Veldwezelt 1940

Veldwezelt et son pont sur le canal Albert se situent en Belgique immédiatement au nord-ouest de la ville hollandaise de Maastricht. L’ouvrage fait partie des objectifs prioritaires allemands lorsqu’ils déclenchent l’opération Fall Gelb en envahissant les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg le 10 mai 1940. Déposés par planeurs, les hommes de la Sturmgruppe Stahl rattachée à la Sturmabteilung Koch de la 7. Flieger-Division prennent d’assaut par surprise le pont défendu par des éléments de la 7ème Division D’Infanterie belge sans que ces derniers ne réussissent à actionner à temps les charges de démolition.

Publicités

Bloquée par l’échec des commandos à s’emparer intact des ponts sur la Meuse à Maastricht, la 4. Panzer-Division est retardée. Isolée, la Sturmgruppe Stahl renforcée par des parachutistes subit les contre-attaques belges toute la matinée mais bénéficie d’un soutien aérien rapproché à l’aide de Junkers Ju 87.

En milieu d’après-midi, les premiers éléments de la 4. Panzer-Division ayant traversé la Meuse établissent le contact avec le pont de Veldwezelt. Les Belges poursuivent encore leurs effort pour reprendre le contrôle de l’ouvrage avec l’appui de T13 dont au moins deux sont détruits. Dans le cadre de la manœuvre Dyle-Breda, les avant-gardes de la 3ème Division Légère Mécanique (DLM) se rapprochent également mais ne poussent finalement pas jusqu’au pont.

Le lendemain, le 11 mai 1940, l’aviation belge tente de détruire le pont avec trois Fairey Battle. Deux sont interceptés et abattus par des Messerschmitt Bf 109 de la Jagdgeschwader (JG) 27. Le troisième réussit à rentrer sans avoir pu larguer ses bombes. Les forces aériennes britanniques et françaises tentent également de monter des attaques aérienne sur les ponts de la Meuse et du canal Albert, mais toutes échouent.

Plusieurs civils sont tués lors des combats.

Les interventions aériennes alliées pour détruire le pont sont toutes des échecs. La 4. Panzer-Division suivie de la 3. Panzer-Division peut alors s’engouffrer en direction de la trouée de Gembloux et empêcher l’installation de la ligne de défense française prévue par la manœuvre Dyle-Breda. Désormais, seul le Corps de Cavalerie en cours de déploiement peut s’y opposer.

Bibliographie :

Bernard CROCHET, La bataille des ponts de la Meuse et du canal Albert, in 39/45 Magazine60 (Heimdal, 1991) : article de trois pages sur l’assaut des parachutistes allemands contre le fort d’Eben-Emael et les ponts du canal Albert (Vroenhoven, Veldwezelt, Kanne) – Photos, plan.

Oscar Gonzalez LOPEZ, Thomas STEINKE & Ian TANNAHILL, L’attaque silencieuse (Maranes, 2017)

Yann MAHE, Objectif Meuse ! Le sacrifice des bombardiers légers et moyens alliés (1ère partie), in Aérojournal75 (Caraktère, 2020) : article de vingt-deux pages sur les tentatives des aviations britanniques, belges et françaises contre les colonnes allemandes dans les Ardennes et contre les points de passage allemands sur le Canal Albert (Briegden, Veldwezelt, Vroenhoven) et la Meuse – Photos, profils couleurs.

Jean-Yves MARY, Mémorial de la bataille de France, volume 1 (Heimdal, 2016)

Jean-Paul PALLUD, Blitzkrieg à l’Ouest (Heimdal, 2000)

Hugues WENKIN, Eben-Emael, l’autre vérité (Weyrich, 2016) : livre de cent quatre-vingt pages décrivant et analysant la conception et la construction du fort d’Eben-Emael, l’assaut par les parachutistes allemands de la 7. Flieger-Division, les actions de la 7ème Division d’Infanterie belge ainsi que les assauts sur les ponts de de Kanne, Veldwezelt et de Vroenhoven sur le canal Albert – Photos, cartes, plans.