailles & Blindés n°60 (Editions Caraktère, avril / mai 2014)

**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

revue_bataillesetblindes_060Contrairement à ce que pourrait laisser penser la couverture de ce numéro qui racole un peu sur le thème de la 5. SS-Panzer-Division « Wiking », le meilleur est ailleurs et surtout presque partout.

Cela commence par un blindorama court de deux pages mais très original puisqu’il traite de la Mongolie qui fut le premier état satellite de l’URSS dès 1921. Autant dire que les matériels sont soviétiques…

Très original, l’article sur les Panhard AML H-90 argentins lors du conflit des Malouines en 1982 permet de se plonger dans ce conflit si particulier où les matériels d’origine française furent largement utilisés.

Vient ensuite l’article le plus long. Il traite de l’engagement de la Sturmgeschütz-Abteilung 201 dans les combats de la boucle du Don au cours de l’hiver 1942 / 1943 où cette unité d’abord rattachée à la 27. Panzer-Division intervient en support des troupes italiennes. C’est un aspect peu connu des combats de cette période qui font suite à l’encerclement de Stalingrad et qui sont tout aussi terribles.

L’article de Benoît RONDEAU sur les occasions manquées de l’Afrika-Korps est également de très bonne qualité et analyse les différents moments où le corps expéditionnaire allemand aurait pu prendre l’ascendant sur les Alliés en Afrique du Nord.

A l’occasion de l’étude sur la 3rd US Armored Division de la Normandie à la Belgique, les lecteurs pourront mesurer l’ampleur des avancées réalisées par les troupes alliées en août et septembre 1944 et  aussi découvrir les combats de la poche de Mons, épisode assez peu connu de la retraite de la Wehrmacht vers les frontières du Reich.

L’article sur la « Wiking » à Kovel en mars et avril 1944 montre à quel point l’Ostheer possède encore du mordant à l’Est malgré les défaites et l’usure. La victoire de l’Armée Rouge n’est pas encore tout à fait pour demain et il faudra concéder de gros sacrifices pour venir à bout de l’envahisseur de 1941.

Enfin, et c’est tant mieux, Batailles & Blindés propose d’étudier à fond la 2ème Division Blindée japonaise et les combats menés aux Philippines en 1945. Le clou est un organigramme type véhicule par véhicule.

 C’est donc globalement un excellent numéro, qui traite de sujets originaux et revisite quelques classiques. L’iconographie est assez classique et puise dans les archives officielles. Les profils couleurs et les cartes sont toujours clairs et appropriés.


=> Sommaire détaillé

=> Batailles & Blindés n°60, Editions Caraktère, avril / mai 2014, 6,90€ (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, profils couleurs, plans


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

Militaria hors-série n°90 (Editions Histoire & Collections, avril / mai / juin 2014)

revue_militaria_hs_090**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Le 70ème anniversaire du Débarquement en Normandie apporte son lot de nouvelles publications, livres ou revues. Nul doute que le meilleur côtoiera le pire.

C’est avec un peu d’appréhension que j’ai ouvert ce numéro hors-série en me disant, « quoi de neuf ? ».

Rapidement, la qualité de l’exercice est apparue. Tout d’abord, sur le fond, Yves BUFFETAUT apporte une synthèse de l’histoire du Mur de l’Atlantique et sa genèse après le renoncement des projets d’invasion de la Grande-Bretagne à l’arrivée de ROMMEL les mois qui précèdent le Débarquement en passant par une description de l’Organisation Todt qui reste indissociable du Mur même si ce ne fut pas là sa seule activité.

Sur la forme, la mise en page est soignée, les photos issues des archives officielles sont très belles même si globalement très connues.

Ce qui rend ce numéro véritablement excellent, ce sont la qualité et l’originalité des dessins et profils couleurs de Jean RESTAYN. Le numéro s’ouvre sur un dessin sur deux pages du canon « Leopold » sur voie ferrée qui sort de son tunnel de protection. Au-delà des profils relativement classiques de canons et de tracteurs blindés, le dessinateur nous propose également des profils de canons de 15 cm sous tourelle tels qu’ils ont été installés à Longues-sur-Mer ou à Vasouy. L’artillerie lourde sur voie ferrée n’est pas en reste avec ses canons de 21 et 24 cm.

Un article dédié aux mines allemandes du Mur de l’Atlantique est également présent. Il aborde la façon dont elles sont utilisées et les contraintes liées à leur usure compte tenu de l’environnement dans lequel elles sont posées (mer, sable).

