Tiger de la 503, Normandie, Vexin normand, juin – août 1944 (Maranes, 2021)

Après SS-Panzer-Regiment 1 et SS-Panzer-Regiment 2 ainsi que l’historique du régiment blindé de la 12. SS-Panzer-Division, les éditions Maranes poursuivent leur introspection des unités blindées allemandes engagées en Normandie au cours de l’été 1944. Il s’agit cette fois de la schwere Panzer-Abteilung 503 avec un album massif de près de trois cent pages abondamment illustré puisant dans les témoignages et apports de nombreux vétérans.

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Recension

La schwere Panzer-Abteilung 503 ne possède pas la même notoriété que la schwere SS-Panzer-Abteilung 101. Elle reste célèbre surtout pour avoir étrenné le Panzer VI Ausf. B Königstiger face aux Alliés occidentaux. L’engagement de ce nouveau char, ne doit cependant pas faire oublier les combats menés par les autres Panzer VI. Ausf. E Tiger en dotation. Comme de nombreux autres unités allemandes, l’urgence guide souvent son emploi sur le sol normand et la « 503 » peut rarement être utilisée au complet. Au final, le bilan de son engagement apparait en demi-teinte. Finalement assez logique compte-tenu d’un certains nombre de facteurs que l’auteur, Max STEIN, explique tout au long des pages et en conclusion.

Fort logiquement, le livre s’ouvre sur un aperçu technique des deux chars engagés par l’unité avec pour chacun d’eux un écorché montrant leurs entrailles. Sans s’arrêter aux principales caractéristiques, l’auteur revient sur des détails de productions, de fonctionnement et de maintenance rarement évoqué dans ce type de littérature davantage centrées sur les engagements opérationnels eux-mêmes.

Débats et questionnements inhabituels

L’auteur revient sur deux sujets critiques d’un point de vue historiographique. Le premier concerne la tourelle dite Porsche du Königstiger. Le second, à rebours d’un point de vue généralement admis, concerne la sobriété relative des chars lourds allemands par rapport à leurs adversaires et notamment le côté glouton du Medium Tank M4 Sherman. De quoi réévaluer certaines déductions stratégiques issues d’impressions sur la consommation des chars allemands et celle de leurs adversaires.

Après un historique relativement succinct de la schwere Panzer-Abteilung 503, le chapitre sur la remise sur pied de l’unité permet d’entrer dans les détails administratifs, des ateliers, des matériels et des effectifs. De nombreux détails nominatifs sont également apportés.

Engagements

80% du livre se concentre ensuite sur les engagements opérationnels, incluant également les phases de transfert avec de nombreux détails textuels ou iconographiques. Pour avoir une vision d’ensemble des engagements de la schwere Panzer-Abteilung 503, l’auteur étend son champ d’étude sur le Vexin normand avec les combats contre la tête de pont américaine sur la Seine de Mantes-Gassicourt permettant de redonner une certaine cohérence d’engagement à une unité engagée par petits paquets en fonction des moyens disponibles et des renforts envoyés vers le front en juillet et août 1944.

Les combats décrits concernent notamment :

La fin de l’ouvrage se termine sur deux sujets particulièrement rares. Le premier concerne les trois convois ferroviaires stoppés par des éléments de la 3rd US Armored Division à Braine parmi lesquels plusieurs Panzer VI Ausf. E Tiger se trouvent. Le second concerne l’origine du Königstiger du musée de Saumur (voir aussi Bataille de Normandie 1944 Magazine n°2).

Ouvrage de référence !

Outre la richesse de son contenu, des témoignages, de l’iconographie, ce livre permet aussi de suivre le destin de chacun des chars engagés par l’unité.

Ce qui étonne le plus, c’est l’importance de l’effort et des moyens qu’il est nécessaire de faire pour constituer, maintenir, transférer, déployer et engager une telle unité pour un nombre de jours au contact finalement relativement réduit.

En conclusion, ce livre intéresse tout à la fois les amateurs de la bataille de Normandie que des chars lourds allemands par les détails qu’il contient. Bénéficiant d’un recul plus important que le récit autobiographique de von ROSEN (voir 39/45 Magazine hors-série Historica n°97) et bien plus fouillé que le vénérable (mais novateur) 45 Tiger en Normandie de Didier LODIEU paru en 2002, il est désormais la référence historiographique sur ce sujet. Les lecteurs tiennent entre leurs mains un livre qu’ils doivent redécouvrir régulièrement tellement les détails et les précisions se nichent partout.

Dans les détails appréciables se trouvent les profils couleurs de Thierry VALLET sur de pleines pages ainsi que des clichés contemporains de qualité de lieux d’époque. Car découvrir ces pages d’histoire permettent aussi de mesurer l’impact du temps qui s’écoule (ou pas) sur les lieux.

Sommaire

  • Préface et avant-propos
  • Remerciements
  • Bibliographie
  • Technik Tiger I et Tiger II
  • La schwere Panzer-Abteilung 503, historique avril 1942 – avril 1944
  • La 1. Tiger-Lehrkompanie en Hongrie
  • Remise sur pied, Ohrdruf, mai – juin 1944
  • Transfert en France – Zur Normandie Front !
  • La Tiger-Abteilung en réserve, 7-10 juillet 1944
  • Premier choc sur Colombelles, 11 juillet 1944 : les fauves sont lâchés !
  • Le calme avant la tempête, 12-17 juillet 1944
  • 18 juillet 1944, l’enfer se déchaine
  • 19-27 juillet 1944, réorganisation
  • 28 juillet – 15 août 1944, engagement dans la Panzergruppe Wiegand
  • Retraite jusqu’à la Seine, la fin des 1./ et 2./schwere Panzer-Abteilung 503
  • 12-20 août 1944, vers Paris et le Front de Normandie !
  • 21-30 août 1944, engagements dans le Vexin normand
  • Le Königstiger de Saumur enfin identifié
  • Annexes (profils couleurs)

Caractéristiques

  • ISBN : 978-2-9571009-0-3
  • Nombre de pages : 288
  • Langue : Français
  • Reliure : reliée
  • Dimensions : 21,5 x 30 cm
  • Prix conseillé France à la date de parution : 55 € TTC

Liens externes

1 réflexion sur « Tiger de la 503, Normandie, Vexin normand, juin – août 1944 (Maranes, 2021) »

  1. […] Les débats sur la mobilisation « inutile » de divisions américaines en Bretagne en septembre 1944 pour neutraliser les ports encore sous contrôle allemand, notamment Brest, négligent les avantages ensuite procurés. De même la question de la crise logistique en essence et en munitions oublie qu’elle est également la conséquence de l’ultra mécanisation des forces alliées et de la voracité des matériels à l’instar du Medium Tank M4 Sherman comparé au plus lourd Panzer VI Ausf. E Tiger (voir l’étude originale de Max STEIN dans Tiger de la 503, Normandie, Vexin normand, juin – août 1944). […]

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