LOS ! hors-série n°25 (Caraktère, 2020)

Omniprésente, multirôle, indispensable, dernier rempart de l’Empire… La Royal Navy durant la Seconde Guerre mondiale est pourtant une grande inconnue. Ecrasée par le poids historiographique de l’US Navy, de la Kriegsmarine et de la marine japonaise. C’est donc un numéro exceptionnel auquel nous convie LOS ! dans ce numéro qui marche dans le sillage des hors-série n°22 (Kriegsmarine), 19 (marine japonaise), 16 (US Navy) tout en étant le plus abouti.

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En effet, doté d’un sommaire solidement charpenté, il aborde toutes les facettes de la puissance navale britannique : la flotte de surface bien sûr, la passation de pouvoir du cuirassé au porte-avions, l’arme sous-marine, l’escorte des convois, la défense des côtes et les forces amphibies. Sans oublier la lutte contre les mines et l’apport des marines alliées du Commonwealth ou des pays d’Europe occupée (FNFL par exemple).

A la différence des autres belligérants, elle doit remplir l’ensemble de ces rôles et ne pas se contenter de faire de la figuration. Il en ressort une marine équilibrée, sans forcément d’avoir du point particulièrement saillant, ce qui je joue probablement dans la place qu’elle laisse dans les écrits. Si la Royal Air Force se taille une réputation de sauveuse du Royaume au cours de la bataille d’Angleterre, il n’en reste pas moins que la flotte n’est pas vaincue en 1940 et bien toujours présente. De plus, elle est indispensable pour maintenir à flot la Grande-Bretagne et permettre les projets nés de la volonté de Winston CHURCHILL.

Sans Royal Navy, la Grande-Bretagne perd la maîtrise de ses voies de ravitaillement et communication face à l’arme sous-marine allemande. Sans Royal Navy, point de défaite de l’Axe en Afrique du Nord. Sans Royal Navy, point de raids audacieux. Sans Royal Navy point de reconquête du continent. Et sans Royal Navy, point d’appui aux nations alliées dans la lutte contre le III. Reich comme l’URSS une fois le retournement d’alliance consommé avec l’opération Barbarossa.

Avec ses grands navires, la Royal Navy subit de plein fouet la bascule du cuirassé au porte-avions principalement dans le Pacifique. La perte du HMS Repulse et du HMS Prince of Wales en témoigne. Mais il ne faut oublier que la Grande-Bretagne est précurseur en la matière.

Présentant un format très équilibré entre un texte assez dense, une iconographie présente sans être envahissante, des profils couleurs et des profils 3D (HMS Hood, HMS Glorious, HMS Rodney) en juste proportion, le travail de Luc VANGANSBEKE réussit à brosser un panorama synthétique d’un domaine pourtant extra large, le tout en un peu plus de cent dix pages (les hommes, les navires, les opérations). Ce n’est évidemment pas la bible définitive, mais assurément un numéro essentiel à posséder et à lire pour tout amateur de la guerre navale et plus généralement de la Seconde Guerre mondiale.

Sommaire :

  • Introduction générale
  • La Royal Navy dans l’entre-deux-guerres, royale mais populaire
  • Une troisième sorte d’hommes, les marins britanniques
  • Battle Fleet, le règne du canon
  • Une primauté changeante, porte-avions et aviation navale
  • Silent Service, les sous-marins
  • Chiens de berger, les escorteurs
  • Petit mais costaud, les forces côtières
  • L’ennemi insidieux, la guerre des mines
  • Maîtres des plages ! Les forces amphibies
  • Le dernier et les premiers, la Royal Navy en opérations
  • Le retour à la paix, bilan d’un conflit mondial

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