La bataille de Normandie (Ouest-France, 1994)

Réalisé en partenariat avec le Mémorial de Caen et écrit par Eddy FLORENTIN, ce petit fascicule broché de trente-deux pages format A5 procure un résumé limpide de la bataille de Normandie, bien plus rigoureux et synthétique que nombre d’ouvrages et articles plus contemporains (voir par exemple Normandie, la bataille – 6 juin / 12 septembre 1944). Le texte ne vieillit pas. Seule la forme peut sembler quelque peu figée comparée à des maquettes plus dynamiques et colorées. Encore qu’elle reste très lisible.

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Les cinq premières pages posent rigoureusement les objectifs du plan allié et les contraintes qu’il engendre sur la campagne à partir du moment où un certain nombre de jalons ne sont pas atteints au soir du 6 juin 1944. Le fait que la ville de Caen ne tombe pas n’est pas la seule difficulté à laquelle sont ensuite confrontés les Alliés : les ratés sont nombreux. La victoire finale fait oublier ces petits grains de sable et surtout, les Allemands ne sont jamais réellement en mesure de les exploiter.

Parvenu aux deux-tiers du livre, le lecteur comprend déjà la chute de Cherbourg, la cinématique des différentes offensives pour Caen, la capture de Saint-Lô, la percée de l’opération Cobra, le triptyque LüttichBluecoatTotalize/Tractable, la question de la fermeture de la poche de Falaise/Trun/Chambois et l’épineuse question d’Argentan et de Chambois.

Alors que de nombreux livres s’arrêtent au « couloir de la mort » de Saint-Lambert-sur-Dives et de Trun, il reste étonnement encore une dizaine de pages. Car effectivement, la bataille de Normandie n’est pas finie. Les combats pour la Seine avec la tête de pont alliée de Mantes-Gassicourt et l’opération Paddle font partie intégrante du sujet. La destruction du Havre conclut tristement cette épopée militaire. Elle permet à l’auteur de consacrer deux pages aux dégats provoqués aux infrastructures civiles et aux habitants de la Normandie tout au long des combats.

La conclusion se concentre sur la situation à l’automne.

Cette présentation épouse essentiellement le point de vue alliée et repose sur l’analyse comparative du plan initial et du déroulé réel des opérations. Après quelques ratés initiaux, non fondamentalement critiques à partir du moment où les Allemands ne savent pas les exploiter, les Alliés atteignent et dépassent tous les objectifs opérationnels de l’opération Overlord.

Eddy FLORENTIN rappelle ainsi que la bataille de Normandie est assurément une victoire alliée. Dans le cadre de la lutte contre le III. Reich, cette analyse est satisfaisante. Elle l’est cependant moins dans la cadre plus large de la confrontation avec l’URSS. Dans ce cadre, la conception, l’exécution prudente et les occasions manquées de l’opération Overlord offrent sur un plateau la moitié orientale de l’Europe à l’URSS. La conférence de Moscou à l’automne est le début d’un cycle qui se conclue à Yalta. Entre les deux, l’Armée Rouge permet à STALINE réaliser puis de dépasser les objectifs expansionnistes actés déjà lors du Pacte germano-soviétique d’août 1939. Mais c’est déjà une autre approche (voir par exemple Mook 1944 hors-série n°1)…

Sommaire :

  • Horizon septembre, le Loing entre Seine et Loire
  • 100 jours pour un tremplin sur la frontière allemande
  • Exigence numéro un : des ports et des terrains d’aviation
  • Cherbourg, ni D+8, ni D+15 mais D+20
  • Caen au prix de 34 jours de sang : 9 juillet
  • Trois vains coups de boutoir pour percer sur Falaise
  • Saint-Lô, capitale des ruines pour base de départ : 18 juillet
  • Objectif Bretagne, Bradley perce sur Avranches
  • L’erreur hitlérienne de Mortain ouvre la possibilité d’encercler la 7ème Armée allemande
  • Montgomery venu du nord descend sur Falaise, Patton venu du sud remonte sur Argentan
  • L’encerclement se referme au soir du 19 août à Chambois
  • Aux abords de l’Île-de-France, l’encerclement de l’encerclement
  • Opération Paddle : cap plein nord via la Seine et la Somme
  • La surprise de la campagne, 42 jours d’avance pour la libération de Paris
  • Au 100ème jour, un point final en tache de sang : Le Havre
  • Flanc droit d’Overlord, le débarquement de Provence, front continu Suisse-Escaut
  • La Normandie meurtrie
  • France, Luxembourg, Belgique : libérations plus tôt que prévu

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