Les cent derniers jours d’Hitler (Perrin Tempus 2020)

Perrin Tempus 2020 LOPEZ Jean Les cent derniers jours d'HitlerEn choisissant une approche chronologique avec des entrées quotidiennes qui mêlent les activités du Führer, les grands événements diplomatiques (Yalta), les principales actions militaires (le franchissement de l’Oder, la chute de Königsberg, les opérations Sonnenwende sur Arnswalde et Frühlingserwachen sur le Lac Balaton, le franchissement du Rhin, les bombardements aériens sur l’Allemagne, les combats pour Berlin) et des tranches de vie, si l’on peut dire, dans le crépuscule macabre de la fin du III. Reich nazi, Jean LOPEZ offre un ouvrage accessible au grand public et une synthèse très utile à un public plus averti.

Sans les quelques « focus » fournis à la fin de chacun des mois décrits, le livre n’aurait été qu’une narration chronologique, utile certes, mais incomplète. Le concept est donc intéressant et peut faire exemple pour attirer un lectorat désormais habitué à des formats flexibles et rapides du fait d’internet, moins propice à dévorer de gros pavés indigestes aussi passionnants soient-ils.

Se concentrer sur la période du 15 janvier au 30 avril 1945 donne une certaine homogénéité aux événements de ces quelques mois à la fois complexes, confus et particulièrement intenses. Le point de départ correspond au retour d’Adolf HITLER à Berlin après avoir constaté l’échec de la contre-offensive des Ardennes et le déclenchement de l’offensive soviétique qui porte l’Armée Rouge en un bon de la Vistule à l’Oder. A l’Est, à l’Ouest, dans le Reich et tout autour, cela s’agite et des centaines de milliers d’être humains meurent chaque semaine. Les principaux belligérants alliés sont déjà dans l’après. Faire le choix de mettre Adolf HITLER au centre de cette histoire, c’est aussi une façon de mettre l’accent sur sa responsabilité personnelle dans ce drame, lui qui a provoqué le malheur et qui ne cherche plus qu’à gagner quelques parcelles de temps, non plus pour gagner, mais pour réussir, à ses yeux, sa fin. Il brise ainsi toute tentative diplomatique, toute initiative de préserver les hommes tandis que ses décisions militaires n’ont que pour seul but que de retarder l’échéance le plus possible.

Cet angle de vue replace aussi les Allemands au centre de l’Histoire, de leur Histoire, alors même qu’elle leur échappe. Car tout en mettant Adolf HITLER au centre du drame, Jean LOPEZ n’oublie pas de souligner la responsabilité d’un certain nombre de responsables. La machine nazie survit sans être connectée en prise directe à son cerveau comme en témoignent les différents massacres de déportés, de prisonniers politiques, de simples citoyens ou de soldats pris dans des engrenages qui les dépassent. Comme il le souligne, jusqu’au bout, malgré un régime qui se retourne contre son propre peuple, point de réelle rébellion. 

La défaite est cependant totale. Contrairement à ses prédécesseurs de 1918, le jusqu’au-boutisme d’Adolf HITLER rend indiscutable la défaite et évite tout débat sur le sujet comme ce fut le cas après la Première Guerre mondiale (voir l’excellent 1919-1921, sortir de la guerre).

Un complément indispensable au Berlin du même auteur mais qui se concentre davantage sur les opérations militaires qui permettent à l’Armée Rouge de partir de la Vistule, de franchir l’Oder, de s’emparer de la Prusse Orientale, de la Poméranie, de la Silésie et de foncer ensuite sur Berlin.

Le drame européen ne se termine malheureusement pas complètement avec la mort d’Adolf HITLER et la chute de Berlin. Les conséquences de la démence du dictateur se prolongent bien au-delà de sa mort. Une lecture à prolonger avec par exemple Rideau de fer d’Anne APPLEBAUM, de l’Europe barbare de Keith LOWE et des Expulsés de R.M. DOUGLAS.

Sommaire :

Introduction

Janvier, J-105/J-89

Une épave physique, une volonté intacte

Le bain de sang de la Wehrmacht

Février, J-88/J-61.

Les crimes de guerre soviétiques

Le bunker, un trou humide et déprimant

Mars, J-60/J-30

1918 et 1945 : fins de guerre en mitoir

Les deux derniers bluffs : réduit alpin et « loup-garou »

Avril, J-29/J

Les marches de la mort

La mise en scène de la défaite

Conclusion

Notes

Bibliographie

Boutique :

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Crédits photos :

Les visuels présentés appartiennent à leurs éditeurs respectifs.


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

 

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