Batailles & Blindés hors-série n°51 (Caraktère, 2023)

Home » Magazines et périodiques » Batailles & Blindés » Batailles & Blindés hors-série » Batailles & Blindés hors-série n°51 (Caraktère, 2023)

Surfant sur les débats qui agitent les passionnés à travers la guerre en Ukraine, Batailles & Blindés propose un numéro hors-série entièrement dédié au char de combat

Publicités

Présentation

Un sujet poussé par l’actualité ukrainienne

Dans le prolongement de son article paru dans Batailles & Blindés n°110 (le char est-il mort ?), Loïc BECKER retrace l’histoire de l’engagement de ce système d’arme, de ses premiers tours de chenilles durant la Première Guerre mondiale à l’invasion généralisée de l’Ukraine par la Russie en 2022. Cette prise de recul et cette mise en perspective paraissent d’autant plus nécessaires que l’omniprésence des réseaux sociaux et de leur corolaire en termes de débats et d’avis (pas toujours bien éclairés) créé un brouhaha permanent assez peu propice à une sereine réflexion.

A côté du questionnement de l’utilité ou de l’inutilité du char dans un conflit de cette intensité et dans un environnement saturé de missiles antichars, experts, amateurs, passionnés se déchirent également sur la définition même du char. Ainsi, la question de savoir si l’AMX-10 est un char ou pas a provoqué de nombreux remous, probablement sous les yeux assez effarés du grand public bien éloigné de telles subtilités.

Bref, l’idée de plonger dans un peu d’histoire ne peut être que séduisante, même si le titre même du numéro interroge de prime abord. En effet, on fait assez mal le lien entre les forteresses blindées à chenilles de la Première Guerre mondiale et les chars actuels…

Chronologie

A la différence d’un François VAUVILLIER qui privilégie d’abord la finalité à la chronologie dans son anthologie des blindés français de 1914 à 1940, Loïc BECKER choisit une construction plus classique et suivant trois périodes principales :

  • La première moitié du XXème siècle (jusqu’en 1945)
  • La Guerre froide (1945-1990)
  • L’après Guerre froide (1990-2023)

Cette architecture permet de réaliser que l’évolution du char résulte à la fois d’un besoin opérationnel, des possibilités techniques et technologiques du moment et d’un concept d’emploi par nature changeant en fonction des possibilités et des besoins.

Les prémices

L’étude de la première moitié du XXème siècle se concentre principalement sur les Britanniques, les Français, les Allemands et les Soviétiques. Né pour appuyer l’infanterie confrontée à la puissance de feu et aux retranchements de la Première Guerre mondiale, le char initialement conçu pour rompre le front adverse voit rapidement son usage élargi à l’exploitation en force d’une percée ou à la lutte antichar.

En fait, chaque pays jongle en permanence entre ses besoins opérationnels principaux, ses possibilités techniques et ses capacités industrielles. Un équilibre par nature instable et en perpétuelle évolution. Seuls finalement, les Etats-Unis parviennent à trouver un relatif compromis grâce notamment à leur puissance matérielle et financière. Ce que ne réussit pas l’armée française en 1940 entre appui feu de l’infanterie avec les Bataillons de chars de Combat (BCC) non endivisionnés, l’éclairage et l’exploitation avec les Divisions Légères Mécaniques (DLM) et dans une moindre mesure les Divisions Légères de Cavalerie (DLC), la rupture avec les Divisions Cuirassées (DCR).

A l’opposé, les Allemands privilégient dans un premier temps la concentration pour l’exploitation au sein de leurs divisions blindées qui s’appuient sur le combat interarmes, y compris avec l’aviation. Ils sont cependant assez vite rattrapés par les autres besoins et n’ont ensuite de cesse de développer des gammes plus ou moins spécialisées pour la rupture et l’appui feu aux dépends d’ailleurs de leurs priorités initiales. Mais la base industrielle ne permet pas de satisfaire tous ces besoins et à force de vouloir tout atteindre, les armées du Troisième Reich finissent par perdre ce qui fait leur domination au début du conflit puis l’avantage technologique acquis à partir de 1943.

