Luftwaffe 1939/1945 : une conception pas si mauvaise que cela… (2e Guerre mondiale n°58, Mars & Clio Editions, février/mars 2015)

revue_2gm_058Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, est tout d’abord considérée comme l’un des facteurs clefs des victoires de la première partie du conflit en Europe (Pologne en 1939, Ouest en 1940, Balkans en 1941, Opération « Barbarossa » à l’été 1941) avant d’être identifiée comme étant le maillon faible du III. Reich face à la montée en puissance des aviations alliées et aux bombardements stratégiques sur l’Europe occupée. De là à dire que la Luftwaffe a été mal conçue et a souffert dès le début de vices cachés, il n’y a qu’un pas…

Pourtant, en de nombreux points, la Luftwaffe est en avance : doctrine, art opératif, coopération avec les forces terrestres, bombardement stratégique, supériorité aérienne, organisation du soutien logistique à terre pour mettre en œuvre des terrains d’aviation les plus proches des zones d’opérations…

En fait, la Luftwaffe rencontre les mêmes difficultés que la Panzerwaffe et plus encore la Kriegsmarine. Si le Traité de Versailles n’empêche pas le développement d’une pensée militaire extrêmement aiguisée et en avance sur son temps, il neutralise pendant plus d’une décennie la production et la mise en œuvre d’équipements modernes. A cela s’ajoute la neutralisation de tous les armements lourds.

Quand la Wehrmacht se réarme au grand jour à partir de 1933, tout est à reconstruire, même si les bases sont saines. La mise sur pied d’une armée moderne, nombreuse et bien équipée s’effectué en quelques années seulement à marche forcée. Quand s’ouvre la Seconde Guerre mondiale, le III. Reich n’est de toute façon pas prêt militairement à soutenir un conflit de cette ampleur, même si les deux premières années font illusion. Très vite, des contraintes apparaissent. Les premières générations de matériels souffrent de nombreux défauts et sont en nombre trop restreint. Pourtant, les bases sont saines et les générations de matériels qui éclosent au cours du conflit puisent leurs racines dans les études menées dans les années 30 complétées des retours d’expérience des différents fronts.

L’industrie du Reich est cependant incapable à la fois de fournir des modèles en nombre suffisant pour équiper les forces levées, remplacer les pertes au combat et lancer des modèles plus performants.

Le dossier proposé par 2e Guerre mondiale n°58 de Mars & Clio Editions permet de revisiter la montée en puissance de la Luftwaffe et de constater la cohérence des concepts et de leur aspect novateur, même si les moyens et le temps ont manqué. Il met aussi en lumière la grande continuité dans laquelle s’inscrit la Luftwaffe depuis les premiers pas de l’aviation militaire.


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Sturmgeschütz-Abteilungen / Panzer-Divisionen : concurrence ou complémentarité ? (Batailles & Blindés n°65, Editions Caraktère, février/mars 2015)

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Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les armées du III. Reich révolutionnent incontestablement l’utilisation de l’arme blindée. Tout d’abord en repensant le concept d’emploi des chars et leur interaction avec les autres armes, notamment l’aviation, puis en développant la notion de char de bataille (« Main Battle Tank ») qui préfigure les futures générations de tanks. Présents en petit nombre lors des opérations de mai et juin 1940, le canon d’assaut (« Sturmgeschütz ») voit son emploi de plus en plus élargi au point de devenir une partie intégrante des Panzer-Divisionen à la fin du conflit. De concurrent, le Sturmgeschütz s’est hissé au rang de meilleur allié du Panzer.

En fait, les deux engins sont complémentaires et en fonction de la situation et des terrains, l’un ou l’autre est plus approprié. En milieu urbain ou des compartiments de combat très cloisonnés comme le bocage normand ou les routes étroites et enlacées des Ardennes enneigées, le Sturmgeschütz est plus à son aise. Dans les grandes plaines, les steppes ou le désert, le Panzer est davantage dans son élément surtout s’il possède une excellent puissance de feu et une allonge de tir avantageuse, qui plus est servie par une optique dernier cri.

Le débat n’est pas d’opposer l’un à l’autre mais de comprendre que la victoire, ou a contrario la défaite, dépend certes de la qualité intrinsèque des engins employés, mais surtout de l’environnement dans lequel ils évoluent. L’économie de moyens n’est pas seulement de libérer un maximum de forces au « Schwerpunkt », mais aussi de dégager les « bonnes » forces.

