Hautes Fagnes 1944

Le plateau des Hautes Fagnes est un massif situé en Belgique et en Allemagne, au sud d’Aix-la-Chapelle (Aachen), à l’ouest de Montjoie (Monschau), au nord de Saint-Vith et à l’est de Liège (Lüttich). Il est délimité au nord par la Vesdre (Weser), à l’est par la Rour (Roer), au sud par la Warche puis l’Amblève.

Cet obstacle naturel joue un rôle essentiel durant la Seconde Guerre mondiale en Europe lors de l’offensive allemande dans les Ardennes (opération Wacht am Rhein / Herbstnebel) destinée à renverser la situation militaire et politique à l’Ouest à partir du 16 décembre 1944.

La traversée des Hautes Fagnes représente le premier objectif de la 6. SS-Panzer-Armee qui doit ensuite impérativement franchir la Meuse puis se porter sur Anvers. Les effectifs assignés à cette tâche sont répartis entre le LXVII. Armee-Korps (272. Volksgrenadier-Division et 326. Volksgrenadier-Division) et le I. SS-Panzer-Korps (1. SS-Panzer-Division, 12. SS-Panzer-Division, 12. Volksgrenadier-Division, 277. Volksgrenadier-Division et 3. Fallschirmjäger-Division). Pour faciliter le passage, une opération aéroportée est prévue (opération Stösser). Le massif est de son côté défendu par le V US Corps de la 1st US Army dont la première ligne dans ce secteur est occupée par la 2nd US Infantry Division et la 99th US Infantry Division épaulées par des éléments des 801st US Tank Destroyer Battalion et 820th US Tank Destroyer Battalion. La 1st US Infantry Division est positionnée en réserve juste à l’arrière des Hautes Fagnes.

Le 16 décembre 1944, l’attaque est lancée mais connaît très vite des difficultés. Le largage de parachutistes doit être repoussé faute de camions disponibles pour convoyer les hommes vers les terrains d’aviation d’où ils doivent s’envoler. Le LXVII. Armee-Korps est incapable de déboucher autour de Montjoie (Monschau) et doit déjà stopper son effort offensif. Les divisions d’infanterie du I. SS-Panzer-Korps prennent beaucoup de retard et ne parviennent pas à percer les lignes de la 99th US Infantry-Division.  La 277. Volksgrenadier-Division est incapable d’atteindre Rocherath-Krinkelt, obligeant la 12. SS-Panzer-Division à intervenir en support, mais sans résultat probant. La 12. Volksgrenadier-Division est bloquée à la sortie de Losheim au lieu-dit Losheimgraben et ne peut atteindre Bullange (Büllingen). Seule la 3. Fallschirmjäger-Division parvient à avancer significativement en profitant de l’effondrement du 14th US Cavalry Group et à s’emparer de Lanzerath. avant de se retrouver bloquer par des éléments de la 99th US Infantry-Division. Cette avance permet de lancer la Kampfgruppe Peiper comprenant des éléments de la 1. SS-Panzer-Division et de la schwere SS-Panzer-Abteilung 501 chargée d’ouvrir un chemin vers la Meuse sans se préoccuper de ses flancs. Honsfeld tombe dans la soirée. Les Américains réagissent localement vite. La 2nd US Infantry Division suspend ses opérations offensives autour de Kesternich pour se redéployer en support de la 99th US Infantry Division qui reçoit de plein fouet l’essentiel de l’effort de la 6. SS-Panzer-Armee. La 1st US Infantry Division est affectée au V US Corps. La faiblesse de l’avance allemande congestionne les routes et entraine d’important embouteillages qui bloquent le ravitaillement, les armes lourdes et de génie ainsi que les renforts. Aucun des objectifs n’est atteint.

