Opération Fall Blau 1942

L’opération Fall Blau est le nom de code donné à l’offensive allemande d’été en 1942 en URSS durant la Seconde Guerre mondiale en Europe. Elle se déroule dans la boucle du Don puis en direction du Caucase et de Stalingrad.

Contexte :

Le 22 juin 1941, le III. Reich déclenche l’opération Barbarossa, l’invasion de l’URSS. Malgré de gigantesques batailles d’encerclement au cours de l’été (Minsk, Smolensk, Ouman, Kiev), l’offensive trouve vite ses limites. La résistance de l’Armée Rouge qui génère sans cesse de nouvelles unités et l’immensité du théâtre d’opérations usent la Wehrmacht confrontée à des difficulté logistiques et des moyens industriels insuffisants pour subvenir à ses besoins. Elle échoue à s’emparer de tous ses objectifs stratégiques (Sebastopol, Rostov-sur-le-Don, Moscou et Leningrad). L’Armée Rouge contre-attaque en plein hiver provoquant la première crise militaire de la guerre pour l’Allemagne. Au printemps 1942, la situation se stabilise, mais l’Allemagne ne possède plus les moyens de relancer l’offensive sur l’ensemble du front.

Par ailleurs, suite à l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, Allemagne et Italie déclarent la guerre aux Etats-Unis élargissant un peu plus le conflit.

C’est pourquoi, Adolf HITLER choisit de privilégier des objectifs économiques et logistiques en souhaitant s’emparer des champs pétrolifères du Caucase. Joseph STALINE craignant une nouvelle offensive sur Moscou concentre de son côté la majorité de ses réserves autour de la capitale soviétique.

Les premières ébauches de l’offensive sont présentées à Adolf HITLER le 28 mars 1942 qui signe la directive n°41 le 5 avril 1942.

Cependant, l’axe d’attaque et les objectifs stratégiques entraînent une extension importante d’un front déjà immense alors que les ressources de la Wehrmacht sont limitées. Les Allemands doivent faire appel à leur alliés hongrois, italiens et roumains et leur confier des secteurs entiers du front à venir.

Opérations :

Grâce au nettoyage de la presqu’île de Kertch et la prise de Sebastopol, les Allemands s’emparent de l’ensemble de la Crimée. Profitant de l’attaque soviétique sur Karkhiv, les Allemands contre-attaquent et anéantissent les forces soviétiques sur le Donetz. Les manœuvres préliminaires sont à l’avantage des Allemands qui peuvent s’élancer à partir du 28 juin 1942 sur Voronej. Devant le repli de l’Armée Rouge, les succès allemands semblent faciles, mais aucune grande bataille d’encerclement ne se réalise comme en 1941. Sans avoir neutralisé les forces soviétiques, les Allemands négligent de nettoyer les têtes de pont russes sur le Don et dispersent leurs efforts. Une partie s’enfonce dans le Caucase avant de buter sur le Terek tandis que la 6. Armee s’enferme progressivement dans Stalingrad. La 11. Armee, libérée par la victoire en Crimée, est envoyée à Leningrad.

Publicités

Conclusion :

Au final, aucun n’objectif n’est atteint. Pire, le 19 novembre 1942, l’Armée Rouge déclenche l’opération Uranus qui aboutit à l’encerclement de la 6. Armee à Stalingrad et l’effondrement de tout le front sur le Don. Fall Blau se termine donc par une victoire décisive soviétique qui peut se prévaloir de la destruction d’une armée allemande au complet en campagne. Il faut attendre cibq mois plus tard la victoire de Karkhiv en mars 1943 pour stopper l’hémorragie. L’offensive d’été allemande en 1943 se concentre sur un secteur encore plus réduit, celui de Koursk, avec l’opération Zitadelle. Elle ne dure que quelques jours avant de laisser place aux offensives soviétiques sur Rjev et le Mious.

Adolf HITLER confirme son emprise sur la direction des opérations militaires avec un commandement de plus en plus rigide.