En poussant le raisonnement un peu plus loin, la Wehrmacht aurait été mieux inspirée de déployer davantage d’unités de Sturmgeschütz en Normandie en 1944 pour libérer ses précieuses Panzer-Divisionen à l’Est ou les garder en réserve pour les utiliser dans de meilleures conditions géographiques.

L’article paru dans le magazine Batailles & Blindés n°65 (février/mars 2015) des Editions Caraktère invite le lecteur à mieux connaître ces blindés qui semblent être en apparence des Panzer atrophiés mais dont les Allemands eux-mêmes n’ont pas su tirer pleinement les avantages d’une telle idée, pourtant géniale, et d’un concept d’emploi transformé par les combats, les impératifs économiques et industriels qui en firent un Panzer comme un autre et non plus une seule arme de soutien de l’infanterie…


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Luchno, septembre 1941 : l’Armée Rouge use la « Totenkopf » (Ligne de Front n°53, Editions Caraktère, janvier/février 2015)

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Les progrès de la recherche historique avec l’analyse approfondie des archives allemandes et l’ouverture partielle de celles de l’ex-URSS permettent de renouveler la vision des premiers mois du conflit germano-soviétique. Loin de la vision idéalisée des témoignages allemands ou des récits de Paul CARELL, l’opération « Barbarossa » se trouve assez vite perturbée malgré des succès pour le moins immenses mais non décisifs. Les unités s’usent, les hommes et les matériels subissent une attrition permanente. Aux bonds succèdent des périodes d’affrontements terribles et réciproquement. Le problème est que chaque avance est de plus en plus difficile, coûteuse et réduite.

Grâce aux récentes études de David GLANTZ, la bataille de Smolensk apparait sous un jour nouveau et comme un tournant majeur du conflit. Ce n’est pas le seul, même si d’autres points d’arrêt n’ont pas un impact stratégique aussi important.

C’est le cas par exemple des combats pour Luchno fin septembre 1941. La SS-Division « Totenkopf » s’use, même si elle s’accroche au terrain  face aux attaques soviétiques. Ces dernières manquent de coordination, d’efficacité et se soldent par des pertes effroyables. Mais le réservoir humain qu’est alors l’URSS permet de renouveler en permanence les unités. En face, les unités de l’Axe souffrent et même si elles tiennent encore leurs adversaires en respect, leurs capacités offensives sont durement émoussées sans véritablement de perspective d’amélioration.

L’article que Didier LAUGIER consacre à cette bataille dans Ligne de Front n°53 (janvier/février 2015) des Editions Caraktère offre une plongée tactique dans le quotidien de la « Totenkopf » du 19 au 25 septembre 1941. La vision reste malheureusement exclusivement germano-centrée, mais n’apporte pas moins un éclairage sur la vision de ces journées au niveau divisionnaire.


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Opération « Orient » : grandeur et démesure des plans intercontinentaux du III. Reich (Ligne de Front n°53, Editions Caraktère, janvier/février 2015)

revue_ldf_053Ligne de Front n°53 (janvier/février 2015) des Editions Caraktère propose un article pour le moins surprenant sur les plans grandioses du III. Reich en 1942 qui visent à tendre la main aux Japonais via l’Inde par une poussée à partir de l’Egypte et du Caucase… Certes, diriger c’est anticiper, mais dans le cas présent, nul doute que les yeux étaient bien trop grands que le ventre. L’hiver 1941/1942 est déjà un terrible avertissement pour la Wehrmacht et clos un embourbement progressif dans l’immensité soviétique depuis le déclenchement de l’opération « Barbarossa » le 22 juin 1941. En Afrique du Nord, malgré des coups d’éclat, les forces germano-italiennes sont bien trop faibles. Malte résiste toujours, épine britannique plantée au centre de l’axe logistique de l’Axe de part et d’autre de la Méditerranée pour ravitailler son corps expéditionnaire aventuré en Afrique.

L’intérêt de l’article est de mettre en perspective ces projets stratégiques grandioses et des unités plutôt exotiques dont l’existence ne peut pas se concevoir sans appréhender cette dimension géostratégique. Il en est ainsi des Sonderverband 287, Sonderverband 288, Indische Legion et Legion Freies Arabien qui bénéficient d’ailleurs de brefs historiques.

