Stalingrad 1942/1943

La bataille de Stalingrad en URSS se déroule au cours de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Contexte :

non seulement tenue en échec lors de son opération Barbarossa, l’armée allemande fait face aux contre-attaques soviétiques au cours de l’hiver 1941/1942 provoquant sa première grande crise militaire du conflit. Au printemps, la situation se stabilise. Ne pouvant pas repartir à l’assaut sur l’ensemble du front, les Allemands se concentrent sur le secteur sud et conçoivent l’opération Fall Blau qui doit leur permettre d’anéantir l’Armée Rouge dans la boucle du Don par une pince venant de Voronej et une autre de Rostov-sur-le-Don, les deux devant se rejoindre aux abords de Stalingrad afin de permettre de déferler sur le Caucase pour s’emparer des champs pétroliers.

Opérations :

A l’issue des opérations préliminaires, Fall Blau démarre le 28 juin 1942. Contrairement à l’année précédente, les Soviétiques se replient au lieu de se faire encercler puis résistent dans des secteurs bien déterminés. C’est ainsi que les combats pour Voronej provoquent des premiers retards. Cumulé avec l’apparente fuite de l’Armée Rouge, Adolf HITLER décide de scinder ses forces pour atteindre conjointement ses objectifs et non plus simultanément. A cette occasion, Stalingrad devient un objectif en tant que tel alors que la ville ne l’est pas au départ.

La bataille pour le ville proprement dite débute le 13 septembre 1942. La 6. Armee parvient à conquérir progressivement la majorité de la ville et à border la Volga. La 62ème Armée soviétique s’accroche. La dernière offensive débute le 11 novembre 1942 mais elle ne peut nettoyer les dernières poches de résistance soviétique.

En effet, le 19 novembre 1942, l’Armée Rouge déclenche l’opération Uranus, une opération avec deux pinces qui se rejoignent le 23 novembre 1942 sur les arrières de la 6. Armee et des éléments de la 4. Panzer-Armee. Le lendemain, Adolf HITLER refuse définitivement tout ordre de repli. Un pont aérien se met en place et la préparation d’une opération de dégagement est lancée. L’un et l’autre sont des échecs. L’opération Wintergewitter finalement lancée le 11 décembre 1942 ne peut rejoindre la 6. Armee malgré l’avance initiale. Surtout, l’Armée Rouge lance de nouvelles attaques à partir du 16 décembre 1942 sur le Don mettant en péril toutes les unités allemandes enfoncées dans la péninsule du Caucase. La 6. Armee est laissée à son propre sort dans des conditions particulièrement difficile compte tenu des conditions climatiques et du manque de ravitaillement.

Le 8 janvier 1943, les Soviétiques offre à la 6. Armee de capituler, ce que son commandant, Friedrich PAULUS refuse. L’assaut de la poche débute le 10 janvier 1943. Les Allemands se retranchent progressivement dans les ruines de Stalingrad. Goumrak, le dernier terrain d’aviation aux mains des Allemands, tombe le 23 janvier 1943. Le 26 janvier 1943, la 6. Armee est coupée en deux, les restes de la 62ème Armée soviétique sont enfin reliés aux autres unités de l’Armée Rouge autrement que par la Volga. PAULUS est capturé le 31 janvier 1943, les derniers combats se poursuivent jusqu’au 2 février 1943.

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Conclusion :

Après l’échec dans la Caucase sur le Terek, le succès de l’opération Uranus enterre définitivement l’opération Fall Blau. L’encerclement et l’anéantissement de la 6. Armee est un symbole extrêmement fort qui s’ajoute à la défaite d’El Alamein quelques mois plus tôt, à l’opération Torch, aux revers subis par les sous-marins allemands dans l’Atlantique et aux premiers bombardements aériens alliés des villes allemandes. Le III. Reich a atteint en 1942 son point culminant en termes de domination géographique.

De son côté, l’Armée Rouge montre les progrès effectués depuis le début de l’opération Barbarossa. A ses qualités de résistance, à l’immensité de ses ressources humaines et matérielles, elle ajoute désormais des capacités de manœuvre et opérationnelles. Seul le sacrifice de la 6. Armee à Stalingrad permet aux Allemands d’éviter une catastrophe militaire beaucoup plus importante.

D’un point de vue international, le III. Reich est désormais en délicatesse avec ses alliés italiens, roumains et hongrois dont les pertes sont également énormes et qui sont rendus responsables de la défaite.

La défaite de Stalingrad a également des répercussions internes. La guerre totale est déclarée entraînant la mobilisation de toutes les ressources à l’effort de guerre. L’opposition à HITLER se renforce du fait des défaites qui s’accumulent et de l’absence désormais de perspectives de victoire.

Bibliographie :

Eclairs lointains, percée à Stalingrad est le témoignage magistral côté allemand du quotidien vécu dans l’enfer du chaudron. A lire absolument. Côté soviétique, son pendant est l’oeuvre de Vassili GROSSMAN, qui reste néanmoins une approche plus engagée et surtout autorisée par le régime soviétique.

D’un point de vue opérationnel le numéro de Batailles & Blindés hors-série n°36 fournit une synthèse très plaisante à lire et à regarder. C’est un point de départ facile d’accès pour toute personne qui s’intéresse à la bataille de Stalingrad, du pourquoi au comment.

La référence d’un point de vue description tactique est la trilogie rédigée par David M. GLANTZ. Disponible en Anglais, les quatre volumes de textes qui composent cette bible ne sont réservés qu’à un public déjà bien au fait du sujet et désireux d’en appréhender les moindres détails.