Enfin, la partie reportage se concentre sur les trois batteries opérées par la Kriegsmarine dans la zone du Débarquement (Crisbecq, Longues-sur-Mer et Vasouy) avec de belles photos couleurs actuelles. Seul regret, des cartes et des plans en coupe des ouvrages de ces ouvrages auraient été bienvenus !

En conclusion, un numéro à recommander les yeux fermés !


 

=> Sommaire détaillé

=> Militaria Magazine hors-série n°90, Editions Histoire & Collections, avril / mai / juin 2014, 11,50 € (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, profils couleurs


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

 

39/45 Magazine n°321 (Editions Heimdal, avril 2014)

revue_3945magazine_321**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Ce numéro de 39/45 Magazine revient sur un épisode connu du Front de l’Est, le sauvetage du sud du Front de l’Est après Stalingrad grâce au contre conçu par MANSTEIN autour de Kharkov en février / mars 1943. La première partie de cette étude revient sur la situation des deux belligérants après l’encerclement de la VI. Armee et les options qui s’ouvrent aux deux camps. C’est donc l’occasion de revenir sur la retraite menée avec brio des forces allemandes et sur les ambitions démesurées soviétiques qui surestiment leur potentiel et surtout l’effondrement de la Wehrmacht.

Sont également offerts aux lecteurs deux portraits de combattants français qui continuent la lutte après la défaite du printemps 1940. L’un se retrouve sur le « Georges Leygues » et participe ainsi aux débarquements de Normandie et de Provence. L’autre portrait s’attarde sur l’un des héros de l’escadrille Normandie-Niemen qui combat aux côtés des forces aériennes soviétiques (VVS).

Original, la seconde partie du dossier sur l’OSS en Birmanie apporte fait découvrir un théâtre d’opération peu connu de la Seconde Guerre mondiale et l’intérêt de ces opérations un peu particulières dans cette région particulière.

La rubrique archéologique quitte encore une fois la terre pour sonder les fonds sous-marins et s’attarder sur un sous-marin italien coulé dans l’estuaire de la Gironde par un submersible britannique en décembre 1940.

Quelques très beaux profils couleurs accompagnent l’iconographie. Les cartes sont par contre de pauvre qualité. De nombreuses reproductions couleurs d’objets d’époque accompagnent également les photos.

=> Sommaire détaillé

=> 39/45 Magazine n°321, Editions Heimdal, mars 2014, 6,90 € (prix à parution, France métropolitaine), 66pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, cartes, profils couleurs, reproductions couleurs d’objets d’époque.

www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

2e Guerre Mondiale n°53 (Editions Astrolabe, mars / avril 2014)

revue_2gm_053**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

La couverture de ce numéro peut alimenter tous les fantasmes de certains et toute la haine des autres. Le principal dossier du numéro est consacré l’ésotérisme et à l’occultisme nazi. La première question qui peut se poser est : quoi de neuf ? En fait, sur le fond pas grand-chose. Les articles reviennent sur la société de Thulé, Heinrich HIMMLER, le château du Wewelsburg et les codes de la SS. Mais au-delà de cette synthèse bien faite, l’intérêt de ce dossier réside surtout sur le mythe et sa déclinaison dans les milieux néonazis ou d’extrême-droite ainsi que l’exploitation que le cinéma en a faite avec notamment Indiana Jones. En bref, passionnant et questionnant sur les propres interprétations qui peuvent être faites de l’Histoire.

Justement, les deux articles de la rubrique « comprendre l’Histoire » analysent d’un côté la pratique de la reconstitution (certains diront de l’histoire vivante) et ses questions morales, et de l’autre côté l’image des soldats de la Seconde Guerre mondiale dans l’esprit du grand public où les clichés jouent un rôle prépondérants, souvent entretenus par le cinéma et certains ouvrages loin d’être exemplaire d’un point de vue rigueur historique et scientifique.

Trois articles plus centrés sur les aspects militaires du conflit sont également présents et méritent tous une grande attention. Le premier est une très bonne synthèse des généraux limogés. Si les exemples allemands viennent le plus facilement à l’esprit, et sont les plus nombreux, des généraux américains et britanniques furent aussi l’objet de limogeage. L’article ne propose pas une succession de portraits, mais au contraire chercher à faire une synthèse des motivations (défaite, désobéissance, santés, difficultés relationnelles…) et des conséquences. Comme le rappelle son auteur, l’article est vraiment une construction originale qui n’est pas la transcription de tel ou tel ouvrage.