La description de cette opération « Orient » n’en reflète pas moins la difficulté de concilier des objectifs, une planification stratégique tant humaine, politique, culturelle et matérielle avec des intérêts contradictoires des participants.


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Trucks & Tanks Magazine n°44 (Editions Caraktère, juillet / août 2014)

revue_tnt_044**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Malgré un sommaire faisant la part belle à l’un des best-sellers des publications dédiées à la Seconde Guerre mondiale (les chars lourds du III. Reich), ce numéro de Trucks & Tanks Magazine des Editions Caraktère poursuit une mue progressive en proposant des sujets de plus en plus contemporains ou postérieurs à 1945.

C’est ainsi que le comparatif qui oppose deux blindés adverses met aux prises cette fois-ci deux chars de la guerre Iran-Irak des années 80, un article présente deux chars aéroportés soviétiques, un autre relate l’histoire des SEAL américains et que le futur est déjà là avec les projets de robots blindés américains.

La Seconde Guerre mondiale est cependant toujours bien présente, et le camp « germanique » aussi. Le gros dossier présente tous les projets de chars lourds de la Panzerwaffe avec une très intéressante frise chronologique des projets et des chars fabriqués en série année par année.

Forcée de procéder à des expédients pour compenser ses carences de matériels, la Wehrmacht est passée maître dans la réutilisation du matériel pris à l’ennemi. Si l’usage des matériels capturés à l’Ouest en 1940 et en URSS est assez connu, les Allemands ont aussi su retourner contre les précédents propriétaires des engins d’origine anglaise ou américaine.

Face à la domination aérienne alliée, les troupes allemandes mettent également en œuvre tout un arsenal de défense antiaérienne. Une étude particulièrement précise présente les SdKfz 7/1 et 7/2 sur lesquels sont montés des canons de Flak.

Particulièrement original, un article présente le projet d’un petit char lourd de reconnaissance allemand sur châssis inspiré du T-34 et affichant des lignes similaires au PzKpfw V Panther.

Ce numéro de TnT ne sacrifie pas à la mode du 70ème anniversaire du Débarquement en Normandie, mais présente cependant la ligne des LVT (Landing Vehicles Tracked) américains utilisés lors des opérations de débarquement dans le Pacifique.

En conclusion, il s’agit d’un numéro équilibré entre thèmes classiques et originaux. La mise en page et l’iconographie est toujours de très bonne qualité.

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2e Guerre Mondiale n°54 (Mars & Clio Editions, juin / juillet 2014)

revue_2gm_054**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Avec ce numéro, 2e Guerre Mondiale ouvre une nouvelle page de sa vie éditoriale puisque l’édition de la revue est reprise par Nicolas PONTIC son rédacteur en chef suite aux difficultés économique des Editions Astrolabe. Pour l’occasion, une nouvelle maison d’éditions a été mise sur pied : Mars & Clio Editions Il n’y a pas encore de changement dans le format et le contenu. Le lecteur non averti ne se rendra pas compte de ce changement avec ce numéro. En tout cas, bon courage à l’équipe et surtout tous nos vœux de succès éditorial et économique malgré une offre pléthorique de titres où le meilleur côtoie le pire, un noyau de lecteurs en baisse (espérons que les commémorations du 70ème anniversaire du Débarquement en Normandie apporteront de nouveaux passionnés) et des budgets loisirs / culture directement impactés par la lancinante morosité économique et le matraquage fiscal.

La plus grande partie du numéro est consacrée à une analyse de la situation stratégique du III. Reich de 1939 et 1945 et comment son outil militaire se transforme.

Ce qui marque le plus, c’est que la dimension mondiale n’est véritablement valable que pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Pour les autres belligérants (Italie, Japon, URSS), la guerre est essentiellement « régionale » au sens anglo-saxon du terme. Le champ de bataille du III. Reich c’est l’Europe (ou l’Asie et la Pacifique pour le pays du Soleil Levant) malgré quelques escapades en Afrique du Nord et sur les océans.

Le morceau de trop va être l’URSS envahie en juin 1941. L’échec de l’opération Barbarossa aux portes de Leningrad, Moscou et Rostov-sur-le-Don signe la fin de l’espoir d’une guerre relativement courte et victorieuse. Stalingrad annonce la défaite et modifie radicalement la situation stratégique. Le Reich ne combat plus pour vaincre mais pour ne pas perdre.