Loïc BECKER, La bataille pour Ordjonikidze et pour quelques barils de pétrole de plus…, in Batailles & Blindés n°95 (Caraktère, 2020) : article de douze pages sur l’ultime avance allemande dans le Caucase en direction d’Ordjonikidze (Vladikavkaz) sur le Terek durant laquelle les 13. Panzer-Division et 23. Panzer-Division manquent de peu de se faire anéantir par la 37ème Armée soviétique entraînant un repli qui fragilise indirectement le flanc sud de la 6. Armee à Stalingrad – Photos, cartes, profils couleurs.

Nicolas BERNARD, Stalingrad, la mort de la 6. Armee, in Batailles & Blindés hors-série n°36 (Caraktère, 2018)

Yves BUFFETAUT, Stalingrad (3ème partie), in 39/45 Magazine n°24 (Heimdal, 1988) : article de neuf pages sur la fin de la 6. Armee à Stalingrad comprenant des éléments sur le pont aérien allemand – Photos, cartes.

Yves BUFFETAUT, Stalingrad (2ème partie), in 39/45 Magazine n°23 (Heimdal, 1987) : article de douze pages sur l’opération Uranus qui encercle la 6. Armee à Stalingrad, la tentative allemande de dégagement (opération Wintergewitter) – Photos, cartes.

Yves BUFFETAUT, Stalingrad (1ère partie), in 39/45 Magazine n°22 (Heimdal, 1987) : article de seize pages sur l’offensive allemande sur Stalingrad et les combats à l’intérieur de la ville jusqu’à la veille de la contre-offensive soviétique – Photos, cartes.

Sylvain FERREIRA, Les secrets du Pakfront, les tactiques antichars soviétiques de la Seconde Guerre mondiale, in Ligne de Front n°82 (Caraktère, 2019) : article de huit pages sur les tactiques de défense antichars de l’Armée Rouge en URSS comprenant un historique des matériels (PTRD-41, PTRS-41, ZIS-3) et des organisations, un aperçu des cas de Stalingrad et de Koursk ainsi qu’une témoignage de Mikhaïl Fedorovitch BORISOV face à la SS-Panzergrenadier-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler à Prokhorovka – Photos, profils couleurs.

Heinrich GERLACH, Eclairs lointains, percée à Stalingrad (Anne Carrière, 2017)

Patrick de GMELINE, Stalingrad, le dernier survol, in 39/45 Magazine n°24 (Heimdal, 1988) : article de trois pages relatant les dernières missions d’un membre de la Kampfgeschwader (KG) 100 au-dessus de Stalingrad à bord d’un Heinkel He 111 lors du pont aérien – Photos.

Yann MAHE, Légion croate, in Ligne de Front hors-série n°36 (Caraktère, 2019) : article de six pages sur les volontaires croates engagés au sein de l’Infanterie-Regiment 369 qui combat en URSS à partir de fin 1941 avec la 100. Jäger-Division avec laquelle ils participent à la seconde bataille de Kharkiv, à l’opération Fall Blau sur le Don, aux combats pour Stalingrad où ils disparaissent étant rattachés en dernier lieu à la 79. Infanterie-Division – Photos, infographie couleurs.

Laurent TIRONE, Les canons d’assaut allemands, l’incroyable course à la puissance, in Trucks & Tanks Magazine n°60 (Caraktère, 2017) : article de dix-huit pages retraçant l’historique des canons d’assaut allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale évoquant l’origine du concept avec l’A7V Sturmpanzer, la naissance du Sturmgeschütz (StuG) III et sa spécialisation antichar avec les version Ausf. F puis Ausf. G, le Sturmhaubitze (StuH) 42, les leçons de Stalingrad qui conduisent à l’hyperspécialisation avec les Sturmpanzer IV Stupa puis Sturmpanzer VI Sturmtiger, la problématique du remplacement du Sturmgeschütz (StuG) III qui conduit au développement du Sturmgeschütz (StuG) IV et Panzer IV/70, la question de la classification des Panzerjäger VI(P) Ferdinand, Jagdpanzer V Jagdpanther et Jagdpanzer VI Jagdtiger, les projets en cours à la fin du conflit (Sturmpanzer VIII, Sturmgeschütz E-75, Sturmgeschütz E-100) – Photos, profils couleurs.

Laurent TIRONE, Comment la Panzerwaffe a perdu la guerre, l’illusion de la supériorité technologique, in Trucks & Tanks Magazine n°55 (Caraktère, 2016) : article de vingt-quatre pages d’historique de l’arme blindée allemande analysant les différentes phases de supériorité des chars allemands et des divisions blindées allemandes durant la Seconde Guerre mondiale (la révolution stratégique 1919-1939, Pologne 1939 : l’apprentissage à la dure, France 1940 : l’âge d’or des Panzer, entre confiance et arrogance, forces et faiblesses de la Wehrmacht, Barbarossa 1941, des réponses tactiques à des problèmes stratégiques, Fall Blau 1942 – l’ultime campagne ?, l’erreur de Stalingrad, la bataille décisive encore et toujours, que faire à l’Est ?, Koursk 1943 – la surenchère technologique, l’illusion de la technologie) – Photos, profils couleurs.

Laurent TIRONE, Dans l’enfer des guerres urbaines (1ère partie), Stalingrad, la Wehrmacht joue et perd, in Trucks & Tanks Magazine n°19 (Caraktère, 2010) : article de douze pages sur les tactiques employées par les 6. Armee et 62ème Armée soviétique à Stalingrad et les matériels utilisés dont les Sturminfanteriegeschütz (StuIG) 33B, Sturmgeschütz (StuG) III, Panzer III, Panzer IV, T-34, PTRD-41, PTRS-41, ZIS 3 – Photos, profils couleurs.

Jeux d’Histoire :