La bataille de Montélimar, quatre jours en août 1944 (Histoire & Collections, 2020)

Avec cet ouvrage broché sentant bon la patte de Militaria Magazine, c’est un très plaisant moment de lecture qui attend les lecteurs. Le texte, pédagogique, s’accompagne d’une très belle iconographie composée de photos d’archives mais aussi de nombreuses reproductions couleurs d’objets d’époque. Très intéressant à lire, très agréable à regarder.

Publicités

Le sujet du livre est les combats menés par la Task Force Butler, les 3rd US Infantry Division et 36th US Infantry Division qui remontent le couloir rhodanien après avoir débarqué en Provence. Si l’opération Anvil / Dragoon se passe bien compte tenu de l’affaiblissement des forces allemandes qui se voient ponctionnées tout au long de l’été 1944 pour renforcer le front normand, la progression commence à se compliquer un peu quand commence la remontée du Rhône et de sa vallée.

En cause notamment, la 11. Panzer-Division, fraîchement remise sur pied qui est chargée de ralentir le plus possible les Alliés qui eux-mêmes s’appuient sur les nombreux mouvements de résistance qui rayonnent dans la région.

En près de cent pages, le livre décrit bien sûr les combats du 18 au 30 août 1944 pour Montélimar, la Coucourde et Livron mais pas uniquement. Quatre pages relatent le soutien apporté par l’Eisenbahn-Artillerie-Abteilung 640 et ses moyens d’artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF). Trois pages reviennent sur le dynamitage par la Résistance du pont de Livron le 15 août 1944 alors que les Allemands sont encore bien présents et les Alliés à peine en train de débarquer.

Six pages son consacrée au dernier train de déportés qui débute son triste périple le 30 juin 1944 pour entrer à Dachau le 28 août 1944. Lui aussi remonte le couloir rhodanien, laissant de nombreux morts, mais aussi quelques évadés. Plusieurs témoignages permettent de s’imprégner de ces terribles moments qui sont aussi une facette de l’Occupation qui s’achève, mais pas assez vite pour les déportés qui sont dans le train…

Les nombreux objets d’époque qui illustrent les pages sont magnifiques et d’une grande variété : casques et uniformes sont minoritaires pour laisser la place à de très nombreux documents et autres objets (cahiers personnels, brassards de résistants, outils et ustensiles quotidiens).

Ce livre est le compagnon idéal d’un ouvrage édité à compte d’auteur sur la base des souvenirs d’un vétéran de la 11. Panzer-Division, Nationale 7, la route de la mort. Il fournit en effet un cadre plus large des combats, mais entre moins dans les détails de la division allemande avant son engagement dans le couloir rhodanien. La bataille de Montélimar valorise parfaitement l’aisance américaine dans sa progression et ses capacités à agir en formations interarmes et composites (une qualité qui est donc loins d’être uniquement germanique) tandis que Nationale 7 s’attache davantage sur les qualités défensives de la 11. Panzer-Division dans un contexte particulièrement défavorable.

Sommaire :

  • Le débarquement en Provence
  • La 11. Panzerdivision
  • Le pont de Livron
  • La Task Force Butler
  • La chevauchée de la Task Force Butler
  • Les Texans arrivent !
  • La TFB désactivée, la 36th Division s’organise
  • Lundi 28 août
  • Mardi 29 août
  • Mercredi 30 août
  • Jeudi 31 août
  • Conclusion
  • Annexe 1, le train fantôme
  • Annexe 2, mémoires de combattants
  • Remerciements, sources

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.