L’implication des Etats-Unis rend possible le retour de la Grande-Bretagne sur le continent européens. La défaite de l’Axe en Afrique du Nord et les débarquements en Sicile et en Italie ne sont rendus possible que grâce au support de l’Amérique.

A partir du Débarquement en Normandie et suite aux défaites majeures sur le Front de l’Est à l’été 1944, le III. Reich n’a plus d’espoir de résister et d’accrocher un match nul. La défaite devient inéluctable et les derniers sursauts de résistance, aussi étonnants qu’imprévus, ne sont que des illusions. De toute façon, la course à l’atome remportée par les Etats-Unis aurait signé le glas du Reich qui n’a pas compris le changement des équilibres stratégiques et militaires qu’entrainait l’arme atomique.

L’intérêt de ce dossier stratégique est de mettre en parallèle des perspectives pas uniquement germano-centrées et de proposer de nombreux tableaux comparatifs (effectifs mobilisés, divisions disponibles, production, etc.).

Particulièrement original, l’article sur les combats aériens au-dessus du Kouban au cours du premier semestre 1943 nous fait découvrir une facette assez peu connu du front germano-soviétique et permet d’analyser également la métamorphose des forces aériennes de l’URSS qui ont parcouru bien du chemin depuis leur quasi-disparition des cieux en juin 1941.

L’anniversaire du Débarquement en Normandie est l’occasion d’une étude assez succincte sur les chars américains dans les premières vagues d’assaut. Le contraste est saisissant entre la facilité d’Utah Beach et le naufrage à Omaha Beach.

Enfin, la dernière étude se penche sur la libération de la Corse en 1943, épisode assez peu connu mais dans lequel s’esquissent les enjeux franco-français de l’été 1944 entre résistants, armée française libre, gaullistes et velléités américaines de s’immiscer dans la politique nationale…

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Batailles & Blindés n°60 (Editions Caraktère, avril / mai 2014)

**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

revue_bataillesetblindes_060Contrairement à ce que pourrait laisser penser la couverture de ce numéro qui racole un peu sur le thème de la 5. SS-Panzer-Division « Wiking », le meilleur est ailleurs et surtout presque partout.

Cela commence par un blindorama court de deux pages mais très original puisqu’il traite de la Mongolie qui fut le premier état satellite de l’URSS dès 1921. Autant dire que les matériels sont soviétiques…

Très original, l’article sur les Panhard AML H-90 argentins lors du conflit des Malouines en 1982 permet de se plonger dans ce conflit si particulier où les matériels d’origine française furent largement utilisés.

Vient ensuite l’article le plus long. Il traite de l’engagement de la Sturmgeschütz-Abteilung 201 dans les combats de la boucle du Don au cours de l’hiver 1942 / 1943 où cette unité d’abord rattachée à la 27. Panzer-Division intervient en support des troupes italiennes. C’est un aspect peu connu des combats de cette période qui font suite à l’encerclement de Stalingrad et qui sont tout aussi terribles.

L’article de Benoît RONDEAU sur les occasions manquées de l’Afrika-Korps est également de très bonne qualité et analyse les différents moments où le corps expéditionnaire allemand aurait pu prendre l’ascendant sur les Alliés en Afrique du Nord.

A l’occasion de l’étude sur la 3rd US Armored Division de la Normandie à la Belgique, les lecteurs pourront mesurer l’ampleur des avancées réalisées par les troupes alliées en août et septembre 1944 et  aussi découvrir les combats de la poche de Mons, épisode assez peu connu de la retraite de la Wehrmacht vers les frontières du Reich.

L’article sur la « Wiking » à Kovel en mars et avril 1944 montre à quel point l’Ostheer possède encore du mordant à l’Est malgré les défaites et l’usure. La victoire de l’Armée Rouge n’est pas encore tout à fait pour demain et il faudra concéder de gros sacrifices pour venir à bout de l’envahisseur de 1941.

Enfin, et c’est tant mieux, Batailles & Blindés propose d’étudier à fond la 2ème Division Blindée japonaise et les combats menés aux Philippines en 1945. Le clou est un organigramme type véhicule par véhicule.

 C’est donc globalement un excellent numéro, qui traite de sujets originaux et revisite quelques classiques. L’iconographie est assez classique et puise dans les archives officielles. Les profils couleurs et les cartes sont toujours clairs et appropriés.


