Bloody Vienna (PeKo Publishing, 2020)

Imprimé à l’italienne, plus de deux cent pages dont une très large majorité illustrée de photos imprimées en pleine page (le format le permet !), ce livre est cependant bien plus qu’un simple album. D’abord, ses photos sont particulièrement originales entre celles montrant des unités soviétiques en action, des matériels allemands réutilisés par les Bulgares (y compris une chenillette Renault UE) ou des clichés d’engins allemands en mouvement dans les rues de Vienne avant la défaite ! Les cimetières de véhicules à la fin des combats sont tout aussi impressionnants. Ensuite, ce sont près de soixante pages de textes qui permettent de découvrir les opérations de mi-mars 1945 à la capitulation allemande à l’ouest de la Hongrie et en Autriche. Jusqu’au bout, l’armée allemande résiste… C’est donc une contribution particulièrement originale et utile que propose ici Kamen NEVENKIN.

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L’histoire des combats pour Vienne est généralement abordée au travers des publications sur quelques divisions SS (1. SS-Panzer-Division, 2. SS-Panzer-Division, 3. SS-Panzer-Division, 5. SS-Panzer-Division, 9. SS-Panzer-Division et 12. SS-Panzer-Division) qui composent alors la 6. SS-Panzer-Armee. Les textes y sont généralement réduits et les illustrations encore plus, les fonds d’origine allemande étant pour cette époque-là de la Seconde Guerre mondiale en Europe plutôt rarissimes… Bloody Vienna permet au contraire d’en comprendre le contexte et d’en connaître tous les acteurs (les données sur les forces des belligérants sont bien utiles). Les précisions apportées sur la lutte pour la capitale autrichienne (alors annexée au III. Reich depuis l’Anschluss de 1938) et pour Sankt Pölten montrent des combats intenses mais pourtant restés dans l’ombre de Berlin d’un côté et de la Ruhr de l’autre après le franchissement du Rhin.

Les toutes premières pages piquent déjà la curiosité du lecteur. L’auteur revient ainsi sur l’intérêt de la contre-attaque de la 6. (SS-)Panzer-Armee sur le Lac Balaton en Hongrie considérée comme un échec après celle des Ardennes. De façon similaire, si la victoire n’est pas au bout, si tant est qu’elle soit possible à ce moment du conflit, elle permet néanmoins de gagner un peu de répit en perturbant les préparatifs soviétiques.

Alors que les enjeux ne sont plus la victoire sur le III. Reich, déjà acquise, il reste à en « digérer » les conséquences, notamment dans la gestion et la répartition des prisonniers. Malheur aux Russes et populations qui ont combattu aux côtés des Allemands, notamment issues dans le périmètre de la Yougoslavie. Se rendre aux Alliés occidentaux, qui pénètrent également en Autriche, n’est pas un gage de sécurité puisqu’ils sont livrés à l’Armée Rouge, soit une promesse de mise à mort à plus ou moins brève échéance. Les Soviétiques peuvent ainsi finaliser le travail d’épuration politique de l’Europe de l’Est commencé en septembre 1939 en Pologne. Non plus avec le consentement du III. Reich, mais désormais avec celui des Alliés occidentaux qui n’ont ni le rapport de force en raison des retards pris entre la fin de la bataille de Normandie et le franchissement du Rhin en mars 1945, ni la volonté politique de s’y opposer.

En conclusion, un livre indispensable pour tous ceux qui s’intéressent aux combats des dernières semaines de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Sommaire :

  • Introduction
  • Soviet Military planning and preparations
  • The German catastrophe at Balaton
  • The fall of Vienna
  • Endgame in Austria

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