39/45 Magazine n°372 (Heimdal, 2022)

Home » Magazines » 39/45 Magazine » 39/45 Magazine (2022) » 39/45 Magazine n°372 (Heimdal, 2022)
Publicités

Recension

La confirmation d’une très excellente dynamique

Avec ce numéro, 39/45 Magazine confirme son excellente dynamique éditoriale. Avec des articles solides agrémentés de nombreuses références et d’une iconographie parfois très originale en plus d’être fortement colorée, la première des revues francophones spécialisées sur la Seconde Guerre mondiale produit des numéros digne de son rang. Et cela se ressent même sur des sujets qui peuvent sembler en apparence déjà connu…

Panzerwaffe, interopérabilité versus spécialisation

C’est ainsi le cas pour l’article d’Hugues WENKIN concernant le binôme constitué par le Panzer III et le Panzer IV. En effet, ces deux modèles, très minoritaires dans les effectifs allemands au moment de l’entrée en guerre lors de l’invasion de la Pologne et durant la campagne menée à l’Ouest en mai et juin 1940, ils symbolisent cependant un choix conceptuel et opérationnel qui dénote par rapport à celui opéré par les Britanniques, Français et Soviétiques qui recherchent d’avantage la spécialisation de leurs modèles.

En partant de ce constat, l’auteur met le doigt sur la principale différence qui sépare ainsi les Allemands des autres belligérants industrialisés. La supériorité allemande ne repose en effet pas tant sur le nombre ou la performance de leurs chars, mais bien sur la façon dont ils conçoivent le combat blindé.

Les Britanniques séparent ainsi les chars d’infanterie des « croiseurs », les Français les chars de cavalerie des chars de rupture, les Soviétiques les chars légers, rapides, lourds et duals.

Alors que le binôme Panzer I / Panzer II sert de mise en route, le couple Panzer III / Panzer IV reflète véritablement la logique allemande d’interopérabilité en s’appuyant sur deux blindés très similaires, l’un davantage optimisé pour la lutte antichar, l’autre pour l’appui. Les progrès rapides des armements et les besoins en termes d’industrialisation vont finalement venir à bout du couple duquel ne subsiste que le Panzer IV. La cellule du Panzer III se révèle avoir moins de potentiel pour accueillir un canon de plus en plus puissant. La répartition des rôles évolue également durant le conflit en fonction des améliorations apportées et de l’évolution des adversaires.

Paradoxalement, la Panzerwaffe perd progressivement de vue cette logique d’interopérabilité en développant à grand frais des engins de plus en plus lourds et spécialisés, se révélant d’une véritable complexité technique, mais surtout industrielle et logistique. Ce sont finalement les Américains qui reprennent le mieux le concept sur la base du Medium Tank M4 Sherman employé dans les divisions blindées ou les bataillons de chars indépendants en appui des divisions d’infanterie, sans parler des châssis utilisés pour l’appui d’artillerie, les chasseurs de chars et le génie. Bref, dans le domaine de l’interopérabilité, l’élève finit par dépasser le maître.

Débuts laborieux pour les parachutistes US

Les parachutistes américains, à l’instar de leurs homologues allemands, bénéficient d’une aura particulièrement forte à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, les premiers engagements de grandes unités ne se passent pas si bien que cela. C’est ce que rappelle Denis van den BRINK avec les succès mitigés du volet aéroporté de l’opération Torch, de l’invasion de la Sicile et du saut sur Avellino près de Salerne. Il n’y a guère que l’opération sur Nadzab en Nouvelle-Guinée qui se révèle être un franc succès des parachutistes.

S’ouvre alors une courte mais dense période de doutes et de controverses. Il y a pourtant urgence car le futur débarquement à l’Ouest de l’Europe se profile. Les 11th US Airborne Division et 17th US Airborne Division alors encore en cours de formation aux Etats-Unis sont sollicitées pour départager les positions par le biais de gigantesques manœuvres. Le résultat concluant permet de dégager définitivement l’avenir des troupes aéroportées américaines qui connaissent alors leur heure de gloire en Normandie, en Hollande, dans les Ardennes et sur le Rhin.

Rares sont les écrits qui relates les grandes manœuvres et exercices qui permettent de forger une arme. Il faut donc savourer cet article !

Le général Bourret

Les archives tenues par les familles des généraux français émergent petit à petit. Elles permettent de partir à la découverte de noms trop peu connus du grand public et d’offrir des clefs de compréhension des événements avant-guerre.

François de LANNOY renoue avec le magazine avec cette fois un portrait du général Victor BOURRET qui a la particularité de sortir du rang. Commandant la 5ème Armée derrière la Ligne Maginot, il dirige notamment deux illustres subordonnés, Jean de LATTRE de TASSIGNY et Charles de GAULLE.

La conclusion de l’article s’attarde sur le contenu du livre qu’il rédige après la Seconde Guerre mondiale et l’analyse qu’il fait de la défaite de mai et juin 1940. Point de révélation, mais la confirmation que le corps des généraux français est traversé de courants et de rivalités assez prononcées que la défaite, la captivité et les déchirements politiques ont accentué.

Ardennes, 1944/1945, une bataille si méconnue…

Dans le prolongement de ses excellents travaux pour le compte du Mook 1944 et pour Weyrich Edition, Hugues WENKIN se penche ici sur la poussée de la 6th US Armored Division sur Wardin et évoque le poche d’Harlange. Ces combats méconnus, de fin décembre 1944 à tout début janvier 1945 explique le coût humain particulièrement élevé de la bataille des Ardennes car les deux camps se livrent à une guerre d’attrition dans des conditions climatiques déplorables.

Militaria XXL

Depuis quelques années, le partenariat entre les Editions Heimdal et la maison de ventes aux enchères Hermann Historica permet de disposer d’une source iconographique assez incroyable.

C’est encore le cas ici avec cependant un aperçu des écoles de sous-officiers de la Wehrmacht qui s’ajoute à l’habituel « musée imaginaire » constitué au fil des ventes.

Ce numéro propose en outre un remarquable article sur les insignes des Cercles Pétain et du Mouvement Prisonniers, occasion de découvrir également ces associations.

Un numéro particulièrement riche et élaboré !

Ce numéro ne peut que ravir les passionnés. Le fond des sujets n’est pas le seul atout. L’iconographie colorée en met plein les yeux. Outre les très nombreuses reproductions d’objets d’époque en couleurs, on y retrouve plusieurs profils couleurs. Une habitude à pérenniser même si les sujets mériteraient cependant d’avoir un peu plus de relief car un peu trop écrasée par le rendu numérique.

Thèmes abordés

Sommaire détaillé

  • Hugues WENKIN, Panzer III et Panzer IV, les amants terribles
  • Denis van den BRINK, Décembre 1943, l’US Airborne sur la sellette !
  • François de LANNOY, Le général Victor Bourret
  • Hugues WENKIN, La 6th Armored Division pousse sur Wardin
  • Philippe GUIMBERTEAU & Cyril LE TALLEC, Les insignes des Cercles Pétain et du Mouvement Prisonniers
  • Alain TAUGOURDEAU, Le sabre des fonctionnaires de la douane du III. Reich
  • Georges BERNAGE, Les préparations aux écoles de sous-officiers dans la Wehrmacht
  • Georges BERNAGE, Les rendez-vous de l’Histoire
  • Bibliothèque 39/45 (Soldat jusqu’au dernier jour)

Caractéristiques

  • Nombre de pages : 112
  • Langue : Français
  • Reliure : souple et agrafée
  • Dimensions : 21 x 29,7 cm
  • Prix conseillé France à la date de parution : 12,00 € TTC