Aubigny 1940

Le 10 mai 1940, les Allemands déclenchent leur opération Fall Gelb. La Hollande, la Belgique et le Luxembourg sont attaqués malgré leur neutralité. Les Alliés franco-britanniques déclenchent en réponse la manœuvre Dyle-Breda pour venir au secours de la Hollande et de la Belgique ainsi que pour maintenir le front à bonne distance des frontières françaises du Nord. Par les Ardennes, les Allemands prennent de vitesse l’installation des unités françaises sur la Meuse. Le 13 mai 1940, ils franchissent l’obstacle sur une largeur d’une centaine de kilomètres de Dinant à Sedan. Malgré plusieurs contre-attaques françaises, le front est percé les divisions blindées allemandes avancent vers l’ouest.

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Ayant franchi la Meuse à Sedan, le XIX. Armee-Korps (mot.) de Heinz GUDERIAN longe l’Oise puis la Somme. Amiens tombe le 20 mai 1940 dans les mains de la 1. Panzer-Division qui pousse immédiatement sur la rive sud de la Somme pour y établir une tête de pont. Le même jour, la 10. Panzer-Division prend la place de la 1. Panzer-Division dans la tête de pont de Péronne. Toujours le 20 mai 1940, la 2. Panzer-Division établit une tête de pont à Condé-Folie, à Abbeville puis atteint la Manche en fin de journée à l’embouchure de la Somme. Toutes les unités alliées au nord de la Somme, de l’Oise et de l’Aisne sont encerclées.

La priorité des Alliés est de rétablir un front continu et de couper le couloir par lequel se sont engouffrées les divisions blindées allemandes. Toutes les tentatives pour rétablir la jonction entre les deux zones contrôlées par les Alliés échouent. Alors que Belgique capitule et que les troupes anglo-françaises tentent de s’échapper de la poche qui se dessine via Dunkerque (opération Dynamo), le haut-commandement français prépare la suite en établissant la Ligne Weygand. Pour consolider les dispositions défensives, il importe de repousser les têtes de pont établies par les Allemands sur la rive sud de la Somme.

Ainsi, la 4ème Division d’Infanterie Coloniale (DIC) est amenée en urgence au sud d’Amiens et contre-attaque le 24 mai 1940 la tête de pont alors tenue par la 13. Infanterie-Division (mot.). Aubigny est repris, mais les Allemands cherchent à tout pris à rétablir leurs positions initiales. Cela est fait en soirée. Mais les soldats noirs blessés restés à Aubigny sont systématiquement assassinés.

La 4ème Division d’Infanterie Coloniale (DIC) renouvelle ses assauts les jours suivants. Le 28 mai 1940, elle bénéficie du support d’éléments du 40ème Bataillon de Chars de Combat (BCC) et de ses chars Renault R35 et Renault R40. De nouveau, des soldats blessés prisonniers sont exécutés.

Bibliographie :

Jean-Yves MARY, Le carrousel des Panzers, volume 2 (Heimdal, 2011)