39/45 Magazine n°362 (Heimdal, 2020)

Avec cent trente pages bien denses, 39/45 Magazine propose ici un numéro bien robuste. Quatre-vingts ans après la bataille de France en 1940, deux articles reviennent sur le paradoxe allemand : d’un côté quelques divisions blindées au niveau finalement bien inégal, de l’autre, l’immense majorité des troupes marche au pas des fantassins ou des sabots des chevaux. Le premier écrit par Hugues WENKIN est solide (voir, entre autres, son Blitzkrieg !) et rappelle que non seulement la Panzerwaffe est majoritairement équipée de chars légers et de prise, mais que ses dix divisions blindées sont bien disparates. Encore un coup de canif dans une légende…

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L’autre article signé Stéphane JACQUET présente la variété des fourgons hippomobiles avec leur codification. Un aspect bien moins mis en valeur par les photos de la propagande mais systématiquement présent sur les clichés des vétérans.

Autre sujet particulièrement intéressant, les combats autour de Varsovie fin juillet et début août 1944. L’Histoire retient que l’Armée rouge reste aux portes de la capitale polonaise le temps que l’insurrection soit matée par les Allemands afin d’éviter tout gouvernement non communiste. Militairement parlant, la situation est un peu plus complexe. Charles TRANG revient ainsi sur la destruction des pointes avancées soviétiques sous l’impulsion de Walter MODEL qui, toute proportion gardée, réédite le même exploit que von MANSTEIN à Kharkiv au printemps 1943 : rétablir une situation particulièrement compromise en profitant de l’épuisement soviétique et d’une manœuvre particulièrement habile combinés à une parfaite maîtrise des opérations. L’insurrection polonaise se déclenche trop tard. Les Soviétiques sont déjà accaparées par tenter de sauver leurs propres éléments de la destruction.

Ce numéro débute une très intéressante étude de Hubert GROULT sur les kamikazes japonais. Revenant sur les motivations et le contexte, l’auteur décrit ensuite les premières opérations dans le Pacifique. La description de la succession des opérations suicide et les dégâts provoqués montrent l’ampleur du danger que les kamikazes représentent pour la flotte américaine, son impact psychologique mais aussi matériel et humain. Bien loin d’être anecdotique.

Le récit des opération de la Brigade Irene (prolongation de l’article paru dans Normandie 1944 Magazine n°35) est ici particulièrement intéressant car il entraîne les lecteurs dans les combats lors de l’avance vers la Hollande en septembre et octobre 1944. Mis à part ceux célèbres de l’opération Market-Garden (et encore pas tous), ce secteur est réellement à découvrir (voir aussi Autumn Gale et Kampfgruppe Walther). Les photos qui accompagnent l’article sont variées et originales avec quelques portraits saisissants de combattants.

Côté armée américaine, hommage à un vétéran du 6 juin 1944, la suite de la biographie de RAFF de ses démêlés avec RIDGWAY (entre autres) et de son rôle dans la mise en place des forces spéciales américaines au sens contemporain du terme, et un étonnant article sur la vie quotidienne des soldats dans les semaines et les mois qui suivent la fin des combats avec l’exemple du 507th US Parachute Infantry Regiment en Autriche.

La découverte des installations du Westwall à l’aide du musée de Beckingen ne peut qu’inciter à découvrir davantage cette ligne de fortifications qui, comme la Ligne Maginot, reste bien moins étudiées et connue que le Mur de l’Atlantique. Toujours riche en couleurs, une étonnante étude présente des objets commémoratifs de propagande pour célébrer l’Axe.

La rubrique bibliothèque se penche sur la biographie de von Runstedt, le maréchal oublié avec une recension positive.

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