Batailles & Blindés n°108 (Caraktère, 2022)

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Présentation

Une actualité dominée par l’Ukraine

Publié alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie dure déjà depuis trois mois, ce numéro de Batailles & Blindés évoque dans ses rubriques d’actualités l’une des conséquences immédiates, à savoir le redéploiement de forces françaises en Roumanie. Un basculement des priorités facilité par une éviction planifiée du terrain malien qui tombe paradoxalement au bon moment. Tout comme le retrait américain d’Afghanistan à l’été 2021…

Si le cœur éditorial du numéro concerne la Seconde Guerre mondiale, il est difficile de ne pas faire un certain nombre de parallèles entre les deux conflits de haute intensité sur le sol européen à quatre-vingt d’écart.

L’éternelle question des enseignements à tirer d’un conflit

La question du retour d’expérience est évidement à l’ordre du jour comme lors de chaque conflit avec plus ou moins de bonheur. La Guerre d’Espagne représente un champ d’expérimentation grandeur nature pour les principales puissances militaires du continent dans les années qui précèdent immédiatement l’invasion concertée de la Pologne par le Troisième Reich et l’URSS à la suite du Pacte germano-soviétique. Mathias ANDRE revient ainsi sur le degré d’implication des armées italiennes, allemandes et soviétiques ainsi que sur les enneigements qu’elles en tirent avec plus ou moins d’acuité concernant l’emploi des chars. A ce panorama des pays qui vont répandre la guerre sur tout le continent au cours des années 1939 et 1940, il manque la vision des pays comme la France et la Grande-Bretagne. Même si ces derniers sont moins engagés sur ce terrain, les leçons qu’ils tirent (ou pas) sont également lourdes de conséquences. Un article à compléter du très bon Ligne de Front hors-série n°43 paru en 2021.

Une armée sans une bonne logistique est une proie facile… hier comme aujourd’hui !

Disposer de forces mécanisées est chose, pouvoir les utiliser en opérations en est une autre. Là aussi, la Guerre d’Ukraine de 2022 rappelle l’importance des flux logistiques dans une armée moderne qui repose sur le moteur pour se déplacer et affronter l’adversaire. Au-delà des principes de conception des chars de combat, l’Allemagne utilise ainsi les opérations en Autriche et en Tchécoslovaquie durant l’Entre-deux-guerres pour peaufiner l’emploi de ses grandes unités blindées et motorisées. La gestion des approvisionnements en essence et en munitions est d’ailleurs l’un des sujets majeurs de préoccupation majeur. L’invasion de la Pologne permet de réaliser les derniers ajustements dans un environnement de haute intensité.

Côté français, le principe de la motorisation des forces et de l’emploi des chars est bien intégré. Il est cependant frappant de constater que les penseurs de l’époque tiennent compte ou pas de la logistique dans l’emploi des unités blindées. C’est ainsi l’une des grandes différences entre les ouvrages de Heinz GUDERIAN et de Charles de GAULLE, et l’une des grandes faillites françaises durant les opérations de mai et juin 1940, pourtant rarement mise en avant. Relire le très bon article de Camille VARGAS, Guderian & de Gaulle, deux penseurs, deux œuvres paru dans le précédent numéro.

Ainsi l’engagement de la 1ère Division Cuirassée (DCR) à Flavion se transforme en catastrophe pour cette raison. Pourtant, les chars sont là, regroupés en masse, prêts à contre-attaquer face aux pointes allemandes. Sauf que sans essence, ils deviennent des cibles immobiles (voir aussi La 1ère Division Cuirassée au combat et l’article de Loïc BECKER paru dans Batailles & Blindés103). Une leçon que visiblement l’armée russe semble avoir quelque oubliée lors des premiers jours de son « opération spéciale » en Ukraine…

Le champ de bataille, un terrain d’apprentissage permanent

Ce numéro présente également deux batailles très différentes dans leurs conditions. La première concerne les actions de la 15. Panzer-Division pour briser l’opération Crusader qui éreinte notamment la 7th Armoured Division. Les deux adversaires se retrouvent dans un brouillard complet et celui qui sait le mieux s’en accommoder prend le dessus. A une planification soignée répond une décentralisation des initiatives. Deux conceptions s’affrontent : tenter de limiter le brouillard de la guerre ou vivre avec en partant du principe que la troupe doit savoir en permanence agir dans cet environnement (lire l’indispensable The Last German Victory pour s’en convaincre).

Batailles & Blindés revient sur la bataille d’Aix-la-Chapelle en 1944 sous la plume de Laurent TIRONE. Engagée dans la foulée de la chevauchée qui amène les Alliés à libérer la quasi totalité des territoires français et belge en quelques semaines après le succès de l’opération Cobra en Normandie, elle représente le premier affrontement majeur sur le sol même du Troisième Reich avant d’être un combat purement urbain et montre un raidissement certain de la défense allemande après plusieurs jours de repli chaotique. Cependant, attirés comme par la Ruhr comme par un aimant, les Alliés choisissent deux voies d’accès pour y parvenir le plus rapidement possible : par Arhnem et par Aix-la-Chapelle.

Malgré la prise de la ville, Aix-la-Chapelle annonce les difficultés alliées à l’automne 1944 et l’impasse dans laquelle ils se retrouvent (voir The Folly of Generals, How Eisenhower’s broad front lengthened World War II).

Des unités amoindries, contre-attaquent et contrarient l’avance américaine qui cherche à contourner la ville pour atteindre le Rhin, véritable objectif stratégique. Finalement, le centre urbain doit être conquis faute d’avoir pu atteindre la cible initiale. La prise de la ville elle-même, un champ de ruine en fait, s’avère plus facile que prévu et loin d’être un bain de sang pour les assaillants. En complément du texte, l’auteur propose quelques encadrés bien utiles (Le Medium Tank M4 Sherman à l’aise en ville !, M10 Wolverine à contre-emploi, 155 mm Gun Motor Carriage M12 : l’arme absolue en ville, Panzerfaust : la terreur du Sherman, Opération Karneval : le Werwolf en action, Hodges contre Wilck). Pour compléter la lecture et mieux saisir les enjeux de cette bataille, la pratique du jeu Crossing the Line Aachen 1944 représente un complément idéal et ludique !

Panzer-Brigade 150 dans les Ardennes, opération Greif

A l’occasion de ses travaux sur la schwere Panzer-Abteilung 503 (voir son livre Tiger de la 503, Normandie, Vexin normand, juin – août 1944), Max STEIN croise plusieurs vétérans de cette unité. Voilà de quoi faire le lien avec la Panzer-Brigade 150, célèbre pour son engagement dans les Ardennes dans le cadre de l’opération Greif sous l’égide d’Otto SKORZENY et avec l’emploi de chars de prise et de vrais « faux-chars » américains pour tenter de tromper l’ennemi. A l’occasion de son article publié ici, les lecteurs peuvent se rendre compte que plusieurs vétérans expérimentés rejoignent cette unité spécialement créée pour l’opération Wacht am Rhein / Herbstnebel. Une facette généralement peu mise en avant dans l’historiographie habituelle.

Thèmes abordés

Sommaire détaillé

  • Jordan PROUST, « Aigle » en Roumanie, le dispositif français dans la défense du Front Sud-Est européen
  • Jordan PROUST, Les Piranhas roumains déployés face à la menace russe
  • Actualité du livre (Hitler’s Winter, The German Battle of the Bulge, Les Rochambelles, ambulancières de la France combattante, Le petit théâtre des opérations, De la guerre n°2, Le grand album des Citroën-Kégresse, Les Roumains dans la campagne de Stalingrad)
  • Didier LAUGIER, Le Totensonntag à Tobrouk, coup de maître de la 15. Panzer-Division
  • Mathias ANDRE, L’emploi des chars dans la Guerre d’Espagne, quels enseignements retirés par les grandes puissances européennes ?
  • Laurent TIRONE, La bataille d’Aachen, la première guerre urbaine américaine
  • Max STEIN, La Panzer-Brigade 150 dans l’opération « Greif », témoignage d’un « imposteur » de Skorzeny
  • Loïc BECKER, La destinée funeste de la 1ère DCR, « j’en suis »… jusqu’au bout !

Caractéristiques

  • Nombre de pages : 82
  • Langue : Français
  • Couverture : souple
  • Reliure : reliure agrafée
  • Dimensions : 21 x 29,7 cm
  • Prix conseillé France à la date de parution : 7,50 € TTC