=> Sommaire détaillé

=> Batailles & Blindés n°60, Editions Caraktère, avril / mai 2014, 6,90€ (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, profils couleurs, plans


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2e Guerre Mondiale n°53 (Editions Astrolabe, mars / avril 2014)

revue_2gm_053**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

La couverture de ce numéro peut alimenter tous les fantasmes de certains et toute la haine des autres. Le principal dossier du numéro est consacré l’ésotérisme et à l’occultisme nazi. La première question qui peut se poser est : quoi de neuf ? En fait, sur le fond pas grand-chose. Les articles reviennent sur la société de Thulé, Heinrich HIMMLER, le château du Wewelsburg et les codes de la SS. Mais au-delà de cette synthèse bien faite, l’intérêt de ce dossier réside surtout sur le mythe et sa déclinaison dans les milieux néonazis ou d’extrême-droite ainsi que l’exploitation que le cinéma en a faite avec notamment Indiana Jones. En bref, passionnant et questionnant sur les propres interprétations qui peuvent être faites de l’Histoire.

Justement, les deux articles de la rubrique « comprendre l’Histoire » analysent d’un côté la pratique de la reconstitution (certains diront de l’histoire vivante) et ses questions morales, et de l’autre côté l’image des soldats de la Seconde Guerre mondiale dans l’esprit du grand public où les clichés jouent un rôle prépondérants, souvent entretenus par le cinéma et certains ouvrages loin d’être exemplaire d’un point de vue rigueur historique et scientifique.

Trois articles plus centrés sur les aspects militaires du conflit sont également présents et méritent tous une grande attention. Le premier est une très bonne synthèse des généraux limogés. Si les exemples allemands viennent le plus facilement à l’esprit, et sont les plus nombreux, des généraux américains et britanniques furent aussi l’objet de limogeage. L’article ne propose pas une succession de portraits, mais au contraire chercher à faire une synthèse des motivations (défaite, désobéissance, santés, difficultés relationnelles…) et des conséquences. Comme le rappelle son auteur, l’article est vraiment une construction originale qui n’est pas la transcription de tel ou tel ouvrage.

L’autre synthèse particulièrement bien réussie est celle qui analyse la réaction allemande face au Débarquement allié en 1944, non pas sous un angle purement militaire, mais sous celui des conséquences sur la répression qui s’instaure, notamment face à la multiplication des actes de résistance et de sabotage. Après quelques exemples, l’auteur essaye de comprendre l’origine de cette brutalité (idéologie nazie, expérience du Front de l’Est, lutte contre les partisans, priorité aux impératifs militaires).

Enfin, un article revient sur les combats dans la région d’Orel à l’automne 1941 lors de la course final vers Moscou. Les blindés allemands se font durement étrillés par les chars soviétiques à Mtsenk, bataille peu connue, mais qui est un épisode de plus qui va progressivement stopper, user et laminer les forces combattantes de la Wehrmacht à l’Est. Deux superbes profils couleurs de chars allemands aux couleurs pré-hivernales sur des pleines pages A4 accompagnent l’article.

=> Sommaire détaillé

=> 2e Guerre Mondiale n°53, Editions Astrolabe, mars / avril 2014, 6,95 € (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, cartes, profils couleurs

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39/45 Magazine n°320 (Editions Heimdal, mars 2013)

revue_3945magazine_320**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

L’intérêt de ce numéro repose tout d’abord sur deux gros articles. Le premier est la cinquième partie de l’étude sur les pérégrinations de la 11. Panzer-Division dans sa retraite du sud de la France vers les frontières du Reich tout en retardant le plus possible les troupes alliées afin de permettre aux maximum d’unités allemandes de refluer en plus ou moins bon ordre. Ici, il s’agit d’étudier en détail les évènements du 5 septembre 1944 autour de Besançon. L’iconographie, photos et profils couleurs, est superbe.

L’autre article important est une étude des fortifications de la Ligne « Staline » face à la frontière russo-finlandaise en Carélie. Si le sujet mériterait d’être détaillé davantage et si une bonne part du texte explique les évènements de la Guerre d’Hiver en 1939 et 1940 et sa continuation en 1941 lors de l’opération « Barbarossa », il n’en reste pas moins une approche originale des fortifications beaucoup moins connues que les traditionnels bunkers du « Mur de l’Atlantique », du « Westwall » ou encore de la « Ligne Maginot ».

Le reste du magazine est également de très bonne facture et explore intégralement des sujets très peu connus du grand public et même des passionnés pourtant gavés de littérature spécialisée. Ce numéro revient sur l’audacieux raid sur Granville en mars 1945 par les forces allemandes stationnées et encerclées sur les îles anglo-normandes.

