Airaines 1940

Après avoir liquidé la poche de Dunkerque, les Allemands déclenchent l’opération Fall Rot contre la Ligne Weygand et entament la seconde phase de la bataille de France. Le 5 juin 1940, l’ensemble du front de l’embouchure de la Somme à Boves à l’est d’Amiens s’embrase.

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De Longpré-les-Corps-Saints à Crouy-Saint-Pierre en passant par Condé-Folie et Hangest-sur-Somme, la 5ème Division d’Infanterie Coloniale (DIC) vient de relever dans la nuit les positions de la 3ème Division Légère de Cavalerie (DLC). Elle fait face à l’assaut des 2. Infanterie-Division (mot.), 7. Panzer-Division et 46. Infanterie-Division. Si les points d’appui dans les localités le long de la Somme tiennent toute la journée, voire quarante-huit heures, les Allemands s’infiltrent dans les espaces.

Profitant de ponts de chemin de fer intacts à l’est de Condé-Folie, la 7. Panzer-Division parvient à passer entre les points d’appui français et progresser vers le sud. Quesnoy-sur-Airaines est pris dans l’après-midi.

Airaines est bombardé dès le matin. Une contre-attaque est lancée en direction de Quesnoy-sur-Airaines et de Hangest-sur-Somme mais elle rencontre les éléments avancés de la 7. Panzer-Division qui approchent. Les compagnies envoyées en avant se délitent et disparaissent.

Les Allemands bordent finalement Airaines en fin d’après-midi tout en continuant d’avancer vers le sud. Quesnoy-sur-Airaines tombe tandis que la 3ème Division Légère de Cavalerie (DLC) relevée la nuit précédente par la 5ème Division d’Infanterie Coloniale (DIC) organise des bouchons plus au sud.

Le 6 juin 1940 au lever du jour, une attaque de chars de la 7. Panzer-Division est repoussée par les Français avec plusieurs engins détruits. La 2. Infanterie-Division (mot.) prend alors à sa compte le secteur et s’infiltre autour d’Airaines et l’encercle. Une attaque d’infanterie est de nouveau repoussée avec de nombreuses pertes dans les rangs allemands. Au cours de la journée, plusieurs véhicules allemands pensant la localité sécurisée tentent de passer et sont détruits.

En milieu d’après-midi, les Allemands bombardent de nouveau fortement Airaines pour attaquer dans la foulée. L’assaut est enrayé mais un nouveau bombardement est effectué. Nouvelle attaque, nouvel échec. Si la situation des défenseurs est désespérée, Airaines est toujours dans les mains des hommes de la 5ème Division d’Infanterie Coloniale (DIC).

Au matin du 7 juin 1940, les Junkers Ju 87 Stuka se joignent à l’artillerie pour faire plier les défenseurs. Une nouvelle attaque allemande est repoussée, mais ce sont maintenant des avions anglais qui bombardent Airaines… Les Français bénéficient de l’appui d’un Renault R35 de la 3ème Division Légère de Cavalerie (DLC) en panne que son équipage réussit à réparer sommairement. A midi, les Français sont toujours maîtres d’Airaines alors que les points avancées de la 7. Panzer-Division sont déjà une quarantaine de kilomètres plus au sud..

Les Allemands bombardent violemment au canon Airaines à plusieurs reprises durant l’après-midi. Il n’y a plus d’intérêt à risquer une attaque. Le soir, les défenseurs valides tentent de décrocher et de passer à travers les lignes allemandes tandis que les blessés restent avec les personnels du service de santé. Toute fuite est cependant impossible. Les soldats noirs sont séparés des soldats blancs. Le capitaine Charles N’TCHORERE est assassiné pour avoir refusé de mettre les mains au-dessus de la tête et de rejoindre les soldats noirs pour rester avec les autres officiers blancs. Un officier allemand l’abat d’une balle dans la tête. De nombreux tirailleurs sénégalais prisonniers sont assassinés les jours suivants.

Bibliographie :

Jean-Yves MARY, Le carrousel des Panzers, volume 2 (Heimdal, 2011)