Bataille de Normandie 1944 Magazine n°5 (Maranes, 2021)

Une bataille de la dimension de celle en Normandie durant l’été 1944 ne peut que receler de multiples aspects et détails qui passent trop souvent inaperçus. Il faut dire l’historiographie s’appuie très souvent sur les mêmes sources, les mêmes témoignages, les mêmes récits officiels… Pourtant, au-delà de la simple image d’un rouleau compresseur allié et d’un défenseur contraint à une défaite inéluctable, il existe de nombreuses nuances. Dérouler seulement la chronologie des combats demeure bien insuffisant pour en comprendre les détails qui font pencher la décision d’un côté ou de l’autre. Le processus même de décision, la personnalité et la psychologie des acteurs – décideurs ou simples soldats noyés dans la masse – sont des angles de vue indispensables à la compréhension de l’Histoire, comme de l’actualité. Un défi relevé par ce cinquième numéro de Bataille de Normandie 1944 Magazine !

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Recension

Longtemps, l’image d’une Luftwaffe totalement absente du ciel ou presque hante les récits autour de la bataille de Normandie à l’image du témoignage et du film Le Jour le plus long. Sans pour autant être capables d’aligner le même nombre d’appareils que l’aviation alliée, les aviateurs allemands sont bien présents face à « l’invasion », et ce dès la nuit du 5 au 6 juin 1944. Il n’est évidemment pas question de réécrire l’Histoire d’une défaite bien réelle et d’un rapport de force bien défavorable à ce stade de la guerre. Mais les efforts de la Luftwaffe sont bien là, ce qui renforce, entre autres, aussi la valeur de la victoire alliée qui ne s’est pas construite sans adversaire ou sans réaction de sa part.

La suite de l’étude sur la chasse de nuit allemande dans les tous premiers jours du Débarquement illustre à merveille cette situation. Dans ces affrontements nocturnes, le guidage des appareils est primordial et nécessite un haut niveau de professionnalisme tant d’un point de vue infrastructure, procédures et opérateurs.

Si la nuit du 7 au 8 juin 1944 s’avère riche en victoires sur les bombardiers alliés, elle n’en demeure pas moins une goutte d’eau, qui à défaut d’être renouvelée quotidiennement, demeure bien dérisoire.

Dans un autre domaine, l’historiographie dominée par une vision américaine ne laisse pas beaucoup de place aux Canadiens. Souvent associés aux échecs des offensives britanniques devant et autour de Caen sans parler de la difficulté de percer sur Falaise à la fin de la bataille, ils jouent pourtant un rôle essentiel. En effet, la 3rd Canadian Infantry Division prend de plein fouet la contre-offensive de la 12. SS-Panzer-Division à partir du 7 juin 1944. Si les historiens louent la capacité de résistance allemande, ils oublient bien souvent que toutes les contre-attaques germaniques se soldent par des échecs en raison certes de la maîtrise aérienne et de la supériorité matérielle alliée, mais aussi grâce à la capacité de résistance des hommes au sol. Une qualité qui se aussi retrouve quelques mois plus tard dans les Ardennes ou en Alsace.

De même, l’historiographie tend à valoriser de façon assez systématique la qualité de l’encadrement allemand. Pourtant, elle se délite clairement au fur et à mesure que le conflit avance. Nombre de contre-attaques échouent en raison d’errements de commandement doublés d’une rigidification de toute la chaîne de décision. La vista de 1940 est perdue depuis longtemps. Quand ils ne sont pas morts, les héros sont usés. Au point d’être aussi contestés, voire dominés, dans ce domaine par leurs adversaires. Dans des domaines différents, les portraits du Canadien Harry FOSTER et de l’Américain Oscar KOCH montrent que les succès alliés reposent aussi sur des hommes brillants à tous les niveaux dont les qualités personnelles sont habilement utilisées par leurs hiérarchies.

Le portrait de ce dernier donne également la possibilité aux lecteurs de mieux comprendre le fonctionnement de récolte, de traitement et d’analyse des renseignements d’une armée. Là aussi, un sujet trop souvent mis de côté par les récits obnubilés par le simple déroulement des combats.

Pour finir, ce numéro de Bataille de Normandie 1944 Magazine propose un extrait traduit des souvenirs d’un vétéran de la 9. SS-Panzer-Division. Une véritable plongée dans l’enfer des combats et de la vie au front, mais aussi des moments de bravoure, de camaraderie, de solidarité et de violence. Bref, le quotidien de la guerre avec ses moments glorieux et d’horreurs.

Sommaire

Stephan CAZENAVE, Pauke ! Pauke ! La chasse de nuit lourde allemande dans le ciel normand (2ème partie), 6 – 8 juin 1944 : article de douze pages sur les actions de la chasse de nuit allemande sur le front normand face aux bombardiers alliés durant les trois premières nuits de l’opération Overlord avec les (Nachtjagdgeschwader (NJG) 2, Nachtjagdgeschwader (NJG) 4 et Nachtjagdgeschwader (NJG) 5 – Texte, carte, photos.

Frederick JEANNE, 7th Canadian Infantry Brigade, Brigadier Harry Wickwire Foster, un soldat d’exception : article de vingt-cinq pages dressant le portrait de Harry FOSTER et détaillant sa carrière militaire, insistant plus particulièrement sur son rôle au sein de la 3rd Canadian Infantry Division durant la préparation du Débarquement sur Juno Beach, lors de la progression vers la OAK Line, les combats face à la 12. SS-Panzer-Division à Putot-en-Bessin, Norrey-en-Bessin et Bretteville-L’Orgueilleuse, lors des opérations Windsor, Charnwood, Spring et Atlantic, son transfert à la tête de la 4th Canadian Armoured Division ainsi que sa participation au procès de Kurt MEYER après-guerre – Texte, photos.

Günter ADAM, Mes souvenirs de guerre : article de seize pages extrait des souvenirs d’un vétéran de la 9. SS-Panzer-Division relatant le transfert de l’unité vers la Normandie, les combats pour Evrecy, la cote 112, Chênedollé et la sortie de la poche de Falaise/Trun/Chambois puis le repli vers la Seine – Texte, photos.

Xavier BILLOT, Colonel Oscar W. Koch, patron du renseignement de la Third US Army, l’éminence grise de Patton ? : article de dix pages dressant le portait d’Oscar KOCH en charge des renseignements à la Third US Army (G-2) et remarqué pour la pertinence de ses analyses sur la situation adverse, contenant un descriptif de l’organisation de la collecte d’informations sur l’ennemi – Texte, photos.

Frederick JEANNE, 7th Canadian Infantry Brigade : article de vingt pages sur les insignes et les casques de la 7th Infantry Brigade de la 3rd Canadian Infantry Division en Normandie – Texte, photos, reproductions couleurs d’objets d’époque.

Xavier BILLOT, Joseph R. Beyrle, 506th PIR, 3rd Battalion, I Coy, le para du Jour-J qui a fini la guerre dans l’armée de Staline : article de huit pages sur un vétéran de la 101st US Airborne Division capturé dans la tête de pont aéroportée américaine en Normandie puis libéré par l’Armée rouge avec laquelle il termine la guerre – Texte, photos.

A vos marques… pages (Ohne Ritterkreuz und EichenlaubLe guide du LandserHold the OAK LineIch habe meine Pflicht erfüllt !)

Caractéristiques

  • Nombre de pages : 96
  • Langue : Français
  • Reliure : brochée
  • Dimensions : 21 x 29,7 cm
  • Prix conseillé France à la date de parution : 12,50 € TTC

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