Les Roumains dans la campagne de Stalingrad (Jourdan, 2021)

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Présentation

Parce que l’historiographie des combats sur le « Front de l’Est » durant la Seconde Guerre mondiale reste très influencée par l’influence allemande, il existe peu d’ouvrages qui s’intéressent réellement aux engagements menés par les alliés du Troisième Reich en URSS. Pire, si la réputation de la Finlande et de la Hongrie demeurent à peu près préservée dans les récits d’après-guerre, celle de l’Italie et de la Roumanie sort du conflit particulièrement dégradée. Il faut dire que ces deux contingents se voient porter la responsabilité de l’encerclement de la 6. Armee à Stalingrad et plus globalement du reflux consécutif à l’échec de Fall Blau qui ne s’arrête qu’à Kharkiv (Kharkov) en mars 1943 avec la contre-attaque fameuse d’Erich von MANSTEIN.

En effet, l’opération Uranus menée par l’Armée rouge qui aboutit à la poche de Stalingrad rompt d’abord les ailes tenues respectivement par les 3ème et 4ème Armées roumaines tandis que tout espoir de desserrer l’étau s’évanouit quand la résistance italienne s’effondre sur le Don condamnant de facto l’opération Wintergewitter.

L’intérêt de l’ouvrage d’Alexandre THERS est donc multiple. Tout d’abord, il permet de comprendre l’importance du dispositif roumain dans l’opération Fall Blau alors que les lignes allemandes ne cessent de s’étendre avec cet effort sur le Caucase. Ensuite, il donne la possibilité aux amateurs de Stalingrad de plonger dans les combats qui opposent Soviétiques et Roumains avec le support de quelques unités allemandes, dont la 22. Panzer-Division en novembre et décembre 1942 dans des conditions dantesques. Sans mettre de côté les faiblesses intrinsèques des armées roumaines, l’auteur permet de relativiser l’impression d’effondrement qui peut transparaître des fois des récits allemands. En tout cas, il met l’accent sur les combats des roumains avec un récit presque au jour le jour des combats.

Autre page particulièrement méconnue, le rôle des Roumains dans l’opération Wintergewitter pour permettre au LVII. Panzer-Korps de se placer en pointe.

Le livre met également la lumière sur les Roumains encerclés à Stalingrad dont la présence passe à peu près inaperçue dans l’historiographie traditionnelle. Pourtant, dans son récit écrit en captivité apportant un regard cru sur ce qu’il se passe dans la poche, Heinrich GERLACH évoque leur situation et surtout leur mise à l’écart quand chaque nationalité pense d’abord à préserver les siens.

L’un des témoignages les plus poignants sur la bataille de Stalingrad rédigé en captivité par l’un de ses témoins, Éclairs lointains évoque à demi-mots la misère des soldats roumains coincés de la poche, délaissés par les frères d’armes allemands.

La fin de l’ouvrage se concentre sur les luttes intestines entre Allemands et Roumains quant au partage des responsabilités. L’ampleur de la défaite et les conditions dantesques de combat dans l’hiver exacerbent les clivages ainsi que les ressentiments entre les deux alliés. Comme très souvent dans ce conflit, le sentiment de supériorité allemand joue à fond et provoque des tensions militaires et diplomatiques. Si certains responsables adouciront leur jugement après-guerre, y compris Erich von MANSTEIN, la rupture parait déjà consommée.

Alexandre THERS propose également en fin de livre un cahier photos d’une trentaine de pages.

Le livre d’Alexandre THERS complète utilement la trilogie proposée par David M. GLANTZ qui reconnaît lui-même dans la préface qu’il accorde à Alexandre THERS ne peut avoir pu sourcer dans les archives roumaines.

La nécessité de lire cet ouvrage est rappelée par le spécialiste du sujet David GLANTZ dans sa préface. Il reconnait que son œuvre magistrale sur la bataille de Stalingrad (une trilogie en fait composée de quatre épais volumes) s’appuie principalement sur des sources soviétiques et allemandes mais reste lacunaire sur les sources roumaines. Alexandre THERS comble ainsi très utilement un manque dans l’historiographie de l’une des plus grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Les Roumains dans la campagne de Stalingrad met en lumière leur rôle tout comme le témoignage d’Eugenio CORTI révèle l’épreuve subie également par les Italiens sur le Don dans son livre La plupart ne reviendront pas.

Thèmes abordés

Sommaire détaillé

  • Préface de David GLANTZ
  • Introduction : Stalingrad, l’angle roumain
  • La marche vers la guerre
  • L’épreuve du feu
  • Vers Stalingrad
  • La contre-offensive soviétique contre la 3ème armée
  • La défense de la Tchir
  • 4ème Armée roumaine, steppe des Kalmouks
  • Wintergewitter ou comment secourir la 6. Armee
  • Dans Stalingrad
  • La crise de confiance ou les limites d’une alliance
  • 2pilogue : une bataille de trop
  • Annexe I : la défense de Karpovka
  • Annexe II : la lutte contre les chars
  • Annexe III : lettre de protestation du maréchal Antonescu au maréchal von Manstein (9 décembre 1942)
  • Sources & bibliographie
  • Remerciements
  • Cahier photos
  • Index

Caractéristiques

  • ISBN : 9782874667022
  • Nombre de pages : 572
  • Langue : Français
  • Couverture : souple
  • Dimensions : 14 x 21,5 cm
  • Prix conseillé France à la date de parution : 23,90 € TTC