Ardennes 1944/1945 – samedi 16 décembre 1944

A 5h30, la ligne de front s’enflamme dans les Ardennes. Dans la nuit, éclairés par des projecteurs de défense antiaérienne, les Allemands viennent de déclencher le premier acte d’un vast plan de la dernière chance pour tenter de renverser la situation à l’Ouest. Encore faut-il déjà percer les premières lignes américaines pour traverser les Ardennes, atteindre et franchir la Meuse

A droite de l’attaque, le massif des Hautes Fagnes se dressent face aux assaillants. La 272. Volksgrenadier-Division part à l’assaut des positions tenues par des éléments de la 2nd US Infantry Division dans le secteur de Monschau (Montjoie) tandis que la 326. Volksgrenadier-Division charge celles tenues par des unités de la 99th US Infantry Division appuyée par le 102nd US Cavalry Group. En vain. La 277. Volksgrenadier-Division s’élance également avec pour objectif d’atteindre Rocherath-Krinkelt. Là aussi, les hommes de la 99th US Infantry Division résistent et repoussent les assaillants malgré quelques succès isolés. L’échec est total. Pire, les pertes allemandes sont lourdes. La voie n’est donc pas libre pour la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend qui devait ensuite foncer à travers les Hautes Fagnes pour atteindre Liège. Elle doit même venir en aide à l’infanterie allemande pour conserver une chance de percer.

Entre les Hautes Fagnes et la Schnee Eifel, une trouée se forme autour de la vallée de l’Amblève. Encore faut-il passer Losheim à l’entrée du passage. Le village est arraché assez rapidement par la 12. Volksgrenadier-Division mais les Américains résistent un peu plus loin au carrefour de Losheimergraben. La Kampfgruppe Peiper de la 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler renforcée de la schwere SS-Panzer-Abteilung 501 qui suit juste derrière est de plus bloqué par un pont détruit au-dessus d’une voie ferrée entre Scheid et Losheim. Il faut trouver un itinéraire de substitution entraînant retard et frustration. La 3. Fallschirmjäger-Division rencontre davantage de succès. Elle s’empare de Lanzerath aux dépends du 14th US Cavalry Group mais bute immédiatement après sur quelques éléments de la 99th US Infantry Division qui résistent jusque tard dans l’après-midi. A partir de là, la Kampfgruppe Peiper pense pouvoir commencer enfin à s’élancer en direction de la Meuse.

Le massif de la Schnee Eifel est occupé par les 106th US Infantry Division qui masque Saint-Vith, important carrefour routier situé au centre de l’offensive allemande à la jonction des 6. SS-Panzer-Armee et 5. Panzer-Armee. Les positions américaines forment un saillant qui est assailli des deux côtés : au nord par la 18. Volksgrenadier-Division, au sud par la 62. Volksgrenadier-Division. La progression est correcte. Mais une incompréhension sur la possibilité d’arrivée rapide de renforts blindés provoque la décision de la 106th US Infantry Division de ne pas retirer à temps ses éléments avancés qui restent sur leurs positions malgré le risque d’encerclement qui se dessine.

A sud de la Schnee Eifel, les Allemands doivent franchir l’Our qui forme une grande boucle avant de se jeter dans la Sûre. A gauche de la 62. Volksgrenadier-Division, la 560. Infanterie-Division et la 116. Panzer-Division doivent franchir la rivière au sud de Saint-Vith à la jonction de la 106th US Infantry Division et de la 28th US Infantry Division qui est épaulée par le 630th US Tank Destroyer Battalion. Là aussi, l’avance est laborieuse, avec beaucoup de pertes. Une seule tête de pont peut être assurée à Kalborn – mais l’ouvrage d’art ne peut être réparé avant la nuit.

Mook 1944 2019 01Les 2. Panzer-Division et 26. Volksgrenadier-Division doivent franchir également l’Our et s’emparer de Clervaux afin d’ouvrir le passage à la 130. Panzer-Lehr-Division qui devra ensuite foncer vers Dinant sur la Meuse. La défense américaine est assurée aussi dans ce secteur par des éléments de la 28th US Infantry Division. Cette unité vient de sortir très affaiblie des combats pour la Roer et est particulièrement étirée. Le 707th US Tank Battalion intervient dans la journée en appui, mais les Allemands parviennent à établir deux ponts sur l’Our et commencent à faire traverser leurs blindés. A gauche de ces unités se tiennent les 5. Fallschirmjäger-Division et 352. Volksgrenadier-Division appartenant à la 7. Armee dont le rôle est de protéger le flanc sud de l’offensive allemande en s’appuyant sur les reliefs et les coupures humides. La traversée de l’Our est effectuée, mais la progression au-delà est difficile. L’impact sur la suite immédiate des opérations est cependant faible.

Sur la Sûre, les 276. Volksgrenadier-Division et 212. Volksgrenadier-Division parviennent à s’infiltrer au-delà de la rivière mais n’atteignent pas leurs objectifs immédiats. Leurs seuls objectifs est de s’assurer de positions défensives solides permettant de protéger la rivière et d’empêcher l’artillerie américaine de menacer la base du de l’offensive.

Huit équipes de quatre soldats allemands s’infiltrent en étant déguisés en Américains pour semer le désordre sur les arrières (opération Greif).

En conclusion, l’avance allemande est faible en ce premier jour d’offensive. Les unités américaines se sont globalement bien défendues. Elles ont bénéficié du manque de reconnaissance préalable de leurs positions par leurs adversaires. Pour des raisons de sécurité, ces derniers se sont positionnés très tardivement et les repérages ont été minimalistes. Le manque d’entrainement et la reconstitution rapide des unités allemandes avec des hommes non aguerris au combat terrestre ont provoqué des pertes très conséquentes et des erreurs tactiques très coûteuses en homme, en temps et en succès. En outre, la congestion des accès liée à l’état du réseau routier et à la faiblesse de l’avance allemande provoque d’importants retards dans l’acheminement des moyens de franchissement, du ravitaillement et des renforts pour les unités à la pointe de l’attaque.

Côté allié, les premières mesures prises sont essentielles. La 2nd US Infantry Division suspend son attaque sur la Roer pour être immédiatement redéployée face à l’offensive de la 6. SS-Panzer-Armee. Les 7th US Armored Division et 10th US Armored Division reçoivent en fin de journée l’ordre de faire mouvement vers les Ardennes.

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4 réflexions sur « Ardennes 1944/1945 – samedi 16 décembre 1944 »

  1. […] Stavelot est même repris partiellement par les Américains (voir  Stavelot, La Gleize, le destin des Tiger de Peiper) ! De son côté, la Kampfgruppe Hansen fait un carton à Poteau face au 14th US Cavalry Group (voir Carnage à Poteau, in Batailles & Blindés n°32). Là encore par manque de discernement, la Kampfgruppe Hansen reçoit l’ordre de ne pas poursuivre sur Viesalm mais de s’orienter vers Recht au profit de la 9. SS-Panzer-Division Hohenstaufen. Poteau peut donc être repris par des éléments de la 7th US Armored Division qui arrive déjà pour se déployer autour de Saint-Vith. Cette division avait reçu l’ordre de rejoindre les Ardennes dès le 16 décembre 1944… […]

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