Histoire de Guerre, Blindés & Matériels n°81 (Histoire & Collections, 2008)

Un numéro de GBM qui démontre encore une fois l’ampleur du travail de réécriture des événements de mai et juin 1940 tant l’historiographie s’en trouve encore biaisée. Non seulement l’armée française se bat du premier au dernier jour, mais elle réagit systématiquement. Bien sûr, tout n’est pas parfait, loin de là. Sinon, la défaite ne serait pas. Quand les Panzer de GUDERIAN franchissent la Meuse à et autour de Sedan le 13 mai 1940, tout n’est pas encore perdu. Quand le 15 mai 1940 la 6. Panzer-Division par un raid audacieux après avoir piétiné plusieurs jours à Monthermé leur ouvre la voie, tout n’est pas non plus perdu. Quand le front français s’ouvre à partir du 16 mai 1940, l’état-major français possède encore de nombreux atouts et tente de s’en servir…

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Recension

Deux articles rebattent en effet les cartes de l’historiographie simpliste habituelle. Ils illustrent à la fois les possibilités offertes aux Français pour contrecarrer le plan allemand et l’attitude à la fois accrocheuse et réactive des unités. Bref, c’est une toute autre bataille de France qui s’ouvre aux yeux des lecteurs !

Il faut dire que les photos d’époque n’aident pas à valoriser les militaires français. La tribune de Henri de WAILLY explique ainsi pourquoi les clichés d’origine allemande continue de peser sur la vision des combats de l’époque. Redoutable héritage d’une propagande que les services français n’ont pas su maîtriser à la différence de leurs adversaires.

Parmi les cartes encore en main, la 1ère Division Légère Mécanique (DLM) effectue un rapide mouvement de rocade. Partie le 10 mai 1940 à l’aile gauche de la manœuvre Dyle-Breda pour tendre la main aux Hollandais, elle reçoit l’ordre le 16 mai 1940 au soir de basculer à l’aile droite. Son but : contre-attaquer les forces allemandes qui débouchent de Dinant. La 1ère Division Cuirassée (DCR) a déjà tenté en vain de les arrêter dans le secteur de Flavion. Elle s’est faite surprendre en plein ravitaillement.

Mais depuis le déclenchement de l’opération Fall Gelb par les Allemands, les Français réagissent systématiquement mais avec un temps de retard. L’exemple est ainsi donné avec la journée du 15 mai 1940 durant laquelle Maurice GAMELIN voit bien les choses mais se refuse à prendre directement les opérations en main. L’opportunité de contre-attaque la plus importante des Alliés vient bien du Nord où sont centrées l’essentiel de leurs forces motorisées et d’active. La bataille n’est en effet pas gagnée le 13 mai 1940 quand ils franchissent la Meuse. A Dinant, Monthermé et à Sedan, les Français contre-attaquent. Ce n’est que le 15 mai 1940 que la situation se débloque quand la 6. Panzer-Division finit par venir à bout de la résistance à Monthermé et à s’infiltrer jusqu’à Montcornet à l’ouest de Sedan ouvrant un boulevard au XIX. Armee-Korps (mot.) de Heinz GUDERIAN. Une très belle introduction illustrée de magnifiques cartes à l’ouvrage de Jacques BELLE.

Ce numéro, comme du reste la ligne éditoriale de GBM , remet en cause non seulement la vision de la conduite des opérations mais également du soi-disant immobilisme matériel et technique des armées durant l’Entre-deux-guerres. Nul doute que si la guerre avait continué au-delà de juin 1940 que l’arme blindée française aurait évolué aussi fortement que son adversaire germanique.

Sommaire

  • Le Manifeste français
  • Henri de WAILLY, 1940 ? La culture de la honte, in GBM n°81 (Histoire & Collections, 2008)
  • Régis POTIE, Vie et mort d’un escadron Somua, l’escadron Ségonzac, 1/4ème Cuirassiers de la 1ère DLM, in GBM n°81 (Histoire & Collections, 2008)
  • François VAUVILLIER, Le 155 GPF (Grande Puissance Filloux), un chef d’œuvre de canon, in GBM n°81 (Histoire & Collections, 2008)
  • François VAUVILLIER, L’inconnu dans la maison, le Latil M7 Z1, in GBM n°81 (Histoire & Collections, 2008)
  • Aimé SALLES, ER 22 : la parole est donnée aux artilleurs, in GBM n°81 (Histoire & Collections, 2008)
  • François VAUVILLIER, 15 mai 1940 : le jour ou tout était encore possible, in GBM n°81 (Histoire & Collections, 2008)
  • Stéphane FERRARD, Un arlésienne… Le futur char G (2ème partie) 1938-1940 : 35 tonnes maximum pour un 75 en tourelle, in GBM n°81 (Histoire & Collections, 2008)
  • François VAUVILLIER, Les Saurer aux Armées, 1914-1918, in GBM n°81 (Histoire & Collections, 2008)
  • Stéphane BONNAUD, FCM 36 : le 7ème BCC en campagne (1ère partie), in GBM n°81 (Histoire & Collections, 2008)

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