Dans la continuité des précédents numéros, celui-ci continue d’aborder des personnages peu connus du III. Reich, en l’occurrence un parfait exemple de bureaucrate du régime nazi, qui va jouer un rôle essentiel dans la montée en puissance de la Waffen-SS et qui finira chef de l’Ersatzheer démontrant ainsi la mainmise du régime sur tous les organes à la fin du conflit.

Avec plaisir, les anciens retrouvent la signature d’Alain Henry de FRAHAN qui propose une étude sur les opérations de l’OSS en Birmanie. Passionnant…

Enfin, l’exploration d’une nouvelle épave, en l’occurrence celle du « La Tanche », est l’occasion d’aborder le rôle des chalutiers réquisitionnés par la Marine française au début du conflit.

=> Sommaire détaillé

=> 39/45 Magazine n°319, Editions Heimdal, mars 2014, 7,90 € (prix à parution, France métropolitaine), 82 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, cartes, profils couleurs, reproductions couleurs d’objets d’époque.

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Batailles & Blindés n°59 (Editions Caraktère, février / mars 2014)

revue_bataillesetblindes_059**** Excellent / *** Très bien / ** Bien / * Moyen / x A éviter

Les sujets classiques et souvent resservis par la littérature spécialisée peuvent encore donner du bon, voire du très bon ! C’est le cas ici dans ce numéro de Batailles & Blindés, dont les lecteurs sont habitués à la qualité des travaux.

Deux sujets ont en effet déjà fait couler beaucoup d’encre : les chars français en 1940 et les conditions de la mort de l’as des as des Panzer du III. Reich, Michael WITTMANN.

Le premier replace l’évolution de l’arme blindée française depuis la fin de la Première Guerre mondiale et explique les choix qui ont été faits et pourquoi ils se sont avérés malheureux en mai et juin 1940 malgré des équipages de qualité, des matériels neufs et de bonne qualité. L’accent est mis à juste titre sur le manque de combinaison des différents facteurs et sur le facteur « humain » qui a obéré les capacités organisationnelles de l’ensemble. Autre enseignement très bien expliqué : un armement seul n’est rien.  Bref, cet article, loin d’être une redite, est une parfaite synthèse du drame français de 1940 et une leçon de management des organisations.

Le second sujet concerne la fin de Michael WITTMANN à bord d’un PzKpfw VI Ausf. E « Tiger » de la schwere SS-Panzer-Abteilung 101 près de Cintheaux en Normandie le 8 août 1944. Après avoir rappelé les légendes qui se sont accumulées et auto-nourries au fil des décennies, l’article revient sur les hypothèses les plus probables et examine chaque détail et chaque témoignage pour essayer de faire sortir les éléments qui paraissent intangibles. Au final, il apparait que l’attaque allemande a été faite en dépit du bon sens, faute de temps de préparation, par fatigue physique et morale, par sentiment de supériorité. C’est un véritable guêpier qui attend les chars lourds allemands, un véritable succès tactique anglo-canadien. L’article est particulièrement bien construit, illustré brillement (carte pleine page en format A4, scénographie des dernière secondes du « Tiger » de WITTMANN).

D’un point de vue opérations, ce numéro revient sur les combats assez peu connus de la Leibstandarte SS le long de la Mer d’Azov à l’automne 1941 où les limites de l’opération « Barbarossa » sont déjà évidentes, sur le dernier coup de poker en Tunisie avec l’opération « Ochsenkopf » qui malgré un conglomérat d’unités d’élite et de chefs expérimentés et brillants sera un échec, sur la charge digne des heures de gloire de la cavalerie américaine de la Task-Force « Butler » des plages de Provence à Gap en août 1944.

Le blindorama est consacré à la Nouvelle-Zélande dont les unités blindées méritent d’être davantage connues.

En résumé, un numéro qui fera date compte tenu de la qualité de ses deux dossiers principaux qui n’enlèvent rien à la qualité des autres articles tous d’excellente facture.

=> Sommaire détaillé

=> Batailles & Blindés n°59, Editions Caraktère, février / mars 2014, 6,90 € (prix à parution, France métropolitaine), 84 pages

=> Texte, photos N&B et couleurs, cartes, profils couleurs, reproductions couleurs d’objets d’époque

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