De la « Hitlerjugend » à la Marine Française (Le Poche de Falaise – Chambois, 2019)

C’est littéralement une plongée dans ce que certains appellent, avec dédain, « l’ancien monde » auquel nous invite Didier LODIEU en éditant les mémoire d’Ursula PACAUD-MEINDL, la fille d’Eugen MEINDL. Complément idéal Sacrifice des Fallschirmjäger, Le dernier combat des Fallschirmjäger ou de la Division Meindl ? Oui, mais pas seulement…

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Recension

Très vivant, le texte se lit facilement. Le livre fourmille bien entendu d’anecdotes et de détails privés sur le père mais aussi sur la vie en Allemagne avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les chapitres consacrés à l’après-guerre sont au moins aussi exceptionnels : liens avec le père désormais prisonnier de guerre et surtout l’étonnant parcours de la fille qui rejoint la France et l’armement naval pour y occuper une place de choix. Sa carrière pour la Marine française est fascinante. Etonnant pour une femme, qui plus est Allemande dans l’immédiat après-guerre, dans un monde qui reste très masculin. C’est un voile qui se lève sur ces décennies que vécurent nombre d’ingénieurs de l’armement comme un rêve : abondance de moyens, relative simplicité des processus, disponibilité des équipes, passion, reconnaissance… Tous les ingrédients de l’épanouissement professionnel sont là.

La découverte de la Riviera d’après-guerre est également une invitation au voyage. A l’époque, la construction européenne est vue comme une opportunité de rassembler des peuples autrefois déchirés, non comme un carcan administratif ou une entité uniquement économique : pour les uns, c’est oublier les moments difficiles, pour les autres c’est montrer qu’ils ne sont pas tous des monstres.

Ce témoignage fournit également un aperçu de la renaissance de l’arme sous-marine française et de l’épopée des SNLE.

Très belle également, la leçon d’Eugen MEINDL reprise par sa fille sur la signification sur terre de la vie éternelle.

Étonnement, en lisant ces pages, j’ai retrouvé un peu de mes parents et grands-parents. Générations similaires, expériences comparables durant et après la guerre, passage dans l’industrie d’armement. Caractères bien trempés liés au vécu des combats, des séparations, des inquiétudes, des retrouvailles. Même ouverture sur les autres après s’être combattus, même respect de « l’autre sexe ». Le même amour des choses belles mais simples. Et la même volonté de construire sans arrière pensée un avenir de paix pour leurs enfants et petits-enfants. Magnifique, bouleversant.

Et si nous nous rappelions plus souvent les origines du pourquoi de la construction européenne et des valeurs qui étaient celles de « l’ancien monde  » ?

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