Allied Tanks in Normandy 1944 (Osprey, 2021)

L’historiographie des chars durant la bataille de Normandie est souvent celle des Panzer. Et pourtant, des plages du Débarquement à la fin de la bataille, les chars alliés sont omniprésents ! Equivalent de celui à venir consacré aux chars allemands, ce livre de la série New Vanguard chez Osprey propose une analyse assez exhaustive et astucieusement complétée de quelques tableaux de données.

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Recension

Des chars omniprésents

Le premier tableau sur la densité comparée de chars allemands en Normandie et en URSS à l’été 1944 interpelle. En effet, les Alliés affrontent la concentration de blindés allemands (y compris canons d’assaut et chasseurs de chars) la plus élevée de tous ! Et les Britanniques doivent composer avec l’essentiel d’entre eux. Un niveau qui est sans aucun rapport avec ce que les Soviétiques affrontent durant l’opération Bagration ou lors de la dernière offensive sur Berlin. Voilà de quoi réévaluer quelque peu la performance alliée. Car, tout comme lors de la bataille de Ardennes, cet effort illustre parfaitement la stratégie allemande : résorber d’abord la menace à l’Ouest.

Deux conceptions chez les Alliés

De leurs côtés, Américains et Britanniques emploient des approches différentes dans leur usage de la force blindée.

Afin d’épargner son infanterie, la 2nd Army privilégie ainsi l’utilisation de ses divisions blindées pour emporter la décision. Sans résultat probant si ce n’est la création d’un déséquilibre des forces allemandes entre les deux secteurs du front qui facilite ensuite la percée de l’armée américaine. Chez cette dernière, la priorité est d’abord donnée à l’appui-feu mobile, flexible et réactif aux unités d’infanterie. L’engagement des divisions blindées se concentre davantage sur l’exploitation une fois la percée obtenue. La polyvalence du Medium Tank M4 Sherman fait merveille ainsi que le trinôme constitué par une division d’infanterie, un bataillon de chars et un bataillon de Tank Destroyer.

Les chars britanniques en Normandie, livre de référence sur le sujet !

Leçons

Engagés dans des combats chars contre chars sur un terrain bien plus ouvert que le bocage, les Britanniques subissent la supériorité des engins et moyens antichars allemands conçus pour affronter l’Armée rouge. Ce constat débouche sur la même réaction que les Allemands quelques années plus tôt quand ils découvrent avec stupeur le T-34. Il faut des engins plus puissants et mieux armés. Des solutions d’urgence voient le jour rapidement, d’autres aboutissent sur de nouveaux modèles et parfois sur des projets démesurés.

Paradoxalement, malgré le nombre de chars engagés de part et d’autre, ce ne sont pas les divisions blindées qui font la décision en Normandie. Les Britanniques et les Allemands en font l’expérience. Aucune action blindée de grand style ne débouche réellement…

Données chiffrées

Environ vingt tableaux accompagnent le texte. Ils fournissent lisiblement et utilement de nombreux données techniques, organisationnelles et volumétriques comme :

  • Les pertes alliées en chars durant les principales offensives de la 2nd Army
  • Les engins disponibles en moyenne et les pertes pour chacun des bataillons de chars américains engagés ainsi que les 2nd US Armored Division et 3rd US Armored Division
  • Les chars adverses revendiqués par les différentes parties et les comparaisons avec la réalité des chiffres
  • Les pertes alliées durant l’exploitation faisant le distingo entre causes mécaniques et combat

Forme

D’un format broché 18,5 x 14,5 cm, épais de quarante-huit pages, largement illustré de photos et de dessins, le livre est conforme aux standards de la série New Vanguard. Les vues de trois-quarts et les effets de lumière apportent une profondeur très appréciable aux profils couleurs.

Sommaire

  • The Campaign
  • Doctrine and Organization
  • Technical Factors
  • US Tanks and AFSs in Normandy
  • Battle ANALYSIS
  • Further Reading
  • Index

Profils couleurs

1 réflexion sur « Allied Tanks in Normandy 1944 (Osprey, 2021) »

  1. […] La création de la 130. Panzer-Lehr-Division montre l’importance que les Allemands accordent au front Ouest pour tenter de rétablir une situation stratégique compromise. Outre le Mur de l’Atlantique (Atlantikwall), les Allemands se renforcent considérablement au printemps 1944. Plusieurs divisions blindées sont rapatriées pour être reconstituées dans les semaines qui précèdent le 6 juin 1944 (9. Panzer-Division, 11. Panzer-Division). Début mai 1944, Adolf HITLER ordonne également de repositionner plusieurs unités dans le Cotentin, consigne pas toujours bien suivie par les états-majors (Heeresgruppe B et OB West). Au final, les Alliés doivent affronter une concentration de blindés allemands au kilomètre carré bien plus dense que l’Armée rouge en URSS ou dans les derniers combats en Allemagne (voir Allied Tanks in Normandy 1944). […]

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