Dunkerque 1940

Au cours de la Seconde Guerre mondiale en Europe, la bataille de Dunkerque oppose du 26 mai au 3 juin 1940 les Français et Britanniques aux Allemands qui ont réussi à envahir la Hollande et la Belgique les forçant à capituler et à isoler une partie du corps de bataille franco-britannique au Nord de la France et dans les Flandres après la percée décisive qui s’est opérée sur la Meuse deux semaines auparavant.

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Historique :

Contexte :

Après leur percée sur la Meuse, les allemands atteignent Abbeville et la côte à Noyelles-sur-Mer le 20 mai 1940 parachevant ainsi l’encerclement des troupes alliées au Nord de la Somme. Les tentatives franco-britanniques pour stopper la percée allemande ou briser l’encerclement (Arras) sont des échecs.

La poche est pressée par le Nord, l’Est et le Sud. La Belgique capitule le 28 mai 1940 entraînant la fin des combats pour ses unités et laissant seuls les Franco-Britanniques face aux Allemands.

La poche se réduit inexorablement tandis que se met en place l’opération Dynamo pour évacuer par la mer le corps expéditionnaire britannique et les troupes français encerclées.

Unités engagées :

Les dernières unités françaises à défendre Dunkerque sont les 12ème Division d’Infanterie Motorisée (DIM), 32ème Division d’Infanterie (en réserve), 68ème Division d’Infanterie, Secteur Fortifié ds Flandres (SFF).

Les unités allemandes qui donnent l’assaut final sont les 14. Infanterie-Division, 18. Infanterie-Division, 56. Infanterie-Division, 61. Infanterie-Division, 216. Infanterie-Division, 254. Infanterie-Division, 9. Panzer-Division

Chronologie :

19 mai 1940 : John VEREKER, dit Lord GORT, qui commande le Corps Expéditionnaire britannique évoque avec Londres l’éventualité d’un rembarquement. Bombardements massifs allemands sur Dunkerque tout au long de la nuit du 19 au 20 mai, le port est dévasté.

20 mai 1940 : En fin de journée, les armées alliées sont coupées en deux quand la 2. Panzer-Division atteint la première la côte sur la Baie de Somme après avoir parcouru 120 kilomètres dans la journée. Le soir, la Luftwaffe bombarde Dunkerque. Bertram RAMSAY, alors commandant britannique de Douvres, réunit son état-major afin de préparer l’évacuation urgente par la Manche d’importantes unités.

21 mai 1940 : Contre-attaque britannique d’Arras qui échoue.

22 mai 1940 : Encerclement de Boulogne-sur-Mer.

23 mai 1940 : Le contre-torpilleur Jaguar est torpillé par la Kriegsmarine devant Dunkerque. Le torpilleur l’Orage est bombardé par la Luftwaffe au large de Boulogne-sur-Mer. Gerd von RUNDSTEDT, commandant du Heeresgruppe A allemand, donne l’ordre aux divisions blindées de stopper leur remontée vers le Nord sur le canal de l’Aa.

24 mai 1940 : Bombardements allemands sur Dunkerque.

25 mai 1940 : La garnison française encerclée à Boulogne-sur-Mer capitule. Les navires hôpitaux britanniques Paris et Isle of Thanet arrive à Dunkerque pour procéder aux premières évacuations.

26 mai 1940 : Calais tombe à son tour. en fin de journée, Bertram RAMSAY donne officiellement l’ordre de lancer l’opération Dynamo. Ordre est donné aux divisions blindées allemandes de reprendre le lendemain leur progression vers Dunkerque après trois jours d’arrêt consacrés à remettre les unités en ordre après leur avance fulgurante des deux dernières semaines.

27 mai 1940 : La pression allemande s’exerce désormais de tous les côtés (Nord, Est et Sud), dans les airs et sur mer. Le port est fortement touché par la Luftwaffe. 7669 hommes sont évacués, le rythme est beaucoup trop lent. Léopold III, roi des Belges signe la reddition de son pays en vigueur le lendemain matin.