L’autre synthèse particulièrement bien réussie est celle qui analyse la réaction allemande face au Débarquement allié en 1944, non pas sous un angle purement militaire, mais sous celui des conséquences sur la répression qui s’instaure, notamment face à la multiplication des actes de résistance et de sabotage. Après quelques exemples, l’auteur essaye de comprendre l’origine de cette brutalité (idéologie nazie, expérience du Front de l’Est, lutte contre les partisans, priorité aux impératifs militaires).

Enfin, un article revient sur les combats dans la région d’Orel à l’automne 1941 lors de la course final vers Moscou. Les blindés allemands se font durement étrillés par les chars soviétiques à Mtsenk, bataille peu connue, mais qui est un épisode de plus qui va progressivement stopper, user et laminer les forces combattantes de la Wehrmacht à l’Est. Deux superbes profils couleurs de chars allemands aux couleurs pré-hivernales sur des pleines pages A4 accompagnent l’article.

=> Sommaire détaillé

=> 2e Guerre Mondiale n°53, Editions Astrolabe, mars / avril 2014, 6,95 € (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, cartes, profils couleurs

www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

Ligne de Front n°48 (Editions Caraktère, mars / avril 2014)

revue_ldf_048**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Comme le souligne l’éditorial, certains diront « encore ! » en voyant l’épais dossier consacré à la Wehrmacht en 1945. C’est vrai que les Editions Caraktère ont par le passé publié plusieurs études sur les forces du III. Reich à la fin de la guerre et d’ailleurs toujours de très bonne façon. On peut seulement regretter que de telles études ne soient pas aussi réalisées sur d’autres belligérants de la Seconde Guerre mondiale ou d’autres conflits du XXème siècle (pourquoi pas un dossier sur l’armée américaine au Vietnam, l’Armée Rouge en Afghanistan, l’armée française en Indochine ou en Algérie ?).

Ce dossier analyse l’état de la Wehrmacht en huit points. Les deux premiers concernent le dilemme stratégique avec la question de savoir comment résister à l’Ouest et l’Est alors que les frontières du Reich sont désormais en ligne de mire des Alliés. Le troisième point revient sur le haut commandement. Mais sur les deux pages qui sont consacrées sur ce sujet où il y aurait tant à écrire et sur les conséquences opérationnelles d’une structure de commandement ineptes,  il n’y a qu’une colonne de texte d’une trentaine de lignes, autant dire rien du tout… Les autres points s’attardent plus sur l’état des forces armées, la mutation des unités d’infanterie et blindée, l’apparition d’une nébuleuse d’unités disparates, comment alimenter et former le réservoir d’hommes et de matériels avec des ressources tant humaines qu’industrielles laminées par des années de guerre et la puissance des forces alliées.

Le sujet est malheureusement trop vaste pour être correctement traité. L’exercice de synthèse était louable, mais le résultat un peu décevant…

Finalement, le salut vient du très bon article de Michel GOYA sur les Chindits et leurs opérations menées dans la profondeur de la jungle birmane qui inspireront notamment les Français quelques années plus tard lors des combats en Indochine.

Egalement intéressant, ce numéro présente la bataille de Suomussalmi lors de la Guerre d’Hiver de 1939 / 1940 entre l’URSS et la Finlande, ou comment David contraint Goliath à lâcher prise…

Les dernières pages du numéro ont un ton résolument contemporain avec l’interview d’un vétéran des commandos marine, « Marius », dont la revue publie quelques bonnes feuille de son autobiographie.

=> Sommaire détaillé

=> Ligne de Front n°48, Editions Caraktère, mars / avril 2014, 6,90 € (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, cartes, profils couleurs

=> Rechercher un exemplaire à acheter sur eBay

www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

Batailles & Blindés n°59 (Editions Caraktère, février / mars 2014)

revue_bataillesetblindes_059**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Les sujets classiques et souvent resservis par la littérature spécialisée peuvent encore donner du bon, voire du très bon ! C’est le cas ici dans ce numéro de Batailles & Blindés, dont les lecteurs sont habitués à la qualité des travaux.

Deux sujets ont en effet déjà fait couler beaucoup d’encre : les chars français en 1940 et les conditions de la mort de l’as des as des Panzer du III. Reich, Michael WITTMANN.

