Divisions blindées allemandes (Panzer-Divisionen)

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Des trois premières unités mise en place en 1935 à la Panzer-Division Clausewitz levée en avril 1945, l’Allemagne déploie un total près d’une soixantaine de divisions blindées au cours de la Seconde Guerre mondiale. Engagées sur l’ensemble des théâtres d’opérations, elles symbolisent le renouveau de l’armée allemande libérée des contraintes du Traité de Versailles. La victoire à l’Ouest contre la France en 1940 leur apporte la consécration. Mais l’opération Barbarossa et plus généralement les combats en URSS montrent ensuite les limites d’une doctrine basée uniquement une guerre courte.

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Historique

Penser la guerre future

Sortir des contraintes du Traité de Versailles

A l’issue de la Première Guerre mondiale, le Traité de Versailles bride l’armée allemande en termes d’armement et d’unités. Seules sept divisions d’infanterie et trois de cavalerie sans aucun matériel lourd composent la Reichswehr. Cela ne l’empêche pas de mener en secret des expérimentations dans le domaine des blindés et de l’aviation. Ses cadres préparent en effet activement son renouveau et son expansion dès que les conditions le permettront.

A son arrivée au pouvoir le 30 janvier 1933, Adolf HITLER trouve ainsi dans les cartons des projets déjà prêts destinés à tripler le nombre de divisions d’infanterie. Le réarmement s’effectue de façon discrète dans les premiers mois. Le 17 avril 1934, l’Allemagne officialise sa sortie des dispositions contraignantes en termes d’armement du Traité de Versailles. Le 16 mars 1935, la Wehrmacht et ses trois composantes (Heer, Kriegsmarine et Luftwaffe) remplace la Reichswehr. Enfin, Adolf HITLER rétablit le service militaire obligatoire le 21 mars 1935. En deux ans, l’armée allemande pose les fondations qui lui permettent de se reconstituer ses fondations.

Naissance des troupes rapides (schnelle Truppen)

Les officiers de la Reichswehr analysent en profondeur les transformations qui s’opèrent au cours de la Première Guerre mondiale. Le char y fait son apparition ainsi que l’aviation militaire. Au-delà des aspects purement techniques et technologiques, ces nouveaux matériels permettent de développer de nouveaux paradigmes.

Dans le même temps, la culture militaire allemande reste imprégnée de la notion de « Schwerpunkt » et de bataille décisive. Ces nouvelles armes laissent entrevoir le moyen de briser le point de résistance ennemi et de relancer la guerre de mouvement.

L’expérience de l’arme blindée allemande reste limitée durant la Première Guerre mondiale. Seuls vingt exemplaires de son Sturmpanzerwagen A7V sortent des chaines de fabrication. Le parc allemand se compose essentiellement de chars de prise, éventuellement modifiés, et retournés contre leurs anciens propriétaires. La Reichswehr ne comprend aucun char. Elle entraine ses troupes à l’aide d’engins factices mobiles. En parallèle, elle teste des prototypes (Leichte Traktor et Grosstraktor) à partir de 1928. Les enseignements tirés de ces essais jettent les bases de la conception des futurs chars et d’imaginer leur doctrine d’emploi.

En 1932, deux appels d’offres sont lancés. Le premier concerne un char léger, le futur Panzer I. Le second aboutit à un char plus lourd et multi-tourelles, le Neubaufahrzeug.

L’armée allemande teste les premiers prototypes de Panzer I à partir de l’été 1933. En janvier 1934, le besoin d’un char d’accompagnement apparaît. Il prend la place du Neubaufahrzeug dont la prudction ne dépasse finalement pas quelques prototypes. La production en série du Panzer I démarre dès avril 1934. Trois mois après, les services de l’armement émettent un nouveau cahier des charges aboutissant au Panzer II.

Se roder…

L’arme blindée allemande bénéficie de plusieurs opportunités pour se roder en grandeur nature. Il y a bien sûr la Guerre d’Espagne avec l’envoi de la Legion Condor qui nourrit les enseignements tactiques. Les déploiements en Autriche et en Tchécoslovaquie permettent de tester le déploiement et le mouvement sur des distances importantes d’unités complètes. Les Allemands en tirent de précieuses leçons notamment logistiques.