28 mai 1940 : Massacre de quatre prisonniers anglais par des hommes du régiment Leibstandarte Adolf Hitler au lie-dit de la Plaine aux Bois à Esquelbecq après avoir farouchement combattu à Wormhout. Les Belges déposent les armes et découvrent de fait le Nord de Dunkerque. Les Anglais se replient vers Dunkerque laissant plusieurs unités françaises sans protection à Lille. Le paquebot Quenn of the Channel est coulé. 17804 hommes sont évacués.

29 mai 1940 : Le vapeur à roues Crested Eagle est contraint de s’échouer en feu, 300 personnes y perdant la vie. Les contre-torpilleurs britanniques Wakeful et Grafton sont coulés. Les pertes en navires sont trop importantes. Le port étant trop dangereux et quasi inutilisable, le rembarquement à partir des plages devient privilégié. Les routes maritimes d’évacuation sont également allongées pour être moins soumises aux attaques allemandes sur le trajet, notamment le long de la côté française occupée. 47310 hommes sont évacués.

30 mai 1940 : Le torpilleur français Bourrasque est coulé par une mine. 53823 hommes sont évacués.

31 mai 1940 : Le torpilleur français Sirocco est torpillé par une vedette rapide allemande. John VEREKER, dit Lord GORT, laisse son commandement à Harold ALEXANDER pour se replier en Grande-Bretagne. 68014 hommes sont évacués.

1er juin 1940 : Les troupes françaises encerclées à Lille capitules, les Allemands leur rendent les honneurs militaires pour le courage et leur résistance. Quatre torpilleurs britanniques sont coulés ainsi que le torpilleur français Le Foudroyant. 64429 hommes sont évacués, dont plus de la moitié sont Français.

2 juin 1940 : Louis JANSEN, commandant la 12ème Division d’Infanterie Motorisée (DIM) est tué à son poste de commandement. 26256 hommes sont évacués dont une majorité de Français, le corps expéditionnaire britannique est considéré comme ayant été intégralement rembarqué, à l’exception des blessés qui se trouvent dans les hôpitaux.

3 juin 1940 : Jean-Marie Charles ABRIAL, commandant français des forces maritimes du Nord, embarque pour l’Angleterre après avoir dirigé avec succès les opérations d’évacuation de Dunkerque. Les opérations de rembarquement s’achèvent dans la nuit du 3 au 4 juin.

4 juin 1940 : Les Allemands pénètrent dans Dunkerque, Maurice Frédéric Gaëtan BEAUFRERE, général commandant la 68ème Division d’Infanterie, signe la reddition des troupes françaises encore présentes.

Dénouement, répercussions et conséquences :

La défaite est évidente. Le premier acte de l’offensive allemande à l’Ouest se solde par une victoire éclatante. La Hollande, la Belgique et le Luxembourg sont hors de combat. Les Français perdent une bonne partie de leur armée et surtout les unités les plus fortes. Les Britanniques sauvent la majeure partie de leurs hommes mais abandonnent tout leur matériel.

Les Allemands ont préservé leur potentiel blindé pour la seconde partie de la bataille, ce qui était la priorité à l’époque puisqu’il reste la majeure partie de la France à conquérir et qu’il est hors de question de voir le conflit s’éterniser sur le continent. A l’évidence, la mise hors de combat de la Grande-Bretagne n’est pas l’objectif immédiat.

Bibliographie :

Erik BARBANSON, La 1ère DLM dans les combats de 1940 (1ère partie), de la Hollande à Dunkerque, in 39/45 Magazine n°150 (Heimdal, 1998) : article de vingt pages sur l’engagement de la 1ère Division Légère Mécanique (DLM) en mai 1940 lors de la manœuvre Dyle-Breda, son premier contact avec la 9. Panzer-Division sur le canal de Turnhout avant de se replier derrière le canal Albert, son rappel en France pour s’opposer aux 5. Panzer-Division et 7. Panzer-Division entre la Sambre et l’Escaut avant de parvenir à nouveau à se replier, son engagement au Mont Saint-Eloi dans le secteur d’Arras toujours face aux mêmes divisions allemandes, sa défense des abords de Lille puis sur la Lys avant le repli sur Dunkerque et l’évacuation lors de l’opération Dynamo – Texte, photos, cartes.

