La 1ère Division Cuirassée au combat (Arès, 2016)

Très belle réussite que cet historique de la 1ère Division Cuirassée (DCR) particulièrement complet et richement illustré. Exercice délicat, car les archives sont rares compte tenu de la défaite et des conditions de la disparition de la division dans les combats. Réunir une iconographie que ne fasse pas uniquement la part belle aux clichés des carcasses de chars pris par les vainqueurs est une véritable gageure. Le pari est réussi, très bien réussi d’ailleurs.

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Bien entendu, se pencher sur la première des divisions cuirassée amène obligatoirement à se pencher sur les origines de l’arme blindée française. Deux origines cohabitent jusqu’en 1940. Celle issue de la cavalerie (non traitée ici) qui aboutit aux Divisions Légères Mécaniques (DLM) et celle issue de l’infanterie qui donne naissance aux Divisions Cuirassées (DCR). La rubrique dédiée au commandant de la division Christian BRUNEAU réhabilite ce spécialiste des chars. De quoi rappeler aussi les limites opérationnelles de Charles de GAULLE dont la connaissance de l’arme blindée reste essentiellement théorique (et politique) faute d’attraction profonde pour les exigences mécaniques.

L’engagement de la 1ère Division Cuirassée à Flavion se fait dans les pires conditions. Les conditions stratégiques sont défavorables. Le haut-commandement français réagit trop tard et de façon désordonnée devant une offensive dont le rythme le dépasse totalement. De conception récente, déplacer une telle unité demande de l’entrainement et de l’expérience. La mécanique est complexe. Les Allemands eux-mêmes essuient quelques plâtres lors de leur premières expériences grandeur nature en Autriche ou en Tchécoslovaquie. Une maturité dont ne bénéficie malheureusement pas la 1ère Division Cuirassée malgré les idées inspirées de son chef. Le choc à Flavion le 15 mai 1940 face à la 7. Panzer-Division est brutal et désastreux. La déconnexion entre la logistique et les unités de combat est fatale à ces dernières. L’hallali est donné par la 6. Panzer-Division les 18 et 19 mai 1940. La capture de Christian BRUNEAU au sud de Cambrai symbolise l’anéantissement de l’unité.

L’histoire ne s’arrête pas là et la 1ère Division Cuirassée renaît de ses cendres pour se trouver en réserve de la Ligne Weygand sur la Somme au sud de Péronne. Après l’enveloppement de Fall Gelb, Fall Rot cherche la rupture frontale. La retraite et les opérations de couverture occasionnent de nombreuses pertes, mais comme de nombreuses unités françaises, la 1ère Division Cuirassée se bat jusqu’au bout.

Ce livre retrace tout ce parcours avec de nombreux détails dans les itinéraires, les ordres, les combats. Il fait prendre conscience des conditions d’engagement des grandes unités françaises en mai 1940. Le danger ne vient pas uniquement de Sedan. A Hannut/Gembloux, le Corps de Cavalerie doit reculer devant la 4. Panzer-Division. A Flavion, la 1ère Division Cuirassée se fait laminer. La fine fleur de l’armée française succombe au front non pas encerclée ou face au XIX. Armee-Korps (mot.) de GUDERIAN. Mais face à la percée de la Meuse à Maastricht, à Dinant et à Monthermé. Sedan n’est qu’une cause parmi d’autres de la défaite qui se dessine dès la 10 mai 1940 en Hollande et sur le canal Albert.

Sommaire :

  • La création et la Drôle de guerre
  • De la Ière à la IXème Armée
  • La bataille de Flavion
  • Le repli
  • Les combats de juin

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