Retribution, The Soviet Reconquest of Central Ukraine 1943 (Osprey, 2019)

Osprey 2019 BUTTAR Prit Retribution Central Ukraine 1943

Dans sa collection « General Military » (Comme Case White et Case Red), Osprey propose un zoom sur ce qu’il se passe en URSS dans le secteur Sud du front du conflit germano-soviétique au second semestre 1943. En effet, cette période est peu abordée d’un point de vue historiographique. Elle est écrasée d’un côté par la succès défensif allemand à Kharkiv qui permet de stopper l’hémorragie après la catastrophe de Stalingrad et le choc autour de Koursk avec l’opération Zitadelle. Les écrits récents, notamment ceux de Roman TÖPPEL et ceux de Jean LOPEZ sur Koursk permettent une vision plus nuancée du milieu d’année et montrent en tout cas que le sujet est bien plus complexe qu’il n’y paraît.

1943, c’est un peu le verre à moitié vide ou à moitié plein pour les deux camps. D’un côté, l’Armée Rouge continue son montée en puissance, mais elle ne parvient pas à défaire définitivement l’armée allemande à l’Est. Ses victoires sont acquises au prix de très lourdes pertes. Mais elle parvient cependant à effacer la moitié des gains territoriaux allemands obtenus en 1941 en isolant la Crimée, en libérant Smolensk et Kiev et en forçant la grande barrière naturelle que représente le Dniepr. Pour les Allemands, 1943 symbolise leur impuissance à reprendre victorieusement une offensive stratégique comme en 1941 et 1942. L’espoir d’une victoire finale du III. Reich s’envole définitivement d’autant plus que les Alliés prennent pied en Italie, que la menace à l’Ouest se fait grandissante et que le territoire national est soumis à des bombardements aériens de plus en plus violents et dévastateurs. Si Kharkiv au printemps laisse espérer la possibilité de développer une stratégie intermédiaire faite de défense élastique et de contre-attaques vigoureuses, les combats autour de Jytomyr montrent la limite de ce concept. En fin d’année, la Wehrmacht n’est plus non plus capable de rééditer son exploit du printemps. La grande barrière naturelle que représente le Dniepr est enfoncée. 1944 s’annonce mal pour les Allemands qui pour le moment ont quand même évité tout effondrement définitif.

Le livre de Prit BUTTAR s’ouvre sur le bilan de l’opération Zitadelle : à l’évidence, les Allemands échouent totalement dans leurs intentions stratégiques, même si le bilan des pertes est très largement en leur faveur. Mais les pertes de l’Armée Rouge ne sont pas rédhibitoires d’autant qu’elle récupère progressivement des territoires perdus. Pire, l’offensive étant stoppée au bout de deux semaines mi-juillet, elle laisse la possibilité aux Soviétiques de pouvoir enfin passer à l’offensive dans une période météorologique clémente en plein plein été.

Le chapitre qui suit est donc fort logiquement consacré aux combats sur le Mious puis sur ceux qui permettent à l’Armée Rouge d’atteindre et de forcer la grande boucle du Dniepr.

Le texte se situe à un niveau opérationnel. Au-delà des questions purement militaires est également évoquée la politique de terre brûlée menée par les Allemands au cours de leur retrait.

Si ce livre dévoile une partie des opérations assez méconnues de la seconde moitié de 1943, le rôle de véritables « pompiers du front » menées par les Panzergrenadier-Division Großdeutschland et SS-Panzergrenadier-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler phagocyte quelque peu le dernier tiers du livre, occultant une approche un peu plus globale. La conclusion apporte cependant un résumé limpide de la situation des deux camps à la fin de l’année, du poids respectif des pertes et des conséquences pour la suite.

L’index permet de rapidement effectuer des recherches. Un cahier photos de seize pages est inséré en milieu d’ouvrage. Petite ombre au tableau, la qualité des cartes est trop sommaire et ne permet pas réellement de suivre les opérations décrites. Idem pour l’absence d’ordres de bataille. Un peu dommage pour une maison d’éditions dont l’une des très grandes forces est la qualité de ses illustrations et de sa cartographie… Sans pour autant cannibaliser les autres collections de l’éditeur, il est possible de mieux faire dans le domaine. L’avantage est que ce livre ne perd rien en format numérique.

Sommaire :

Summer 1943, The Decisive Shift

The Mius

Operation Polkovodets Rumyantsev

Akhtyrka and Bogodukhov

Kharkov

Attrition: From the Mius and Donets to the Dnepr

The Dnepr Bridgeheads

Krivoy Rog

Kiev and Zhitomir

Year’s End

A Year of Decision

Notes

Bibliography

Index


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