Iron Cross n°5 (Warners, 2020)

Une nouvelle fois, Iron Cross fait admirablement le pont entre les deux guerres mondiales qui d’un point de vue militaire allemand forment une réelle continuité, même si de profondes transformations s’opèrent entre 1914 et 1945. La (superbe) couverture illustre ainsi cette continuité en annonçant un article sur les quelques aviateurs allemands qui effectuent les deux conflits aux manettes de leur appareils : Alfred LINDENBERGER, Gerhard HUBRICH, Bernhard Rudolf Hasso von WEDEL. La suite à suivre au prochain numéro ! Evidemment, ils ne sont pas les seuls hommes à avoir combattu les deux guerres, mais on imagine peu des pilotes reprenant le manche pour repartir au combat vingt ans plus tard… Comme d’habitude, les profils couleurs dessinés sont tout simplement superbes avec un cachet unique.

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A bien des égards, Iron Cross est le pendant anglophone pour l’armée allemande de GBM pour l’armée française. Il peut tout à fait aussi être une source d’inspiration pour quelques subtiles évolutions.

C’est un réel plaisir de plonger au cœur de la Première Guerre mondiale avec Iron Cross. Un conflit qui mérite beaucoup plus d’attention que la place qui lui est dévolue dans la presse magazine, tant d’un point quantitatif que qualitatif. Le parallélisme de traitement des sujets 1914/1918 et 1939/1945 est très appréciable, une qualité trop rarement vue, à l’exception de GBM. En témoignent les article sur l’Alpenkorps, l’histoire de la capture d’un Albatros D.Va (et de son pilote) à l’issue d’un combat aérien durant lesquels les Australiens James SANDY et Henry HUGUES trouvent la mort au combat, les quatre aventures racontées à partir d’objets la montée en puissance des « Sturmtruppen » (si le terme est transcrit en « Stormtrooper » dans le titre, le sujet n’a rien à voir avec Star Wars !) ou encore la montre « officielle » de l’armée.

Les sujets autour de la Seconde Guerre mondiale sont également passionnants. La reine des batailles est souvent oubliée dans l’histoire des conflits contemporains. Étrange paradoxe pour la Seconde Guerre mondiale alors qu’elle représente encore le gros de troupes et avance à pied. Souvent sous-estimée, l’infanterie allemande est l’une des clefs essentielles des victoires en Pologne et à l’Ouest en 1940. L’opération Barbarossa et les combats face à l’Armée Rouge en URSS sont son tombeau tout en repoussant ses limites nerveuses et capacitaires au-delà d’ailleurs de son point de rupture. La conclusion pointe juste : l’infanterie allemande doit dans son ensembleet sans répit supporter sans cesse la supériorité matérielle alliée, à l’Est comme à l’Ouest. Un regard original mais indispensable.

Dans les sujets originaux, à noter également l’étude sur l’attitude de la noblesse allemande et ses liens avec la caste militaire. Et côté pratique et utile, le guide en presqu’un coup d’œil des codes et marquages des avions allemands durant la Seconde Guerre mondiale.

Très bien vu également la présentation de quelques clichés d’un album d’un vétéran de la 7. Panzer-Division en France en mai et juin 1940. Avec quelques photos originales de Rouen, Saint-Valéry-en-Caux, Cherbourg. Ne cherchant pas à agrandir démesurément des clichés dont le grain n’est pas assez fin, Iron Cross fournit une façon élégante et pertinente de mettre en valeur ces clichés. Bien vu.

Enfin, l’article sur les fusées V1 est littéralement génial ! En adoptant le point de vue de la cible et non du lanceur, sur la base des recherches archéologiques menées en Grande-Bretagne, c’est une autre vision des premières armes balistiques qui est ainsi proposé avec des cartes très parlantes sur les points d’impact et le schéma d’un cratère.

Bref, Iron Cross propose décidément une vision renouvelée à la fois de l’armée allemande mais également des deux conflits mondiaux.

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