Georges BERNAGE, Dunkerque, la marine française en enfer, in 39/45 Magazine n°345 (Heimdal, 2017)

Henry BIDOU, La bataille de France (10 mai – 25 juin 1940) (Editions du milieu du monde, 1941) : livre de plus de deux cinquante pages retraçant les grandes lignes des opérations militaires à l’Ouest en mai et juin 1940 (Drôle de guerre, blocus dans l’Atlantique, manœuvre Dyle-Breda, Canal Albert, Hannut/Gembloux, Ardennes, Meuse avec Dinant et Sedan, Sambre, Avesnois, Oise, Dunkerque, Ligne Weygand, résistance face à Fall Rot, Ligne Maginot, Alpes) mettant en avant la combativité de l’armée française, les écarts alors perçus avec l’armée allemande (supériorité en chars et en avions) – Texte.

Stéphane BONNAUD & Régis POTIE, Le 38ème BCC (2ème partie), la défense de Dunkerque, in GBM n°134 (Histoire & Collections, 2020) : article de onze pages décrivant les actions du 38ème Bataillon de Chars de Combat (BCC) engagé dans la défense du périmètre défensif de Dunkerque dans le Secteur Fortifié des Flandres (SFF), menant plusieurs contre-attaques pour repousser les infiltrations allemandes puis les opérations d’évacuation pour ceux qui le peuvent – Texte, carte, photos, profils couleurs.

Chris GOSS, Le mal-aimé, Dornier Do 17 (1ère partie), du crayon volant à la morue, in Aérojournal n°73 (Caraktère, 2019) : article de seize pages sur le bombardier allemand Dornier Do 17 incluant son développement et ses engagements opérationnels en Espagne, en Pologne et à l’Ouest jusqu’à Dunkerque –  Texte, photos, plans, profils couleurs.

Jean-Paul PALLUD, Blitzkrieg à l’Ouest (Heimdal, 2000)

Laurent SCHANG, Von Rundstedt, le maréchal oublié (Perrin, 2020) : livre de près de quatre cent pages sur l’itinéraire de Gerd von RUNDSTEDT lors de la Première Guerre mondiale, durant l’Entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale où sont plus particulièrement abordés le rôle et le positionnement de la Reichswehr face à la prise de pouvoir d’Adolf HITLER, l’implication de Gerd von RUNDSTEDT avec Erich von MANSTEIN dans les plans d’invasion de la Pologne (Fall Weiß) et à l’Ouest (Fall Gelb), son commandement des Heeresgruppen Süd et A en Pologne, dans les Ardennes, en France (notamment Sedan, Arras, Dunkerque et Fall Rot) et en URSS durant l’opération Barbarossa puis de l’OB West avec lequel il dirige l’opération Anton (invasion de la zone libre) puis prépare, avec de nombreux débats stratégiques sur le Mur de l’Atlantique et le positionnement des réserves blindées avec Erwin ROMMEL, la défense face à un attendu débarquement allié qui se produit finalement le 6 juin 1944 aboutissant à la bataille de Normandie qui aboutit au second limogeage du maréchal avant de présider le tribunal d’exception pour juger les conjurés de l’attentat du 20 juillet 1944, de représenter Adolf HITLER aux funérailles d’Erwin ROMMEL et d’être de nouveau rappelé pour diriger les unités allemandes à l’Ouest durant notamment la contre-offensive des Ardennes avant d’être définitivement démis de ses fonctions lors du franchissement du Rhin par les Alliés – Texte, cartes.

Jean-Charles STASI, Dunkerque 1940 Opération Dynamo (Heimdal, 2017)