La Panzer-Lehr-Division, le choc des Alliés brise l’arme d’élite de Hitler -Heimdal, 1995)

Contemporain des albums historiques consacrés à quelques divisions blindées allemandes bien connues, le livre de Jean-Claude PERRIGAULT reste unique plus d’un quart de siècle après sa sortie. En effet, il rassemble à peu près toutes les photos des archives qui sont consacrées à la 130. Panzer-Lehr-Division et propose un historique assez complet aux lecteurs francophones.

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Recension

Bonne base documentaire

Avec onze chapitres, ce pavé de près de cinq cent pages couvre les quatre temps forts de l’unité :

Basé sur les archives de l’unités, les rapports établis après-guerre pour le compte de services historiques américains et plusieurs témoignages de vétérans (dont celui de Helmut RITGEN), l’album concentre à peu près toutes les données disponibles et présentées dans l’ordre chronologique. Le texte reste cependant assez descriptif. Mais contrairement aux autres albums publiés au même moment et consacrés à des unités comme les 1. SS-Panzer-Division, 12. SS-Panzer-Division ou 21. Panzer-Division, plus d’une centaine de pages couvre les combats de septembre 1944 à avril 1945. Il ne se contente heureusement pas uniquement de retracer les combats en Normandie .

Assez peu couverts par l’historiographie, ces derniers comprennent de nombreux détails qui illustrent la situation de l’armée allemande à l’Ouest tout au long de l’automne. Ainsi, l’engagement de la 130. Panzer-Lehr-Division sur le Westwall au-delà de l’Our contribue à repousser l’une des percées américaines en territoire allemand en direction de Prüm. Ce secteur sert quelques semaines plus tard de base de départ à l’opération Wacht am Rhein / Herbstnebel. De même, les combats en Sarre en novembre 1944 montrent comment les Allemands sont au bord de la rupture face à la pression alliée, en l’occurrence celle de la 3rd US Army après son attaque sur Metz. Si cet engagement chamboule la reconstitution et la préparation de l’unité pour les Ardennes, le principal est atteint : le front tient et les Allemands peuvent poursuivre leurs préparatifs.

Colosse aux pieds d’argile

La création de la 130. Panzer-Lehr-Division montre l’importance que les Allemands accordent au front Ouest pour tenter de rétablir une situation stratégique compromise. Outre le Mur de l’Atlantique (Atlantikwall), les Allemands se renforcent considérablement au printemps 1944. Plusieurs divisions blindées sont rapatriées pour être reconstituées dans les semaines qui précèdent le 6 juin 1944 (9. Panzer-Division, 11. Panzer-Division). Début mai 1944, Adolf HITLER ordonne également de repositionner plusieurs unités dans le Cotentin, consigne pas toujours bien suivie par les états-majors (Heeresgruppe B et OB West). Au final, les Alliés doivent affronter une concentration de blindés allemands au kilomètre carré bien plus dense que l’Armée rouge en URSS ou dans les derniers combats en Allemagne (voir Allied Tanks in Normandy 1944).

En dépit de la difficulté de trouver le matériel nécessaire à sa constitution, la division représente un atout offensif important aux mains des Allemands. Troisième division blindée engagée en Normandie, elle se montre cependant incapable de jouer le rôle offensif attendu d’elle. Ses forces se consument dans des affrontements essentiellement défensifs. Ses quelques contre-attaques sont des échecs.

Pulvérisée lors du bombardement aérien au déclenchement de l’opération Cobra, ses restes éparpillés parviennent néanmoins à s’échapper en partie du piège normand. Tout un symbole pour la division qui devait sonner la charge et repousser les Alliés à la mer.

Prestation en berne dans les Ardennes

Engagée dans les Ardennes avec la 5. Panzer-Armee lors de l’opération Wacht am Rhein / Herbstnebel, la 130. Panzer-Lehr-Division reflète toutes les difficultés et les erreurs allemandes qui conduisent à l’échec de la contre-offensive. Perdant un temps précieux à percer les faibles lignes américaines, elle rate ensuite l’occasion de s’emparer de Bastogne sans défense. Obligée d’y laisser une partie de ses forces, elle échoue à se rapprocher de la Meuse.

Elle ne joue plus aucun rôle offensif jusqu’à son encerclement dans la poche de la Ruhr.

Un livre toujours de référence

Le livre de Jean-Claude PERRIGAULT parvient à bien retranscrire ce parcours en demi-teinte. En quinze mois d’existence, la 130. Panzer-Lehr-Division s’avère incapable de jouer le rôle qui doit être le sien. Si elle n’apporte pas la victoire, elle joue cependant un rôle essentiel dans la tenue défensive allemande à l’Ouest.

Abondamment illustré, le livre trahit son âge d’un point de vue cartographie et son absence d’illustration couleurs. Des détails qui ne sont pas rédhibitoires.

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1 réflexion sur « La Panzer-Lehr-Division, le choc des Alliés brise l’arme d’élite de Hitler -Heimdal, 1995) »

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