Le premier replace l’évolution de l’arme blindée française depuis la fin de la Première Guerre mondiale et explique les choix qui ont été faits et pourquoi ils se sont avérés malheureux en mai et juin 1940 malgré des équipages de qualité, des matériels neufs et de bonne qualité. L’accent est mis à juste titre sur le manque de combinaison des différents facteurs et sur le facteur « humain » qui a obéré les capacités organisationnelles de l’ensemble. Autre enseignement très bien expliqué : un armement seul n’est rien.  Bref, cet article, loin d’être une redite, est une parfaite synthèse du drame français de 1940 et une leçon de management des organisations.

Le second sujet concerne la fin de Michael WITTMANN à bord d’un PzKpfw VI Ausf. E « Tiger » de la schwere SS-Panzer-Abteilung 101 près de Cintheaux en Normandie le 8 août 1944. Après avoir rappelé les légendes qui se sont accumulées et auto-nourries au fil des décennies, l’article revient sur les hypothèses les plus probables et examine chaque détail et chaque témoignage pour essayer de faire sortir les éléments qui paraissent intangibles. Au final, il apparait que l’attaque allemande a été faite en dépit du bon sens, faute de temps de préparation, par fatigue physique et morale, par sentiment de supériorité. C’est un véritable guêpier qui attend les chars lourds allemands, un véritable succès tactique anglo-canadien. L’article est particulièrement bien construit, illustré brillement (carte pleine page en format A4, scénographie des dernière secondes du « Tiger » de WITTMANN).

D’un point de vue opérations, ce numéro revient sur les combats assez peu connus de la Leibstandarte SS le long de la Mer d’Azov à l’automne 1941 où les limites de l’opération « Barbarossa » sont déjà évidentes, sur le dernier coup de poker en Tunisie avec l’opération « Ochsenkopf » qui malgré un conglomérat d’unités d’élite et de chefs expérimentés et brillants sera un échec, sur la charge digne des heures de gloire de la cavalerie américaine de la Task-Force « Butler » des plages de Provence à Gap en août 1944.

Le blindorama est consacré à la Nouvelle-Zélande dont les unités blindées méritent d’être davantage connues.

En résumé, un numéro qui fera date compte tenu de la qualité de ses deux dossiers principaux qui n’enlèvent rien à la qualité des autres articles tous d’excellente facture.

=> Sommaire détaillé

=> Batailles & Blindés n°59, Editions Caraktère, février / mars 2014, 6,90 € (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, cartes, profils couleurs, reproductions couleurs d’objets d’époque

www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

Trucks & Tanks n°42 (Editions Caraktère, mars / avril 2014)

revue_tnt_042**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

L’évolution de l’arme blindée au XXème siècle est la clef de voûte de ce numéro.

Tout d’abord, un article revient sur les premiers pas de l’artillerie d’assaut française lors des deux dernières années de la Première Guerre mondiale. Ensuite, le dossier principal décrit la genèse du concept de char de bataille principal (Main Battle Tank) qui puise directement ses racines dans la révolution du concept de char de combat qui s’est opérée avec la Seconde Guerre mondiale. Le cheminement des principaux belligérants (France, Grande-Bretagne, URSS, Etats-Unis, Allemagne) fut différent, mais la conclusion à laquelle ils arrivent peu à peu est finalement assez similaire. Cette étude est l’occasion de comprendre et de visualiser l’ampleur de l’évolution entre quelques années de conflit. Pour chacun des pays cités, une double page montrer année après année l’apparition des modèles principaux. C’est très visuel et très didactique. Ce dossier démontre que dans les période de Révolution dans les Affaires Militaires « RMA », il y a néanmoins une continuité et que les changements ne peuvent être compris que quand ils sont mis bout à bout.

Plus classiques, mais toujours de très bonne facture, les articles concernant le Škoda Radschlepper Ost et le « Hummel », qui couvre également son petit frère « Wespe», procurent de bonnes synthèses techniques. L’exotisme revient à l’article sur le premier char développé et construit en Amérique du Sud avec le Nahuel DL 43 argentin.

L’habituel comparatif oppose le Sturmpanzer IV et le SU-122.

=> Sommaire détaillé

=> Trucks & Tanks n°42, Editions Caraktère, mars / avril 2014, 6,90 € (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, cartes, profils couleurs, reproductions couleurs d’objets d’époque.

www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !