Aérojournal n°86 (Caraktère, 2022)

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Recension

La dimension aérienne des grandes batailles terrestres… la grande oubliée !

La Meuse en 1940 et les Ardennes en 1944 raisonnent aux oreilles des amateurs et des connaisseurs comme des lieux de batailles décisives de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Mis à part le bombardement des Stuka sur les positions françaises de Sedan ou quelques attaques de chasseurs-bombardiers sur les colonnes de la Kampfgruppe Peiper, la dimension aérienne reste dans ces deux cas pourtant une grande inconnue.

Inutile de blâmer les lecteurs, ils ne peuvent lire que ce que les auteurs et les éditeurs leur proposent.

De ces déséquilibres naissent de fausses impressions : l’aviation alliée reste bien inactive face au déferlement des colonnes allemandes qui se répandent à l’Ouest à partir du 10 mai 1940 ou la Luftwaffe demeure totalement absente à l’Ouest en 1944.

L’enjeu de la Meuse en mai 1940 et pas seulement à Sedan

Là aussi dans l’inconscient populaire, le succès allemand de 1940 se dessine avec le passage à travers les Ardennes qui permet à Heinz GUDERIAN de franchir la Meuse à Sedan, puis d’encercler l’ensemble des forces alliées engagées au nord de la Somme et en Belgique. Cette vision étriquée provoquée par le traumatisme français et le récit biographique du général allemand (voir Souvenirs d’un soldat) fait oublier la première bataille de la Meuse qui se déroule en Hollande et sur le canal Albert dès les premières minutes de Fall Gelb (voir l’Attaque silencieuse et les Commandos du Reich, tome 1). C’est ce succès qui contrarie dès le début des opérations le succès de la manœuvre Dyle-Breda. Il empêche les Français de faire la jonction à temps avec les troupes néerlandaises (voir La 1ère DLM au combat) et venir à bout des parachutistes allemands pourtant en délicate posture. Il rend caduque la défense de la trouée de Gembloux que la bataille de Hannut masque bien imparfaitement…

La seconde bataille de la Meuse se déroule le 13 mai 1940. Sedan n’est que le flanc nord d’une déchirure qui s’opère sur près de cent kilomètres de long à part de Dinant que le raid de la 6. Panzer-Division sur Montcornet à partir de la tête de pont Monthermé viendra parachever.

Dans les deux cas, les Alliés se rendent compte du danger et les Français lancent ainsi plusieurs contre-attaques. Trop timides le 10 mai 1940 car en bout de course de leur déploiement à travers la Belgique, en force après le 13 mai 1940 avec l’appui de bataillons de chars de combat et de divisions cuirassées dans le second cas, mais en pure perte.

Dans les airs aussi, l’aviation alliée s’active comme le montre l’étude déjà parue dans Aérojournal n°75. Le numéro 86 s’attarde plus particulièrement sur le sacrifice des Fokker T.V contre les aérodromes (Ockenburg, Waalhaven) et les ponts capturés (Rotterdam, Moerdjik) par les parachutistes allemands. Bref, encore une fois, il est bien difficile de dire que les Alliés restent l’arme au pied, mais force est de constater que les sacrifices sont vains : matériels inadapté, doctrine d’emploi incohérente, maîtrise et contrôle de la bataille dépassée. Le tempo des combats s’est considérablement accéléré depuis la Première Guerre mondiale

Aérojournal n°75, l’action héroïque, désespérée et sans succès de l’aviation alliée pour contrecarrer le franchissement allemand de la Meuse en de nombreux points du 10 au 14 mai 1940.

Chasse de nuit… américaine !

Si la chasse de nuit reste l’un des points forts de la Luftwaffe au cours du conflit, elle n’est pas de son seul apanage. Les Américains s’y mettent aussi avec des versions spécialement dédiées (voir ainsi les versions embarquées dans Bleu comme l’acier).

