Manoeuvre Dyle-Breda 1940

La manœuvre Dyle-Breda est le nom donné au cours de la Seconde Guerre mondiale au plan franco-britannique imaginé en réaction à une éventuellement invasion allemande de la Belgique et de la Hollande et conçu sous la houlette de Maurice GAMELIN.

L’objectif est de tenir une ligne dans le prolongement de la Ligne Maginot en s’appuyant sur la Meuse de Sedan à Namur, en couvrant la trouée de Gembloux et en tenant sur la Dyle jusqu’à Anvers pour établir un lien avec l’armée néerlandaise. Ce faisant, une partie du territoire belge est abandonné ainsi que le massif des Ardennes en Belgique et au Luxembourg. Afin de laisser le maximum de temps aux unités de s’installer sur leurs positions défensives, les unités de cavalerie doivent couvrir l’avance et faciliter le repli des unités belges.

Les motivations du plan sont logiques. Il s’agit de tendre la main à des pays qui se sont déclarés neutres mais qui sont néanmoins attaqués tout en repoussant le plus loin possible la ligne de front du territoire français et notamment des zones industrielles et minières du Nord et de Wallonie qui étaient rapidement tombées aux mains des Allemands en 1914 au cours de la Première Guerre mondiale. Les Britanniques y voient également un avantage car cette manœuvre permet de conserver la côte belge aux mains alliées afin d’éviter que les Allemands ne soient en mesure de menacer directement les côtes anglaises.

Le plan est cependant affaibli par la posture belge de neutralité qui empêche toute coordination avec les Alliés notamment français et ne permet pas la préparation de réelles lignes de défenses aux endroits prévus.

Si le déclenchement de l’opération Fall Gelb le 10 mai 1940 semble correspondre aux attentes alliées, plusieurs éléments vont cependant ruiner instantanément le plan prévu. Tout d’abord, l’usage extensif d’assauts aéroportés soit en Hollande, soit pour s’assurer de points de passage stratégiques afin de faciliter l’avance des unités terrestres réduit considérablement le délai laissé aux unités alliées pour atteindre les lignes prévues. Le manque de défenses préétablies se révèle d’autant plus grave que les Allemands se présentent déjà face aux unités franco-britanniques à peine arrivées. La Meuse est franchie relativement facilement à Dinant et Monthermé. Le 13 mai 1940, la ligne de défense de la Meuse est percée à plusieurs endroits, la trouée de Gembloux est menacée, la hollande est déjà à terre sans possibilité d’être secourue. La percée de Sedan aggrave la situation car le front français se rompt à son pivot et permet l’enveloppement du corps de bataille mobile franco-britannique qui n’est plus en mesure non plus d’épauler l’armée belge.

Bibliographie :

Erik BARBANSON, La 1ère DLM dans les combats de 1940 (1ère partie), de la Hollande à Dunkerque, in 39/45 Magazine n°150 (Heimdal, 1998) : article de vingt pages sur l’engagement de la 1ère Division Légère Mécanique (DLM) en mai 1940 lors de la manœuvre Dyle-Breda, son premier contact avec la 9. Panzer-Division sur le canal de Turnhout avant de se replier derrière le canal Albert, son rappel en France pour s’opposer aux 5. Panzer-Division et 7. Panzer-Division entre la Sambre et l’Escaut avant de parvenir à nouveau à se replier, son engagement au Mont Saint-Eloi dans le secteur d’Arras toujours face aux mêmes divisions allemandes, sa défense des abords de Lille puis sur la Lys avant le repli sur Dunkerque et l’évacuation lors de l’opération Dynamo – Photos, cartes.

Loïc BECKER, L’Infanterie de l’Air, le « faux départ » des parachutistes français, in Ligne de Front n°82 (Caraktère, 2019) : article de huit pages sur les premières unités parachutistes françaises, la naissance des Groupes de l’Infanterie de l’Air (GIA) numérotés 601 et 602, leur éventuelle participation à la manœuvre Dyle-Breda, leur utilisation pendant la Drôle de Guerre comme corps francs dans les intervalles de la Ligne Maginot – Photos, dessin couleurs.

Yves BUFFETAUT, Mai 1940, les chars français au combat, in Militaria hors-série n°96 (Histoire & Collections, 2015) : numéro de quatre-vingt pages les évolutions des armes blindées françaises et allemandes durant l’Entre-Deux-Guerres, la situation des chars français et allemands à la veille du déclenchement de l’opération Fall Gelb à l’Ouest, l’emploi des Divisions Légères Mécaniques dans la manœuvre Dyle-Breda en Belgique (1ère DLM, bataille d’Hannut/Gembloux avec les 2ème et 3ème DLM du Corps de Cavalerie), les Divisions Légères de Cavalerie dans les Ardennes (1ère, 4ème et 5ème DLC), 4ème et 7ème BCC à Sedan et Stonne, le passage de la Meuse à Dinant et Houx, la 1ère Division Cuirassée à Flavion, l’éparpillement de la 2ème Division Cuirassée, la 3ème Division Cuirassée à Stonne, la 4ème Division Cuirassée à Montcornet et Crécy-sur-Serre – Photos, cartes, profils couleurs.

Yves BUFFETAUT, Le corps expéditionnaire britannique débarque en France, in Batailles n°26 (Histoire & Collections, 2008) : article de douze pages sur le British Expeditionary Force (BEF) durant la Drôle de Guerre, l’arrivée des premiers éléments, son renforcement progressif, son organisation avant le déclenchement des combats, la composition de sa composante blindée, le rôle qui lui est attribué pour le cas où la manœuvre Dyle-Breda doit être déclenchée – Photos.

Yves BUFFETAUT, Le corps expéditionnaire britannique débarque en France, in Batailles n°26 (Histoire & Collections, 2008) : article de huit pages sur le British Expeditionary Force (BEF) en Belgique lors de l’exécution de la manœuvre Dyle-Breda en réaction à l’invasion allemande (opération Fall Gelb), les combats sur la Dyle où la 2nd Infantry Division repousse une tête de pont établie par la 31. Infanterie-Division – Photos.

Bruno CHAIX, En mai 1940, fallait-il entrer en Belgique ? Décisions stratégiques et plans opérationnels de la campagne de France (Economica, 2000) : livre de plus de trois cent pages décrivant l’évolution des conceptions stratégiques françaises de 1919 à 1940 pour se défendre face à l’Allemagne et en cas d’agression par la Belgique, élaboration de la manœuvre Dyle-Breda, exécution en réaction au déclenchement de Fall Gelb quand les Allemands lancent les hostilités à l’Ouest le 10 mai 1940 en Hollande, Belgique et Luxembourg, les conséquences de la chute du canal Albert, Hannut/Gembloux, les combats dans les Ardennes, le franchissement de la Meuse à Dinant, Monthermé et Sedan, les réactions à la percée allemande – Cartes.

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