39/45 Magazine n°374 (Heimdal, 2022)

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Présentation

Le poids de l’actualité ukrainienne…

L’invasion de l’Ukraine par la Russie continue d’attirer l’attention des publications d’histoire militaire en leur permettant de faire le lien entre l’actualité et les événements du XXème siècle. Dans la foulée du précédent et de ses contemporains, ce numéro de 39/45 Magazine ne fait pas exception. Après s’être ainsi focalisé sur l’histoire de la Crimée, Georges BERNAGE s’attarde cette fois-ci sur l’étonnante histoire à travers les siècles de l’île des Serpents puis des soubresauts nationalistes ukrainiens au sortir de la Première Guerre mondiale avec l’effondrement de l’empire austro-hongrois et la création de la Pologne, la première tentative d’indépendance en profitant de la révolution bolchévique, puis la grande famine organisée par le pouvoir soviétique. De quoi également découvrir l’origine et la significative de l’emblème des forces armées ukrainiennes en forme de trident.

Le part d’ombre de l’histoire de l’Europe de l’Est au XXème siècle

Le partage de la Pologne par la « magie » du Pacte germano-soviétique permet à l’URSS de reconstituer une certaine unité des terres ukrainiennes en récupérant la Galicie. Comme sur l’ensemble des territoires qu’il occupe de gré ou de force au début de la Seconde Guerre mondiale, le pouvoir soviétique à l’image du pouvoir nazi met en place une politique brutale d’extermination des opposants et des élites (lire l’indispensable Le Pacte des Diables).

La connaissance de l’histoire mouvementée de ces contrées est absolument nécessaire pour comprendre les postures des pays actuels de l’Est de l’Europe, leur rapport qui nous semble ambigu vis-à-vis de certaines de leurs figures nationales ayant combattu au côté du Troisième Reich contre l’URSS alors perçu comme l’ennemi.

Un minimisation systématique, politique et idéologique des crimes de l’URSS

La terreur bolchévique, l’attitude de l’URSS au début de la Seconde Guerre mondiale qui mène une politique d’expansion brutale qui n’a rien à envier à celle du Troisième Reich, puis les brutalités soviétiques quand l’Armée rouge récupère les territoires tombé dans l’escarcelle nazie, sans parler de l’oppression menée contre toute opposition jusqu’à l’effondrement de Pacte de Varsovie expliquent largement la solidarité des pays d’Europe de l’Est avec l’Ukraine face à l’agresseur russe. Ce dernier, réécrivant l’Histoire à son compte, comme au bon temps de la propagande soviétique, ravive également ces douloureux souvenirs.

Pour des raisons d’éloignement géographique mais également politique, la France et plus généralement les pays d’Europe de l’Ouest ont du mal à comprendre l’ampleur de ces réactions. L’agression allemande de l’opération Barbarossa est une aubaine à la fois pour l’URSS et ses désormais nouveaux alliés occidentaux car elle permet de « mettre sous le tapis » l’attitude soviétique au début du conflit alors que le régime communiste possède une coresponsabilité dans le déclenchement de la guerre en Europe au même titre que l’Allemagne ou l’Italie puisque jusqu’en 1941, ces trois pays parviennent en moins de deux ans à éliminer tout régime démocratique ou presque du continent européen.

La victoire alliée sur la Troisième Reich légitimise l’expansionnisme soviétique qui maximise ses gains par rapport à ses espoirs initiaux lors de la signature du Pacte germano-soviétique. L’influence communiste sur la classe politique et de nombreuses élites intellectuelles françaises gèle toute remise en cause de la vision idyllique du rôle de l’URSS durant la Seconde Guerre mondiale. Charles de GAULLE lui-même n’a pas intérêt à remettre en cause trop ouvertement cette vision puisqu’il a besoin de l’appui de Josef STALINE pour lutter contre ceux qui en Grande-Bretagne et plus encore aux Etats-Unis ne veulent plus ou pas de lui pour représenter la France, puis pour mettre en place sa politique d’indépendance vis-à-vis de la domination américaine sur le bloc de l’Ouest. Pendant des années, jusqu’en 1989, oser affirmer que les clauses secrètes du Pacte germano-soviétique ne sont pas un faux de la propagande nazie ou que le massacre de Katyn est exécuté par les Soviétiques revient à se faire accuser de relayer la propagande fasciste.

De façon très significative, Olivier FAURE, Secrétaire national du Parti socialiste n’hésite pas à affirmer en sortant du palais de l’Elysée le 21 juin 2022 « qu’il n’y a pas de comparaison possible entre l’histoire de ce que porte l’extrême droite et de ce que porte la gauche, y compris la gauche radicale » [visiblement, extrême et gauche semblent une association sémantique inconcevable]. Les atrocités menées au nom du communisme par les Soviétiques et leurs alliés ne sont pas prêtes d’être oubliées par les pays d’Europe de l’Est, contraire à une certaine élite intellectuelle et politique française, qui durent les subir de plein fouet durant plusieurs décennies à la différence des pays d’Europe de l’Ouest. La trace laissée chez les victimes est au moins aussi profonde que celle de l’Occupation nazie.