Au cœur des longues nuits hivernales, maîtriser la nuit devient vite une nécessité, voire un atout. Très peu abordé dans l’historiographie (à l’exception notable de Neige et de feu, combinaison de 39/45 Magazine hors-série Historica n°93 et n°94), le volet aérien de la bataille des Ardennes se dévoile un peu plus avec le récit des engagements du 442nd US Night Fighter Squadron et de ses Northtrop P-61 Black Widow.

Premiers as de l’aviation à réaction (suite)

Poursuivant sur la lancée de son numéro précédent, Aérojournal continue de passer en revue les as allemands sur Messerschmitt Me 262 (voir le très bon hors-série n°34) avec cette fois-ci : Heinz-Helmut BAUDACH, Erich BÜTTNER, Heinz ARNOLD, Erich RUDORFFER, Karl SCHÖRNER, Rudolf RADEMACHER, Hermann BUCHNER, Franz SCHALL, Heinrich BÄR, Georg-Peter EDER, Karl-Heinz BECKER, Kurt WELLER. Chaque pilote bénéficie d’une notice biographique, du récit de ses victoires sur avion à réaction, le tout illustré de photos originales et de profils couleurs.

Aérojournal hors-série n°34 (Caraktère, 2019), un numéro de référence sur le Messerschmitt Me 262 Schwalbe

Les autres alliés oubliés

Comme sur terre, il n’y a pas que les habitants des grandes nations qui combattent. A travers le portrait du Sud-Africain Samuel Marcus KINKEAD et de la mise sur pied de la Royal Norwegian Air Force (RNAF), les lecteurs découvrent ces anonymes qui choisissent de combattre pour une guerre loin de chez eux ou alors que leu pays subit désormais l’occupation allemande.

L’article sur les Norvégiens « libres » s’accompagne de magnifiques clichés couleurs d’époque au Canada qui accueille alors la formation des pilotes.

Opération Seelöwe, de l’autre côté de la Manche…

Seulement épais de quatre pages, l’article de Yann MAHE concernant les projet de « dernière levée » britannique dans le domaine aérien, dans le cas où les Allemands entreprennent de débarquer sur les côtes anglaises, est passionnant et original. Des mesures désespérées qui ressemblent dans leur volonté à celles mises en place par le Troisième Reich a son crépuscule…

L’après-1945, l’angle mort

Entre les articles principaux centrés sur la Seconde Guerre mondiale et les brèves d’actualités reprises du site Zone militaire, il existe un véritable trou noir éditorial dans l’Histoire de la guerre aérienne. Pourtant, il y a de quoi traiter des sujets contemporains avec la même qualité. L’actualité du livre présentée de la magazine et la parution récente du Temps des guépards montrent qu’il existe pléthore d’engagement aériens qui n’attendent qu’une plume veuille bien leur apporter un peu de lumière…

Thèmes abordés

Sommaire détaillé

  • Aujourd’hui, l’actualité de l’aéronautique
  • Actualité du livre (RAF Fighters vs Luftwaffe Bombers Battle of BritainUn siècle d’aéronautique et de relations franco-allemandesWunderwaffen tome 18Ailes de légende, Spitfire, tome 1Mirage 2000, l’histoire dans l’Armée de l’Air de 1974 à nos joursCarnets de vol, les mécanos, ces héros de l’ombre)
  • Eddie NIELINGER, Samuel Marcus Kinkead, le destin brisé de l’as des as sud-africain
  • Guy JULIEN, Little Norway, ces vikings du « nouveau monde »
  • Nicolas CLINAZ, Chasse de nuit dans les Ardennes, le 442nd NFS au combat, hiver 1944-1945
  • Yann MAHE, Les as des jets de la Luftwaffe (2ème partie)
  • Yann MAHE, Opération « Banquet Light », la Home Guard aérienne
  • Yann MAHE, Des croiseurs sur la Meuse, vie et mort des Fokker T.V (2ème partie)

Caractéristiques

  • Nombre de pages : 82
  • Langue : Français
  • Reliure : souple et agrafée
  • Dimensions : 21 x 29,7 cm
  • Prix conseillé France à la date de parution : 7,50 € TTC

Boutique

Liens externes

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