Vistule-Oder 1945 – vendredi 12 janvier 1945

Logo Vistule-Oder 1945L’année 1944 est celle de tous les succès pour l’Armée Rouge : elle a effacé l’affront de l’opération Barbarossa, libéré la quasi totalité de son territoire d’avant-1939 et récupéré les zones conquises en 1939 et 1940 à la faveur de son alliance d’alors avec le III. Reich. Comme à l’Ouest, son avance marque cependant le pas à la lisière de la Prusse Orientale, sur la Vistule et en Hongrie. Cependant, les Allemands, sous l’impulsion d’Adolf HITLER, choisissent de contre-attaquer à l’Ouest et de rester dans un position d’attente défensive face à l’Armée Rouge. Un succès décisif paraît en effet inconcevable à l’Est et seul un succès à l’Ouest semble accessible. Cette volonté se traduit dans les opérations Wacht am Rhein / Herbstnebel, Bodenplatte et Nordwind. Ce sont en fait de coûteux échecs. En Ardennes et en Alsace, l’armée allemande est très rapidement bloquée par les Américains et perd en 48 premières heures toute possibilité de réaliser une victoire à portée stratégique. Avec Bodenplatte, la Luftwaffe se fait plus de mal qu’elle n’en inflige aux Alliés.

Les Soviétiques décident de leur côté de forcer la décision à partir des têtes de pont établies sur la Vistule pour isoler la Prusse Orientale, atteindre l’Oder puis foncer sur Berlin. Joseph STALINE veut atteindre le III. Reich au cœur. Pendant ce temps, les Alliés occidentaux sont encore embourbés dans les Ardennes

De leurs côtés, les Allemands sont pleinement conscients des risques à l’Est. Même si la priorité à été donnée à l’Ouest à l’automne, ils ont réussi à reconstituer une ligne de défense cohérente et à reconstituer la Heeresgruppe Mitte totalement défaite après l’opération Bagration. C’est quelque part déjà un exploit. Tandis que les reste de la Heeresgruppe Nord sont encerclés en Courlande, la Heeresgruppe Mitte défend la Prusse Orientale de la Baltique à la confluence de la Narew et de la Vistule au nord de Varsovie avec successivement les 3. Panzer-Armee, 4. Armee et 2. Armee. Vient ensuite la Heeresgruppe A qui va jusqu’aux Carpates avec successivement les 9. Armee, 4. Panzer-Armee, 17. Armee et 1. Panzer-Armee. La Hongrie est défendue par la Heeresgruppe Süd tandis que la Heeresgruppe F contrôle le front en Roumanie et dans les Balkans.

Sur la Vistule, l’Armée Rouge possède trois confortables têtes de pont que les Allemands n’ont pas réussi à réduire : Baranov-Sandomierz au nord de Varsovie, Magnuszew au sud de Varsovie et Pulawy au nord-ouest de Lublin. Toutes se trouvent face à la Heeresgruppe A. C’est à partir d’elles que les Soviétiques ont planifié leur assaut pour atteindre le cœur du Reich puis Berlin avant les Alliés occidentaux.

Le 12 janvier 1945, alors qu’il fait encore nuit, l’enfer se déchaîne à partir de la tête de pont de Baranow-Sandomierz. Avec une préparation d’artillerie massive, séquencée et très sophistiquée qui pulvérise les premières lignes allemandes et tout l’arrière en profondeur, le Premier Front d’Ukraine d’Ivan KONIEV part à l’attaque à partir de 5h00 (heure soviétique, 3h00 pour les Allemands). L’écrasement des premières lignes allemandes permet l’engagement dans l’après-midi des armées blindées soviétiques. Ainsi, la 3ème Armée soviétique de Chars de la Garde s’élance à travers la 52ème Armée soviétique et la 4ème Armée soviétique de Chars à travers la 13ème Armée soviétique. Deux corps blindés indépendants sont également lâchés (4ème Corps soviétique de Chars de la Garde, 31ème Corps soviétique de Chars) à travers la 5ème Armée soviétique de la Garde. En face, le XXXXVIII. Panzer-Korps est écrasé. Ses divisions (68. Infanterie-Division, 168. Infanterie-Division et 304. Infanterie-Division) sont éventrées. A la fin de la journée, le Premier Front de d’Ukraine a crevé le front de la 4. Panzer-Armee sur une largueur de 35 kilomètres et jusqu’à une vingtaine de profondeur. Un succès incroyable à faire pâlir d’envie les Allemands qui n’ont pas été capables de progresser de plus de quelques kilomètres tout au plus dans les premiers jours de leur offensive dans les Ardennes et les Alliés qui au même moment ne progressent que difficilement en direction de Houffalize pour tenter d’encercler le saillant allemand.

Dans l’immédiat, les Allemands ne disposent que du XXIV. Panzer-Korps en réserve avec la 16. Panzer-Division, la 17. Panzer-Division, la 20. Panzergrenadier-Division et la schwere Panzer-Abteilung 424. Mais la réaction est bien trop lente par rapport à la vitesse imprimée par les Soviétiques, l’ordre de contre-attaque n’arrive qu’en fin de journée alors que les pointes blindées soviétiques sont déjà à proximité des cantonnements du XXIV. Panzer-Korps dont l’état-major doit déménager précipitamment…

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