Montcornet 1940

Si [Montcornet, Crécy-sur-Serre et Abbeville] n’ont aucune conséquence sur les opérations militaires générales, elles jouent un rôle fondateur dans l’épopée du général de Gaulle. C’est pourquoi elles sont largement enjolivées dans nombre de récits, dont ceux du général lui-même.

Max SCHIAVON in Ligne de Front n°87 (Caraktère, 2020)
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La bataille de Montcornet est l’un des épisodes les plus célèbres de la bataille de France mais aussi l’un des plus incompris, loin d’être décisif voire même significatif. Déclenchant leur offensive dans le cadre de l’opération Fall Gelb le 10 mai 1940, les Allemands rompent le front français sur la Meuse le 13 mai 1940 sur une centaine de kilomètres entre Dinant et Sedan après avoir traversé les Ardennes. Incapables de rétablir la situation malgré plusieurs contre-attaques sur les têtes-de-pont allemandes, les Français voient s’effondrer la 9ème Armée et la 2ème Armée reculer ouvrant ainsi un trou béant dans lequel s’engouffrent les divisions blindées allemandes (cf. Les Carnets secrets du général Huntziger).

Le 15 mai 1940 au soir, les avants-gardes de la 6. Panzer-Division atteignent Montcornet après un raid d’une trentaine de kilomètres plein ouest et surprennent les unités françaises qui s’y trouvent. (cf. Le corridor des Panzer, volume 1).

Alors que les 1. Panzer-Division et 2. Panzer-Division font mouvement vers le sud à partir de Sedan, le haut-commandement français reste dans l’expectative à propos des intentions allemandes. La défense de l’Aisne devient en tout cas prioritaire pour bloquer toute percée en direction de Paris. Le 16 mai 1940, le 15ème Bataillon de Chars de Combat (BCC) est ainsi envoyé dans le secteur de Montcornet mais doit se replier devant la menace représentée par les colonnes allemandes. De son côté, la 4ème Division Cuirassée (DCR) hâtivement constituée sous les ordres de Charles de GAULLE reçoit pour instruction de couvrir Laon et de se porter sur Montcornet. La 6. Panzer-Division poursuit de son côté son avance plein ouest en direction de Guise et de l’Oise tandis que les 1. Panzer-Division et 2. Panzer-Division reçoivent à leur tour l’instruction de bifurquer plein ouest.

Le 17 mai 1940 au matin, les premiers éléments de la 4ème Division Cuirassée (DCR) passent à l’attaque. Les chars français parviennent à atteindre les abords de Montcornet mais ne peuvent y pénétrer devant la défense allemande. Ils doivent se replier après avoir perdu vingt-trois blindés sur quatre-vingt cinq engagés. Le mouvement allemand n’est nullement gêné ni ralenti par l’attaque française.

Malgré tout le courage de ses équipages, la contre-offensive échoue par manque d’appuis d’infanterie et d’artillerie, par suite de difficultés de ravitaillement rendant la manoeuvre trop lente et par un rapport de forces devenu trop défavorable pour l’assaillant.

Christophe AKNOUCHE in GBM n°134 (Histoire & Collections, 2020)

Bibliographie :

Christophe AKNOUCHE, De Gaulle chef de guerre, au combat avec la 4ème Division Cuirassée, in GBM n°134 (Histoire & Collections, 2020) : article de dix pages sur Charles de GAULLE en tant que chef de la 4ème Division Cuirassée (DCR) et sa participation aux batailles de Montcornet, Crécy-sur-Serre et Abbeville – Texte, cartes, photos, profils couleurs.

Loïc BECKER, Les quatre tournants de la campagne de France, là ou (presque) tout s’est joué, in Ligne de Front n°86 (Caraktère, 2020) : article de dix pages tentant d’illustrer la défaite française lors des opérations à l’Ouest en mai/juin 1940 face à l’opération Fall Gelb au travers de quatre exemples (dépassement du haut-commandement français concernant la traversée allemande des Ardennes pendant que la manoeuvre Dyle-Breda se met en place, Montcornet, Lille et Abbeville) – Texte, cartes, photos, profils couleurs.

Yves BUFFETAUT, Mai 1940, les chars français au combat, in Militaria hors-série n°96 (Histoire & Collections, 2015) : numéro de quatre-vingt pages les évolutions des armes blindées françaises et allemandes durant l’Entre-Deux-Guerres, la situation des chars français et allemands à la veille du déclenchement de l’opération Fall Gelb à l’Ouest, l’emploi des Divisions Légères Mécaniques dans la manœuvre Dyle-Breda en Belgique (1ère DLM, bataille d’Hannut/Gembloux avec les 2ème et 3ème DLM du Corps de Cavalerie), les Divisions Légères de Cavalerie dans les Ardennes (1ère, 4ème et 5ème DLC), 4ème et 7ème BCC à Sedan et Stonne, le passage de la Meuse à Dinant et Houx, la 1ère Division Cuirassée à Flavion, l’éparpillement de la 2ème Division Cuirassée, la 3ème Division Cuirassée à Stonne, la 4ème Division Cuirassée à Montcornet et Crécy-sur-Serre – Texte, photos, cartes, profils couleurs.

Yves BUFFETAUT, De Gaulle à Montcornet, 17 mai 1940, in 39/45 Magazine n°52 (Heimdal, 1990) : article d’une page sur l’avance de la 4ème Division Cuirassée (DCR) sur Montcornet se basant en partie sur les mémoires de Charles DE GAULLE – Texte, carte, photo.

Jean-Robert GORCE, Montcornet, réalité et mythe de l’attaque de la 4e DCR, in Histoire de Guerre n°24 (Edipol, 2002) : article de dix-neuf pages sur la situation générale à l’Ouest le 17 mai 1940 après la brèche créée par les Allemands sur la Meuse à Dinant, Monthermé et Sedan, la création de la 4ème Division Cuirassée (DCR) et son engagement à Montcornet face au XIX. Armee-Korps (mot.), les dissensions entre Heinz GUDERIAN et Gerd von RUNDSTEDT à propos de la rapidité de l’avance allemande et des risques associés de contre-attaques françaises, le mythe de Montcornet – Texte, cartes, photos.

Jeux d’Histoire :

Advanced Squad Leader (scénarios) :