Ligne de Front n°88 (Caraktère, 2020)

Moscou, Stalingrad, Koursk… Trois noms de villes qui sonnent comme autant d’échecs de l’armée allemande en URSS. Surtout, ce sont les trois batailles qui rythment les premières années de guerre à l’Est : 1941, 1942 et 1943. Chaque épisode commence par une offensive allemande et se termine par une victoire soviétique. Certes, la Grande guerre patriotique ne peut se résumer à ces seuls affrontements, mais il est légitime de cerner les raisons de ces échecs opérationnels successifs qui contribuent à la défaite militaire du III. Reich.

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Dans le droit fil de sa ligne éditoriale, Ligne de Front se prête donc à l’exercice de la synthèse. Après avoir résumé le contexte et le déroulement de chacune de ces trois batailles, Mathias ANDRE en dégage les traits communs qui caractérisent bien les défauts de la culture militaire et stratégique allemande de l’époque. A la fin de l’article, deux réflexions viennent à l’esprit. La première est qu’Adolf HITLER a en effet souvent très souvent bon dos après-guerre pour justifier les défaites aux yeux de ses généraux. Mais dans sa construction intellectuelle, il est aussi un pur produit de la culture militaire germanique. La seconde est le comparaison qui peut être faite avec l’approche américaine. Celle-ci accorde a contrario une importance majeure au renseignement préalable et à la logistique sans se focaliser sur la bataille décisive. Au point de louper quelques belles opportunités comme à l’Ouest en 1944. Une prise de recul salutaire et indispensable pour comprendre qu’il n’y a pas recette infaillible, leçon toujours d’actualité comme le prouvent les conflit des vingt dernières années.

Laurent TIRONE revient également brièvement sur le baptême du feu du Panther à Koursk (loin d’être un échec total) et sur le déclassement du T-34/76 qui perd définitivement en 1943 sa suprématie face à ses opposants directs, Panzer IV compris.

L’autre article particulièrement intéressant de ce numéro est celui concernant le coup de force japonais en Indochine le 9 mars 1945 et le parcours de la colonne Alessandri en direction de la Chine en passant par une certaine cuvette de Diên Biên Phu. Quatre pages, c’est peu court, mais c’est déjà ça !

Ce numéro contient également la première partie d’une étude sur la 1. Skijäger-Division, unité dont les lecteurs de Batailles & Blindés avaient pu découvrir les caractéristiques dans le n°40. La construction de l’article et ses illustrations sont très similaires, même si écrit par un auteur différent. Les combats plus particulièrement abordés sont ceux des marais du Pripet et de l’opération Lise non loin de Kovel.

De son côté, Laurent TIRONE propose une synthèse des blindés hongrois durant la Seconde Guerre mondiale qui se caractérisent par une production nationale (chars, canons d’assaut, chars antiaériens, chasseurs de chars, automitrailleuses) complétée au fur et à mesure que le conflit avance par du matériel allemand. Dommage que les aspects industriels ne soient pas davantage approfondis, car la survivance d’une capacité de développement et de production indépendante tout au long du conflit est une véritable particularité dans une Europe dominée par le III. Reich.

A l’occasion de la réédition des mémoires de Dietrich von CHOLTITZ, un extrait est proposé. Il concerne son rôle dans l’invasion de la Hollande en mai 1940 et plus particulièrement à Rotterdam.

Au final, un numéro robuste pour ceux qui n’ont pas encore « tout lu » dans la littérature plutôt grand public, notamment les différents magazines des Editions Caraktère, sur la Seconde Guerre mondiale. Pour les autres, il n’y a guère que le dossier sur la trilogie MoscouStalingradKoursk qui permette de s’élever quelque peu des habituels écrits par sa capacité à en dégager les caractéristiques communes.

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