Bibliographie :

Nicolas BERNARD, Stalingrad, la mort de la 6. Armee, in Batailles & Blindés hors-série n°36 (Caraktère, 2018)

François de LANNOY & Jean-Claude PERRIGAULT, La Grossdeutschland, du Régiment au Panzerkorps (Heimdal, 1998) : album historique de plus de quatre cent soixante pages sur le parcours des unités issues de l’Infanterie-Regiment Großdeustchland (Panzergrenadier-Division Großdeutschland, Panzer-Division Großdeutschland, Panzer-Korps Großdeutschland ainsi qu’un récapitulatif des formations affiliées – Panzergrenadier-Division Brandenburg, Führer-Begleit-Division, Führer-Grenadier-Division, Panzer-Division Kurmark) lors des combats à l’Ouest en 1940 (Ardennes, Sedan, Stonne), de l’opération Marita dans les Balkans, en URSS (opération Barbarossa, opération Taïfun, opération Fall Blau vers Orel et dans la boucle du Don, saillant de Rjev et vallée de la Luchesa, Kharkiv, Belgorod, Koursk (opération Zitadelle), Okhtyrka (Akhtyrka), Krementchouk, Krivoï Rog, Kirovohrad), en Roumanie (Târgu Frumos, Jassy), URSS de nouveau (Vilkaviškis Wilkowischken), Prusse Orientale (Klaipėda Memel, Lautern, Königsberg, Kahlholz) puis enfin dans le Samland et à Pillau, portraits de quelques membres de l’unité porteurs de la Ritterkreuz (Hugo SCHIMMEL, Heinrich GERBENER, Harald KRIEG, Hyazinth STRACHWITZ von GROß-ZAUCHE und CAMMINETZ, Horst von USEDOM, Peter FRANTZ, Willi LANGKEIT, Otto-Ernst REMER, Walter HOERNLEIN, Hasso von MANTEUFFEL, Karl LORENZ, Herbert MAGOLD, Horst NIEMACK, Helmut BECK-BROICHSITTER, Diddo Siebels DIDDENS, Gerhard KONOPKA, Helmuth SPAETER, Hans RÖGER, Bruno KIKILLUS, Karl SCHWAPPACHER, Dietrich von SAUCKEN) – Photos, cartes.

Benoît RONDEAU, Les Gebirgsjäger à la conquête du Caucase, l’élite de la Wehrmacht atteint les sommets, in 2e Guerre Mondiale n°88 (Mars & Clio, 2020) : article de dix-sept pages sur l’engagement du XXXXIX. Gebirgs-Korps dans le Caucase sur l’Elbrouz dans le cadre de l’opération Fall Blau avec ses 1. Gebirgs-Division et 4. Gebirgs-Division contre la 46ème Armée soviétique – Photos, carte (Opération Fall Blau).

Benoît RONDEAU, Les Gebirgsjäger à la conquête du Caucase, l’élite de la Wehrmacht dans l’enfer blanc, in Champs de Bataille Seconde Guerre mondiale18 (Conflits & Stratégie, 2012) : article de dix-sept pages sur l’engagement du XXXXIX. Gebirgs-Korps dans le Caucase sur l’Elbrouz dans le cadre de l’opération Fall Blau avec ses 1. Gebirgs-Division et 4. Gebirgs-Division contre la 46ème Armée soviétique – Photos, cartes (Opération Fall Blau, Elbrouz 1942).

Laurent TIRONE, Comment la Panzerwaffe a perdu la guerre, l’illusion de la supériorité technologique, in Trucks & Tanks Magazine n°55 (Caraktère, 2016) : article de vingt-quatre pages d’historique de l’arme blindée allemande analysant les différentes phases de supériorité des chars allemands et des divisions blindées allemandes durant la Seconde Guerre mondiale (la révolution stratégique 1919-1939, Pologne 1939 : l’apprentissage à la dure, France 1940 : l’âge d’or des Panzer, entre confiance et arrogance, forces et faiblesses de la Wehrmacht, Barbarossa 1941, des réponses tactiques à des problèmes stratégiques, Fall Blau 1942 – l’ultime campagne ?, l’erreur de Stalingrad, la bataille décisive encore et toujours, que faire à l’Est ?, Koursk 1943 – la surenchère technologique, l’illusion de la technologie) – Photos, profils couleurs.

Jeux d’histoire :

Publicités