Ligne de Front hors-série n°38 (Caraktère, 2019)

Ligne de Front HS 038La Sturmartillerie est l’un des symbole qui caractérise l’armée allemande de la Seconde Guerre mondiale et aussi l’un des paradoxes. Le Sturmgeschütz (StuG III) est conçu avant le déclenchement des hostilité pour servir d’appui rapproché à l’infanterie. Le concept est proposé par Erich von MANSTEIN, Heinz GUDERIAN s’y oppose car il monopolise des capacités industrielles déjà insuffisantes dont il a besoin pour produire ses chars. Le baptême du feu a lieu durant les opérations à l’Ouest en mai et juin 1940. C’est une réussite. De quelques engins, les canons d’assaut vont devenir l’épine dorsale du parc blindé de la Wehrmacht à la fin du conflit. Que s’est-il donc passé ?

Sur le fond, le concept répond à un vrai besoin opérationnel. Les Américains y répondent d’ailleurs parfaitement avec la multiplication des Tank Battalions indépendants qui appuient leurs divisions d’infanterie.

La solution immédiate pour s’opposer au T-34, l’une des mauvaises surprises de l’opération Barbarossa, passe d’abord par le StuG III qui est la seule cellule sur laquelle peut être quasi immédiatement monté un canon antichar performant capable de venir à bout du char soviétique (voir quelques projets issus de la rencontre avec le T-34 dans Trucks & Tanks hors-série n°30 et Trucks & Tanks hors-série n°33).

Les limites industrielles du III. Reich et les choix stratégiques en termes d’armement confortent l’alternative du canon d’assaut (qui se fait chasseur de chars) au char traditionnel. En effet, les Allemands ont tendance à développer des chars de plus en plus complexes, donc de plus en plus contraignants d’un point de vue industriels et technologique. De plus, les besoins des unités au combat sont de plus en plus immenses alors que l’infrastructure logistique et industrielle est fortement pénalisées par les bombardements alliés.

Bref, le concept du canon d’assaut est presque la panacée pour les Allemands : recyclage de châssis existants, temps de développement réduits, facilité de production, simplification des chaînes logistiques par le réemploi de pièces partagées avec d’autres engins. La forme même de l’engin, trapue et basse, en font un atout dans la seconde partie du conflit quand la Wehrmacht est partout sur les défensive. Le canon d’assaut est un parfait engin pour l’embuscade. Au point de faire même l’ombre de l’ombre aux chars traditionnels dans les grandes unités blindées (voir par exemple Batailles & Blindés hors-série n°29, StuG III & IV, German Army, Waffen-SS and Luftwaffe, Western Front, 1944-1945)

Ce numéro est un complément idéal aux très bons numéros hors-série des Editions Caraktère parus sur le sujet (Trucks & Tanks hors-série n°4, Trucks & Tanks hors-série n°8).

Le premier article présente bien les caractéristiques de l’engin et ses conséquences en termes d’emploi et attributions des tâches pour chacun des membres de l’équipage. Essentiel pour ne pas oublier qu’un système d’arme est avant-tout manipulé par des hommes qui en font sa performance ou pas. La supériorité des chars allemands sur les chars français en 1940 est ainsi plus ergonomique et fonctionnelle qu’en puissance de feu ou en protection.

Vient ensuite le portrait ou témoignage de cinq as de la Sturmartillerie (l’incontournable Michael WITTMANN, qui avant de se faire reconnaître sur Panzer VI Ausf. E Tiger, fait ses premières armes sur StuG III, Alfred REGENITER, Bodo SPRANZ, Josef Wilhelm BRANDNER et Johannes KOCHANOWSKI). Car les as allemands en combat blindé ne sont pas seulement sur Panzer (voir Batailles & Blindés hors-série n°37 et Batailles & Blindés hors-série n°38). Classiques notices biographiques (mais de provenances variées), mais toujours aussi efficaces.

Deux rapports de combat complètent le dossier. L’idée est excellente. Elle permet d’avoir accès à des rapports bruts d’époque (indispensable pour comprendre l’état d’esprit du moment) et traduits en français.

Voilà donc un numéro, encore peut-être sur l’armée allemande, mais sur un sujet finalement moins exploré que les Panzer. Avec l’apport de Didier LAUGIER, auteur des volumes 1 et 2 de Sturmartillerie parus aux Editions Heimdal).

Sommaire :

Didier LAUGIER, Combattre dans un StuG, à bord d’un blindé pas comme les autres, in Ligne de Front hors-série n°38 (Caraktère, 2019) : article de seize pages sur la vie à bord d’un StuG III et d’un StuH 42 avec la description de la formation et du rôle de chacun des membres de l’équipage – Photos.

Yannis KADARI & Yann MAHE, Michael Wittmann, les débuts d’une légende, in Ligne de Front hors-série n°38 (Caraktère, 2019) : article de dix-huit pages sur les débuts de Michael WITTMANN sur Stug III Ausf. A au sein de la SS-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler lors de l’opération Barbarossa et plus particulièrement durant les combats dans le secteur de Rivne (Rovno) face aux T-34/76 – Photos, profils couleurs.

Alfred REGENITER, Alfred REGENITER, derniers feux en Prusse, in Ligne de Front hors-série n°38 (Caraktère, 2019) : témoignage de vingt-six pages retraçant les combats d’Alfred REGENITER d’août 1944 à février 1945 au sein de la Sturmgeschütz-Brigade 276 sur Sturmgeschütz (StuG) III Ausf. G en Prusse Orientale, notamment en support à la 251. Infanterie-Division – Photos, profils couleurs.

Thomas ANDERSON, Bodo SPRANZ, l’instructeur aux 76 victoires, in Ligne de Front hors-série n°38 (Caraktère, 2019) : article de huit pages sur Bodo SPRANZ au sein des Sturmgeschütz-Abteilung 185, Sturmgeschütz-Ersatz- und Ausbildungs-Abteilung 200, Sturmgeschütz-Abteilung 237 comprenant un récit de ses combats au sein de cette dernière en appui de la 18. Panzergrenadier-Division sur Sturmgeschütz (StuG) III Ausf. G à Ielnia en septembre 1943 – Photos, profils couleurs.

Laurent TIRONE, Josef « Sepp » Wilhelm Brandner, d’une armée à l’autre, in Ligne de Front hors-série n°38 (Caraktère, 2019) : article de dix pages sur les combats de Josef BRANDNER en URSS au sein de la Sturmgeschütz-Abteilung 202 puis en Courlande au sein de la Sturmgeschütz-Brigade 912 où il affronte notamment des JS-2 – Photos.

Didier LAUGIER & Laurent TIRONE, Johanes Kochanowski, un général à son tableau de chasse !, in Ligne de Front hors-série n°38 (Caraktère, 2019) : article de quatre pages sur Johannes KOCHANOWSKI et ses combats au sein de la Sturmgeschütz-Abteilung 201 – Photos, profils couleurs.

Yannis KADARI, Analyses et rapports de combat, in Ligne de Front hors-série n°38 (Caraktère, 2019) : article de dix pages comprenant la traduction de deux rapports d’époque soulignant l’importance de la Sturmartillerie dans les combats en URSS et la coopération avec les chars d’un côté et l’infanterie de l’autre sur la base d’une analyse de la Sturmgeschütz-Abteilung 232 – Photos.

Boutique :

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  Pen and Sword 2019 OLIVER Dennis StuG III and StuG IV Western Front 1944-1945 Tank Craft #19

Crédits photos :

Les visuels présentés appartiennent à leurs éditeurs respectifs.


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

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