La principale difficulté reste l’équipement. L’armée allemande finalise uniquement en 1935 le cahier des charges de son premier vrai char de combat. En décembre 1936, elle fige le concept le concept du char d’accompagnement. Les projets des futurs Panzer III et Panzer IV sont lancés. Les premiers exemplaires n’arrivent dans les unités que respectivement en mai et octobre 1937. En termes d’ergonomie, ils fixent le standard qui s’applique désormais avec un équipage de cinq hommes dont trois prennent place dans l’espace de la tourelle.

Par ailleurs, en 1937, quatre division d’infanterie sont motorisées pour accompagner les divisions blindées dans leur avance.

En novembre 1938, deux nouvelles divisions blindées voient le jour (4. Panzer-Division, 5. Panzer-Division). Au cours de cette même année, quatre divisions légères naissent et complètent l’ordre de bataille allemand. Ces unités ne comprennent qu’une Abteilung de chars contre deux régiments pour les divisions blindées.

Le 1er avril 1939, la 10. Panzer-Division voit le jour à Prague. Contrairement aux autre divisions blindées, elle ne comprend qu’un régiment de chars et inaugure ce standard qui devient ensuite la norme.

Avant d’envahir la Pologne, la Wehrmacht dispose donc d’un corps de bataille rapide composé de cinq divisions blindées, quatre légères auxquels il faut ajouter deux régiments blindés non endivisionnés et une division de circonstance (Panzer-Division Kempf). Aucun de ses adversaires directs ne dispose alors d’une telle organisation.

Au total, les Allemands attaquent avec près de deux mille six cent quatre-vingt dix chars. Un chiffre impressionnant pour une armée qui n’avait pas le droit de posséder un tel engin avant de sortir du Traité de Versailles en 1935.

Mais c’est un nombre en trompe l’œil. Les Panzer I armés d’une simple mitrailleuse représentent plus d’un tiers du total. L’industrie tchèque apporte un renfort non négligeable permettant d’intégrer deux cent Panzer 35(t) et Panzer 38(t).

La multiplication des unités, l’appauvrissement de leurs dotations en hommes et en matériels reflètent l’érosion de l’armée allemande. Les luttes d’influence propres au III. Reich amènent la Waffen-SS et la Luftwaffe à posséder leurs propres divisions blindées, dispersant un peu plus des moyens déjà restreints. L’historique des Panzer-Divisionen reflète la montée en puissance puis la déchéance de l’armée allemande au cours de la seconde Guerre mondiale…

Unités

Armée de terre (Heer)

Waffen-SS

Armée de l’Air (Luftwaffe)

Bibliographie

Repères bibliographiques

La surabondance de l’historiographie des divisions blindées allemandes reflètent le déséquilibre des centres d’intérêts des lecteurs et passionnés de la Seconde Guerre mondiale. En effet, si elles jouent un rôle essentiel dans les grandes offensives du début du conflit et permettent des coups d’éclat défensifs, elles demeurent minoritaires dans l’ordre de bataille allemand.

Sur la soixantaine de divisions mises sur pied, les auteurs s’intéressent seulement à quelques unes dans des périodes bien précises. Les ouvrages sur les divisions blindées de la Waffen-SS ne se comptent plus même si les détails sur leurs derniers engagements en Hongrie et en Autriche sont beaucoup plus rares.

A titre d’illustration, les magazines utilisent régulièrement la question des chars et unités blindées de la Wehrmacht en guise d’accroche éditoriale, pour se lancer voire se relancer…

Livres

Magazines et périodiques

2e Guerre Mondiale

  • Vincent BERNARD, Panzerwaffe, les fauves de la Wehrmacht, tour d’horizon des divisions blindées du Heer [2e Guerre Mondiale n°75 (Mars & Clio, 2018)]

39/45 Magazine

Batailles & Blindés

GBM

Ligne de Front

Militaria

Trucks & Tanks Magazine

Liens externes