Le lendemain, 17 décembre 1944, les Allemands poursuivent leurs efforts avec les 12. SS-Panzer-Division, 12. Volksgrenadier-Division et 1. SS-Panzer-Division. Dans la nuit, l’opération Stösser a pu enfin être déclenchée mais le résultat des parachutages est catastrophique. Seuls cent cinquante hommes peuvent être rassemblés puis trois cent à la fin de la journée par leur commandant, Friedrich von der HEYDTE. Sans moyen radio fonctionnel, le groupe ne peut transmettre les observations qu’il a faites. La 12. SS-Panzer-Division se lance à l’assaut de Rocherath-Krinkelt mais tous ses assauts sont repoussés avec de lourdes pertes par les hommes de la 99th US Infantry Division et de la 2nd US Infantry Division épaulés par quelques Medium Tank M4 Sherman du 741st US Tank Battalion après de violents et confus combats. Dans la trouée de Losheim, la 12. Volksgrenadier-Division ne s’empare du carrefour de Losheimgraben qu’en milieu d’après-midi. Mais l’arrivée d’éléments de la 2nd US Infantry Division bloque de nouveau la progression. De son côté, la Kampfgruppe Peiper avec des éléments de la 3. Fallschirmjäger-Division entre dans Honsfeld et met en déroute les éléments américains présents appartenant à la 99th US Infantry Division et au 14th US Cavalry Group. Ont lieu alors les premiers crimes de guerre. En quittant Honsfeld, elle choisit de prendre la direction de Bullange (Büllingen) pour s’emparer notamment du dépôt de carburant américain qui s’y trouve. Le temps se dégage et l’aviation américaine opère quelques passes au-dessus de la colonne. Bullange tombe, l’essence avec. Une brève reconnaissance sur la rive nord de la Warchenne en direction de Wirtzfeld est stoppée par des Tank Destroyer M10 Wolverine du 644th US Tank Destroyer Battalion qui semblent bloquer la progression vers Malmedy. Tout à son obsession de progresser rapidement vers la Meuse au lieu d’appuyer la 12. SS-Panzer-Division en difficulté dans son avance vers Rocherath-Krinkelt et de menacer ainsi les éléments avancés des 2nd US Infantry Division et 99th US Infantry Division, la Kampfgruppe Peiper retourne sur ses pas et empreinte des chemins difficilement praticables entre la Warchenne et l’Amblève en passant par Möderscheid, Schoppen, Faymonville, Ondeval, Thirimont pour arriver au carrefour de Baugnez sur lequel passe un convoi du 285th US Field Artillery Observation Battalion qui est anéanti. La Kampfgruppe Peiper prend à gauche pour rejoindre Ligneuville sur l’Amblève où se trouve l’état-major du 49th US Anti-Aircraft Artillery Brigade avec le général Edward J. TIMBERLAKE qui échappe de peu à la capture. Quatre-vingt quatre des prisonniers faits à Baugnez sont massacrés. La colonne empreinte ensuite la route de Ligneuville à Stavelot en traversant Beaumont. Quelques Américains du 291st US Engineer Combat Battalion parviennent à bloquer la Kampfgruppe Peiper en tendant une embuscade à la colonne allemande l’obligeant à s’arrêter sans avoir atteint Stavelot alors peu défendu. Les Américains mettent à profit ces quelques heures de répit pour faire converger des renforts rassemblés à la hâte appartenant au 825th US Tank Destroyer Battalion et au 526th US Armored Infantry Battalion. Du fait des embouteillages et de l’absence de réelle percée, Otto SKORZENY annule l’action de la la Panzer-Brigade 150 équipée de matériels américains de prise ou simulés de s’infiltrer dans les lignes adverses.

Bibliographie :

Yann MAHE, Krinkelt-Rocherath, échec aux Panzer de la Hitlerjugend, in Batailles & Blindés85 (Caraktère, 2018) : article de vingt pages sur la bataille de Rocherath-Krinkelt qui voit la 12. SS-Panzer-Division échouer à atteindre ses objectifs initiaux lors de la bataille des Ardennes et se retrouver dans l’incapacité de percer les Hautes Fagnes hypothéquant de ce fait tout succès de la 6. (SS-)Panzer-Armee (une division déséquilibrée, un itinéraire difficile, ça commence mal pour les Allemands, Kraas ne profitera pas de Stösser, le doigt d’honneur du Bordführer, Alamo à Lausdell, Rocherath-Krinkelt cimetière des Panther, une victoire au goût de défaite pour les SS) – Photos, cartes, profils couleurs.

Marc MARAN, Le chant du cygne des paras allemands, opération Stösser !, in 39/45 Magazine n°284 (Heimdal, 2010) : article de dix pages sur l’opération Stösser, le largage de parachutistes allemands sous les ordre de Friedrich von der HEYDTE sur les Hautes Fagnes lors de la bataille des Ardennes pour faciliter la percée de la 6. SS-Panzer-Armee, détails sur les préparatifs, le saut proprement dit, le repli à travers les lignes américaines – Photos, cartes, reproductions couleurs d’objets d’époque.

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