Contribuant à la mise en valeur de ces méandres historique méconnus à l’Ouest, la série d’articles concernant l’histoire de l’Ukraine est aussi intéressante et captivante que celle proposée en 2020 et 2021 par 39/45 Magazine pour le Pacte germano-soviétique et le déclenchement de l’opération Barbarossa. Un travail à comparer par exemple avec celui plus superficiel et convenu proposé par Ligne de Front dans son n°97.

Ne pas trop en faire quand même !

Cependant, il faut cependant prendre garde de ne pas sombrer dans un lyrisme débridé en abordant le conflit germano-soviétique en URSS entre 1941 et 4945. Ainsi, l’article sur la prise de Mariupol par les hommes de la Leibstandarte SS Adolf Hitler et plus particulièrement par son détachement mené par Kurt MEYER reprendre très largement les écrits de ce dernier et les clichés de la propagande. De là à écrire que « l’offensive éclair (…) fut sidérante, tout autant que la résistance héroïque des combattants ukrainiens l’est aujourd’hui », il y a un pas qu’il parait douteux de franchir. D’abord, les contextes sont différents. Ensuite, même si la nature politique contestable des combats et des armées n’empêche pas de reconnaître la qualité guerrière de ceux qui peuvent les mener, quels que soient les camps, il semble cependant inapproprié de faire de tels parallèles.

Si le texte reprend de nombreux extraits des mémoires de Kurt MEYER, très vivant il est vrai, voire homérique parfois, les illustrations proposent de nombreux clichés d’époque du complexe sidérurgique d’Azovstal désormais bien connu du grand public.

L’étonnant rencontre HITLER / MANNERHEIM en Finlande à la veille de Fall Blau

De son côté, François de LANNOY relate la rencontre du 4 juin 1942 entre Adolf HITLER et MANNERHEIM en Finlande. Le détail de l’enregistrement pirate des première minutes de l’entretien secret à l’abris des regards et des oreilles est passionnant puisqu’il comprend les arguments énoncés par Adolf HITLER afin de justifier l’échec de l’opération Barbarossa. Les clichés issus des photographies officielles de l’époque, outre leurs qualités de reproduction, montrent nombre d’attitudes non posés des participants. On notera les différentes mimiques des uns et des autres, la chaleur de la poignée de main entre Adolf HITLER et Eduard DIETL, ainsi que l’aspect visiblement détendu et serein du premier quelques jours après la fin des combats autour de Kharkov (Kharkiv) et avant le déclenchement des opérations contre Sébastopol et pour Fall Blau.

Du côté des classiques du magazine

Ce numéro propose un portait intéressant de Heinz HARMEL, qui devient commandant de la 10. SS-Panzer-Division avant son départ pour la Normandie et avec laquelle il combat jusqu’à fin avril 1945 dans la poche de Spremberg avant de mener une Kampfgruppe dans les Alpes autrichienne pour maintenir ouvert jusqu’au bout les voies de repli vers l’Ouest pour les armées allemandes en retraite devant l’Armée rouge et les partisans de Tito. Sa biographie permet de rappeler également la sortie concomitante de l’album de Stephan CAZENAVE sur la « Frundsberg » chez Maranes.

Dans la rubrique militaria, les articles reviennent sur les Compagnons de France avec de nombreux objets d’époque reproduits en couleurs ainsi que sur les Gau-Ehrenzeichen du NSADP en s’appuyant sur les collections mises aux enchères par Hermann Historica. Quelques objets de la vente du 20 mai 2022 sont également présentés comme une épée M.38 de Hugo SPERRLE ou des pièces de collection de la SA (pattes de col, album photos, bandes de bras) et du NSKK (casques pour motocyclistes, bandes de bras et hausse-cols).

Thèmes abordés

Sommaire détaillé

  • Georges BERNAGE, L’île des Serpents et la porte des enfers !
  • Georges BERNAGE, Ukraine, le retour de l’histoire
  • Georges BERNAGE, 8 octobre 1941-1943, Mariupol
  • Charles TRANG, Heinz HARMEL, un commandant SS pas comme les autres
  • François de LANNOY, La rencontre Hitler-Mannerheim (4 juin 1942)
  • Hugues WENKIN, Les chasseurs de chars américains (2ème partie), les solutions chenillées
  • Matthieu LONGUE, US Infantry Rifle Squad, l’escouade de fusiliers de l’US Army
  • Georges BERNAGE & Hans LISKA, Manuel du combat rapproché Panzernahkampf
  • Philippe GUIMBERTEAU & Cyril LE TALLEC, Les insignes des Compagnons de France
  • Alain TAUGOURDEAU, Les décorations de Gau de la NSDAP (1ère partie)
  • Georges BERNAGE, Objets d’exception
  • Bibliothèque 39/45 (Les Rochambelles, ambulancières de la France combattante 1943-1945)

Caractéristiques

  • Nombre de pages : 112
  • Langue : Français
  • Reliure : souple et collé
  • Dimensions : 21 x 29,7 cm
  • Prix conseillé France à la date de parution : 12 € TTC