L’après-1945, une époque méconnue

L’un des principaux intérêts de ce numéro repose sur la part importante consacrée aux conflits de l’après-1945 : Indochine, Corée, guerres israélo-arabes, Vietnam, guerres indo-pakistanaises, Afghanistan soviétique, guerre Iran-Irak. Viennent ensuite les conflits qui se déroulent après l’effondrement de l’URSS et du Pacte de Varsovie : Guerre de Golfe, invasion américaine de l’Irak, Liban, Syrie et bien sûr Ukraine.

Fiches thématiques et interviews

Outre le balayage historique, ce numéro propose quelques fiches de plusieurs pages chacune sur quelques chars ayant marqué leur époque après 1945 et actuels.

Trois interviews de Marc BERTON, Michel PESQUEUR et de Yann BOIVIN)complètent l’ensemble et permettent de mettre le doigt sur plusieurs enjeux dans lesquels le char joue un rôle loin d’être neutre : l’impact diplomatique, les contraintes logistiques, la conquête puis la tenue du terrain.

Bref, un contenu assez varié et une bonne diversité d’éclairages.

Quelques tendances lourdes !

A la lecture de ces pages, il apparait que le char seul et isolé ne peut pas grand chose. Il devient vite une proie. Foncer sans appui dans un environnement qui fourmille de Javelin ou de Panzerfaust aboutit peu ou prou au même résultat, hier comme aujourd’hui.

La question n’est pas donc de savoir si le char est mort ou dépassé, mais de s’assurer que son emploi et les moyens qui lui sont associés lui permettent d’exprimer son potentiel sans risquer d’être détruit avant même d’avoir pu commencer à délivrer sa puissance de feu.

Les concepteurs de chars sont également confronter à des choix similaires quelles que soient les époques. Sur le char lui-même bien sûr, en tentant de trouver le bon équilibre entre puissance de feu, protection, mobilité. Dans son environnement immédiat également dans une une logique interarmes.

Conclusion

Un numéro qui donne utilement un peu de perspective au char et qui rappelle qu’il n’y a pas de solution idéale, voire magique. Il faut apprécier les parties thématiques qui évitent de tomber dans les traditionnels portraits de chars de la première moitié du XXème siècle. Il manque cependant une ouverture sur la Chine et malgré quelques incursions hors de l’axe Amérique du Nord / Europe, le propos reste très marqué d’un prisme essentiellement occidental.

Sa limite reste cependant une approche trop chronologique et centrée sur les seuls chars, oubliant l’évolution parallèle d’autres matériels que les puristes refusent de désigner comme chars. Pourtant ces attelages parfois très hétéroclites ou au contraires intégrés ne sont pas pour rien dans l’importance ou non jouée par le char.

Si la conclusion réfute, heureusement, la fin du char en tant que tel, elle souligne cependant certains enjeux, notamment en termes de coûts. Mais outre l’entassement de briques technologiques de plus en plus coûteuses, il faut également souligner une diversification des types de blindés pour répondre à des besoins qui ne nécessitent pas forcément un char de bataille au sens moderne du terme.

Si le char reste particulièrement attractif auprès des lecteurs, il ne faut pas non plus oublier d’autres systèmes d’armes particulièrement mis à l’épreuve dans le conflit ukrainien : véhicule de combats d’infanterie (VCI), canons d’artillerie, lance-roquettes, mais aussi missiles antichars, drones, etc. Voilà de quoi ouvrir un large spectre de rétrospectives historiques !

Voir aussi…

Présentations

Recensions

Publications connexes

Sommaire

  • Introduction
  • 1915-1945, de l’artillerie d’assaut à un engin de masse
  • 1946-1989, une ère de tâtonnements
  • Un char de plus en plus esseulé
  • Dépassé peut-être… mort, non !

Thèmes abordés

Caractéristiques

  • Nombre de pages : 114
  • Langue : Français
  • Couverture : souple
  • Reliure : collée
  • Dimensions : 21 x 29,7 cm
  • Prix conseillé France à la date de parution : 14,90 € TTC

Historique de la page

  • 18/03/2023 : création et publication

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.