Divisions Légères de Cavalerie (DLC)

Les Divisions Légères de Cavalerie (DLC) sont mises sur pied au début de la Seconde Guerre mondiale en Europe sur la base des trois divisions de cavalerie existante lorsque la France déclare la guerre à l’Allemagne suite à l’invasion de la Pologne.

Les trois divisions de cavalerie sont renforcées en décembre 1939 d’une Brigade Légère Mécanique (BLM) composée d’un Régiment d’Auto-Mitrailleuses (RAM) et d’un Régiment de Dragons Portés (RDP). Elles deviennent donc mixtes, une partie de leurs éléments étant à cheval, l’autre étant motorisée. Le 10 février 1940, ces trois divisions sont transformées en Divisions Légères en prélevant à chacune une de leurs deux brigades à cheval et en réduisant leur régiment d’artillerie. Cette réduction permet de constituer deux nouvelles divisions pour porter le total à cinq.

Le 3 mars 1940, les cinq Divisions Légères sont renommées Divisions Légères de Cavalerie.

Dans les plans français pour contrer une invasion allemande du Luxembourg, de la Belgique voire de la Hollande, ces divisions sont appelées à jouer de couverture et de ralentissement dans les Ardennes afin de laisser du temps aux divisions d’infanterie françaises de prendre position sur la ligne de défense principale définie dans la manœuvre Dyle-Breda.

Le 10 mai 1940, en réaction au déclenchement de l’opération Fall Gelb allemande, les cinq divisions pénètrent conformément aux plans en Belgique et au Luxembourg. Cependant, leur rôle est contrarié dès le premier jour par des opérations spéciales allemandes (opération Niwi, Stoßtruppen W, Hedderich, Oswald, Steffen, Lauer) qui établissent des bouchons sur certains axes de progression et la rapidité de l’avance des divisions blindées allemandes du XIX. Armee-Korps (mot.). La 2ème Division Légère de Cavalerie (DLC) est ainsi bousculée par la 10. Panzer-Division dès la fin de matinée.

En conséquence, les division de cavalerie sont obligées de se replier derrière la Meuse ou la Ligne Maginot bien plus tôt que prévu. Ainsi, la 3ème Division Légère de Cavalerie (DLC) se replie dès le 11 mai 1940, les quatre autres divisions le lendemain 12 mai 1940. Les unités devant garnir la ligne de défense principale sont donc toujours en cours de déploiement quand les Allemands les abordent déjà. Le 13 mai 1940, même si plusieurs tentatives de franchissement sont repoussées (Yvoir, au sud de Houx) la Meuse est forcée en plusieurs endroits : Houx par la 5. Panzer-Division face à la 5ème Division d’Infanterie Motorisée (DIM), Bouvignes par la 7. Panzer-Division face à la 18ème Division d’Infanterie (DI), Monthermé par la 6. Panzer-Division face à la 102ème Division d’Infanterie de Forteresse (DIF), Sedan par la 1. Panzer-Division face à la 55ème Division d’Infanterie (DI), à Wadelaincourt par la 10. Panzer-Division face toujours à la 55ème Division d’Infanterie (DI) tandis que la 2. Panzer-Division finit par prendre pied à Donchéry uniquement grâce à l’aide de la 1. Panzer-Division qui progresse le long du fleuve contournant ainsi les défenses françaises. Les Divisions Légères de Cavalerie ne remplissent donc pas la mission qui leur est dévolue malgré des actes individuels de bravoure.

Dans la percée qui suit le franchissement de la Meuse et l’effondrement du front français au niveau de la 9ème Armée, la 1ère Division Légère de Cavalerie (DLC) disparaît au bout de quelques jours en Thiérache où la 4ème Division Légère de Cavalerie (DLC) est également fortement étrillée.

Les trois divisions restantes participent aux contre-attaques sur Stonne, Montcornet, Condé-Folie et Abbeville qui malgré quelques succès locaux n’influent pas sur la situation générale.

Les restes de la 4ème Division Légère de Cavalerie (DLC) sont utilisés pour constituer la 7ème Division Légère Mécanique (DLM). Les reliquats de la 1ère Division Légère de Cavalerie (DLC) quant à eux intégrés à la 4ème Division Légère Mécanique (DLM). Les autres Divisions Légères de Cavalerie (DLC) doivent également être transformées en Divisions Légères Mécaniques (DLM), mais ce projet est avorté avec le déclenchement de l’opération Fall Rot à partir du 5 juin 1940.

Elles sont sur la Somme quand l’opération Fall Rot débute le 5 juin 1940. La 2ème Division Légère de Cavalerie (DLC) et la 5ème Division Légère de Cavalerie (DLC) se retrouvent acculées à Saint-Valéry-en-Caux et à Veules-les-Roses. Elles y sont anéanties le 12 juin 1940.

De cinq divisions présentes le 10 mai 1940, seule la 3ème Division Légère de Cavalerie (DLC) parvient à se replier au sud de la Seine puis de la Loire pour se trouver entre Bordeaux et Périgueux quand l’Armistice est signée.

Bibliographie :

Yves BUFFETAUT, Mai 1940, les chars français au combat, in Militaria hors-série n°96 (Histoire & Collections, 2015) : numéro de quatre-vingt pages les évolutions des armes blindées françaises et allemandes durant l’Entre-Deux-Guerres, la situation des chars français et allemands à la veille du déclenchement de l’opération Fall Gelb à l’Ouest, l’emploi des Divisions Légères Mécaniques dans la manœuvre Dyle-Breda en Belgique (1ère DLM, bataille d’Hannut/Gembloux avec les 2ème et 3ème DLM du Corps de Cavalerie), les Divisions Légères de Cavalerie dans les Ardennes (1ère, 4ème et 5ème DLC), 4ème et 7ème BCC à Sedan et Stonne, le passage de la Meuse à Dinant et Houx, la 1ère Division Cuirassée à Flavion, l’éparpillement de la 2ème Division Cuirassée, la 3ème Division Cuirassée à Stonne, la 4ème Division Cuirassée à Montcornet et Crécy-sur-Serre – Photos, cartes, profils couleurs.

Jean-Yves MARY, Les chars français au combat (2ème partie), in 39/45 Magazine hors-série Historica73 (Heimdal, 2013) : notices techniques sur les chars français engagés à l’Ouest en 1940 (AMD 50 White-Laffly, AMD 178 Panhard, AMR Citroën-Kégresse P16, AMR 33 Renault VM, AMR 33 Renault ZT, AMC 35 Renault ACG1, AMC Somua S35) et notices historiques sur les unités issues de la cavalerie [Corps de Cavalerie, 1ère Division Légère Mécanique (DLM), 2ème Division Légère Mécanique (DLM), 3ème Division Légère Mécanique (DLM), 4ème Division Légère Mécanique (DLM), 7ème Division Légère Mécanique (DLM), 1ère Division Légère de Cavalerie (DLC), 2ème Division Légère de Cavalerie (DLC), 3ème Division Légère de Cavalerie (DLC), 4ème Division Légère de Cavalerie (DLC), 5ème Division Légère de Cavalerie (DLC), 1er Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI), 2ème Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI), 3ème Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI), 4ème Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI), 5ème Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI), 6ème Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI), 7ème Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI), Groupement de Langle de Cary, COMAM Monthléry, Groupe Franc de Neuchèze, unité de cavalerie de la 4ème Division Cuirassée (DCr) de Réserve] – Photos, profils couleurs.